Tawhid de la seigneurie · Première catégorie du tawhid · Allah, seul Seigneur de l'univers
Lève les yeux : qui a tenu les cieux sans piliers ? Pose la main sur ton cœur : qui le fait battre depuis ton premier souffle ? Regarde le monde : qui ordonne tout cela avec une telle précision ? La rubūbiyya, c'est cette évidence brûlante : il n'y a qu'un Seigneur. Un seul qui crée, un seul qui possède, un seul qui gouverne. Cette vérité, la fitra la connaît avant même qu'on l'enseigne. Le Coran ne fait que la réveiller.
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« N'est-ce pas à Lui qu'appartiennent la création et le commandement ? Béni soit Allah, le Seigneur des mondes ! »
Source : Coran, sourate al-Aʿrāf (7), verset 54
Le tawhid se divise classiquement en trois catégories : rubūbiyya (la seigneurie), ulūhiyya (la divinité) et asmā' wa ṣifāt (les noms et attributs). La rubūbiyya est la porte d'entrée du tawhid : elle est inscrite dans la fitra, reconnue par presque tout le monde — y compris les polythéistes mecquois. Mais comme l'a souligné Cheikh al-ʿUthaymīn (raḥimahullah), la reconnaître ne suffit pas. Iblīs lui-même reconnaît qu'Allah est son Créateur. Il a fallu autre chose pour entrer dans l'Islam : le tawhid de l'adoration.
« Le tawhid de la rubūbiyya, c'est unicifier Allah dans Ses actes » — c'est-à-dire dans tout ce qu'Il fait : créer, posséder, gouverner. Trois mots résument cela :
« Dis : Qui vous nourrit du ciel et de la terre ? Qui possède l'ouïe et la vue ?... Ils diront : Allah » (Yūnus 31). C'est une confession universelle — toute âme saine, à un moment donné, la reconnaît.
Le Prophète ﷺ a dit : « Tout nouveau-né nait selon la fitra » (Bukhari). Avant tout enseignement, l'humain sait : il y a Quelqu'un. Quand le malheur frappe, même l'athée se tourne vers le ciel. La rubūbiyya est gravée plus profondément que la culture, plus profondément que l'éducation.
« Ont-ils été créés à partir de rien, ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ? » (aṭ-Ṭūr 35). Trois possibilités, dit l'imam Ibn al-Qayyim : soit l'humain s'est créé seul (impossible), soit il a été créé par rien (absurde), soit il a été créé par Quelqu'un. Et ce Quelqu'un, c'est Allah.
« Si tu leur demandes qui a créé les cieux et la terre, ils diront sûrement : Allah » (Luqmān 25). Les Mecquois ne niaient pas qu'Allah est le Créateur. Ils Lui associaient des idoles dans l'adoration — c'est cela qui faisait d'eux des polythéistes.
Cheikh al-ʿUthaymīn insiste : si la rubūbiyya seule suffisait à entrer dans l'Islam, les Quraysh n'auraient pas été combattus. Le Prophète ﷺ ne leur a pas dit : « Croyez qu'Allah crée ». Il leur a dit : « N'adorez qu'Allah ». C'est pourquoi le tawhid de la rubūbiyya appelle nécessairement au tawhid de l'adoration.
Si Allah seul crée la subsistance, je ne mendie pas auprès des humains comme s'ils étaient des seigneurs. Si Allah seul fait mourir et fait vivre, je ne crains personne au-dessus de Lui. Si Allah seul gouverne, je ne désespère pas devant les apparences. La rubūbiyya bien vécue, c'est la fin de l'angoisse face aux causes secondaires.
Le croyant regarde l'univers avec d'autres yeux : la pluie, la fourmi, le sang qui circule, l'embryon. Tout est signe. Tout dit : Il y a un Seigneur. Cette contemplation nourrit le cœur — elle est l'oxygène de la foi.