Croire au Jour dernier · Cinquième pilier de la foi · Le voyage que personne n'évite
Un jour, tout s'arrêtera. Le soleil se lèvera de l'ouest. La Trompette retentira. Tu sortiras de ta tombe — pieds nus, dépouillé, devant Allah. Pas un atome de bien, pas un atome de mal n'aura été oublié. Le Jour dernier n'est pas un mythe pour effrayer les enfants : c'est la vérité que toute âme rencontrera. Y croire change tout : ce que tu prends au sérieux, ce que tu laisses passer, à qui tu donnes ton temps. Cette foi est le grand redresseur de la vie.
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« Toute âme goûtera à la mort. Et c'est au Jour de la Résurrection que vous recevrez votre pleine rétribution. Quiconque sera écarté du Feu et introduit au Paradis aura véritablement triomphé. »
Source : Coran, sourate Āl ʿImrān (3), verset 185
Le Coran lie presque toujours la foi en Allah à la foi au Jour dernier. C'est le grand stabilisateur du croyant : sans lui, la justice ne s'accomplit pas, l'injustice reste impunie, et le bien n'est pas récompensé. Y croire, c'est vivre orienté — chaque action a un poids, chaque mot une trace, chaque souffle un compte. Le musulman ne fuit pas la mort : il la prépare.
L'ange de la mort vient. Pour le croyant, il dit doucement : « Ô âme paisible, sors satisfaite et agréée ». Pour l'incroyant, l'âme est arrachée comme on arrache une tige épineuse d'un tissu. La première leçon : tu mourras dans l'état où tu auras vécu. C'est pourquoi la mort se prépare maintenant.
Munkar et Nakīr viennent et demandent trois choses : Qui est ton Seigneur ? Quelle est ta religion ? Qui est cet homme qui a été envoyé parmi vous ? Le croyant répond avec assurance ; le tiède ou l'imposteur reste sans voix. Le Prophète ﷺ a dit : « La tombe est soit un jardin parmi les jardins du Paradis, soit une fosse parmi les fosses de l'Enfer » (at-Tirmidhī).
L'envoi du Prophète ﷺ lui-même est un signe (Bukhari). On y compte aussi : la disparition de la science, la propagation de l'ignorance, la multiplication des tueries, l'inversion des rôles (les bergers nu-pieds construisent des bâtiments hauts), l'abondance de richesses, le mensonge généralisé.
Selon le hadith de Ḥudhayfa ibn Asīd (Muslim 2901), le Prophète ﷺ a dit : « L'Heure ne se lèvera pas avant que vous ne voyiez dix signes » :
Le Mahdī n'est pas mentionné dans le hadith de Ḥudhayfa, mais il est attesté par d'autres hadiths (Abū Dāwūd, at-Tirmidhī, Ibn Mājah) qui le placent avant ces dix signes — comme prélude à la descente de ʿĪsā. Ahl as-Sunna le reconnaissent comme un signe majeur additionnel, distinct de la liste de Ḥudhayfa.
« L'homme pense-t-il que Nous ne rassemblerons pas ses os ? Si, Nous sommes capables de remettre en place le bout de ses doigts » (al-Qiyāma 3-4). Allah ressuscitera les corps eux-mêmes — pas seulement des âmes. Cela contredit toutes les théories d'un au-delà uniquement spirituel.
Chacun recevra son livre — par la droite (sauvé) ou par la gauche / derrière le dos (perdu). Les actions seront pesées : une balance réelle, deux plateaux (Aḥmad). Le Pont (ṣirāṭ) sera tendu au-dessus de l'Enfer ; chacun le traversera selon sa lumière. Ceux qui ont vécu pour Allah passeront comme l'éclair ; ceux qui ont vécu pour autre chose tomberont.
Avant le Pont, les croyants boiront au Bassin du Prophète ﷺ : qui en boit n'aura plus jamais soif. Et il y a la grande intercession (ash-shafāʿa al-ʿuẓmā) que le Prophète ﷺ accomplira pour soulager l'humanité de l'attente du Jugement (Bukhari · Muslim).
Le Paradis est la récompense préparée pour les croyants : « Ce que nul œil n'a vu, ce que nulle oreille n'a entendu, ce qu'aucun cœur humain n'a imaginé » (Bukhari). L'Enfer est la rétribution préparée pour les incroyants — un châtiment réel, pesant, sans terme pour celui qui meurt sur le shirk ou la mécréance. Tous deux existent déjà, et tous deux sont éternels (Ahl as-Sunna l'affirment selon les versets explicites).
« Ce jour-là, il y aura des visages resplendissants, qui regarderont leur Seigneur » (al-Qiyāma 22-23). Le Prophète ﷺ a dit : « Vous verrez votre Seigneur comme vous voyez la lune une nuit de pleine lune, sans difficulté » (Bukhari · Muslim). C'est la récompense suprême du Paradis — plus précieuse que tous les jardins. Les Muʿtazilites l'ont niée ; Ahl as-Sunna l'affirment sans demander comment.