بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Notre méthodologie

Comment ce site est construit, pour qui, sur quelles bases — et avec quel objectif.

« Une croyance claire, fondée sur le Coran, la Sunna et la voie des salaf — sans rigorisme, sans relativisme. »
Sommaire
  1. Ce que ce site est
  2. Pourquoi al-ʿAqīda al-Wāsiṭiyya comme matn
  3. La règle du tawqīf en croyance
  4. ʿAql et naql : leur articulation
  5. Uṣūl vs furūʿ en croyance
  6. Ashʿarisme et Soufisme : sans caricaturer
  7. Les sources d'élargissement
  8. Une croyance apaisée
  9. Pour qui est ce site ?

01Ce que ce site est

Cette cartographie est un outil pédagogique destiné aux musulmans francophones — particulièrement ceux qui vivent en France ou en Europe. Elle permet trois choses :

Ce site n'est pas un manuel de polémique, ni un site de réfutation, ni un outil pour étiqueter les autres musulmans. C'est une cartographie : on y vient pour apprendre la croyance, pas pour juger.


02Pourquoi al-ʿAqīda al-Wāsiṭiyya comme matn

Ce site prend pour épine dorsale un matn précis : al-ʿAqīda al-Wāsiṭiyya de Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya (m. 728 H), rédigée à la demande d'un juge de Wāsiṭ qui se plaignait des troubles dottrinaux de son époque. Quatre raisons à ce choix :

Important : choisir al-Wāsiṭiyya comme matn ne veut pas dire rejeter al-Ṭaḥāwiyya, al-Sanūsiyya ou tout autre exposé classique. Cela veut dire que quand un chapitre du site doit choisir une formulation, il prend la formulation d'al-Wāsiṭiyya comme référence par défaut, élargie quand utile (voir §07).


03La règle du tawqīf en croyance

En matière de ʿaqīda, on n'avance que sur ce qu'Allah et Son Messager ﷺ ont dit. C'est la règle dite du tawqīf — le fait de « s'arrêter » à ce qui est rapporté.

Pourquoi cette règle ?

La croyance ne porte pas sur des objets ordinaires. Elle porte sur Allah Lui-même, Ses Noms, Ses Attributs, le monde caché (al-ghayb) — anges, prophètes passés, Jour Dernier, paradis, enfer, qadar. Sur ces réalités, la raison humaine seule ne peut rien produire : aucune expérience, aucun raisonnement ne peut nous dire à quoi ressemble la balance du Jour du Jugement, ou comment Allah descend au dernier tiers de la nuit.

Le tawqīf est donc un acte d'humilité méthodique. Il interdit deux dérives parallèles :

Application concrète sur le site

Quand une fiche aborde un point de croyance, elle cite le texte (verset ou hadith) avant de proposer une explication. Quand un sujet n'a pas de texte clair (par exemple : ordre exact de certains événements eschatologiques), la fiche l'indique explicitement et présente les positions classiques sans en imposer une.

Un mot d'Imam Mālik résume la règle : interrogé sur « Le Tout-Miséricordieux S'est élevé au-dessus du Trône » (Ṭā-Hā 5), il répondit : « L'élévation est connue, le comment est inconnu, y croire est obligatoire, et questionner sur le comment est une innovation ». Voilà le tawqīf.


04ʿAql et naql : leur articulation

Toute la ʿaqīda sunnite tient dans une affirmation simple : la raison saine (al-ʿaql al-ṣarīḥ) ne contredit jamais la révélation explicite (al-naql al-ṣaḥīḥ). C'est la thèse centrale qu'Ibn Taymiyya développe dans son grand ouvrage Darʾ taʿāruḍ al-ʿaql wa al-naql.

Trois rôles de la raison en croyance

Ce que la raison ne fait pas

La raison n'est pas un juge au-dessus du texte. Quand un verset clair affirme un attribut d'Allah, on ne le détourne pas (taḥrīf) sous prétexte que « la raison exige » telle interprétation. La voie des Salaf considère qu'il s'agit là, le plus souvent, d'une raison défaillante qui se prend pour la raison saine.

C'est pourquoi ce site se passe de l'outillage du ʿilm al-kalām : non par mépris des philosophes, mais parce que la révélation, lue comme l'ont lue les Compagnons, suffit à former une croyance saine sans détour par la logique grecque.


05Uṣūl vs furūʿ en croyance

Tous les chapitres de croyance n'ont pas le même statut. Confondre les deux niveaux est l'une des grandes erreurs contemporaines. Cela produit, à un bout, des excommunications faciles ; à l'autre bout, un relativisme qui dilue les fondements.

Uṣūl — fondements

Ce sont les certitudes communes à tous les musulmans, connues par nécessité du dīn (maʿlūm min al-dīn bi-l-ḍarūra) :

Sur les uṣūl : pas de marge. Les nier coûte la sortie de l'islam. C'est ce que tout croyant reconnaît dès qu'il entre dans le dīn.

Furūʿ en croyance — dérivés

Ce sont les questions où les Salaf eux-mêmes ont divergé sans s'excommunier :

Sur les furūʿ en croyance : tolérance entre Sunnites. On enseigne la position la plus solide à la lumière des sources, on la défend par les textes — mais on ne fait pas une fitna du désaccord. L'erreur d'un savant sincère est excusée en proportion de sa sincérité et de sa diligence.

Règle d'or pédagogique : avant de juger autrui sur un point de croyance, vérifier si ce point relève des uṣūl ou des furūʿ. Beaucoup d'accusations contemporaines portent en réalité sur des furūʿ qui n'auraient jamais déclenché une excommunication chez les Salaf.


06Ashʿarisme et Soufisme : présenter sans caricaturer

Une grande partie du sunnisme historique — y compris des géants comme al-Ghazālī, al-Nawawī ou Ibn Ḥajar — s'est inscrite dans la tradition ashʿarī ou māturīdī en théologie, et dans une forme de tazkiya de filiation soufie en spiritualité. Caricaturer ces traditions est à la fois injuste et contre-productif pédagogiquement.

Sur l'ashʿarisme et le māturīdisme

Ces écoles sont nées d'une intention sunnite réelle : défendre l'orthodoxie contre les Muʿtazilites et les philosophes, en utilisant les outils que ces adversaires utilisaient. Cela les a conduites, sur certains attributs (istiwāʾ, yad, nuzūl), à des interprétations métaphoriques (taʾwīl) là où la voie des Salaf préfère l'ithbāt sans takyīf.

Sur ce site :

Sur le soufisme

Le soufisme historique recouvre deux choses très différentes qu'il faut distinguer :

Sur ce site, on expose les deux faces : le tazkiya est une science noble qu'on ne perd pas, et les dérives sont nommées avec précision — sans étiqueter « tout soufisme » ni « tout musulman qui prie sur le Prophète ﷺ avec amour » du même mot.

Pourquoi cette précaution ? Parce que beaucoup de musulmans francophones ont reçu, à travers leur famille, une transmission ashʿarie ou empreinte de tazkiya de filiation soufie. Les insulter ou caricaturer leur héritage ne les ramène pas à al-Wāsiṭiyya — cela les éloigne. La voie sunnite, ici comme ailleurs, est ferme dans la doctrine, douce dans la transmission.


07Les sources d'élargissement

Al-Wāsiṭiyya sert d'épine dorsale, mais le site élargit chaque chapitre quand l'un des trois besoins suivants apparaît :

Pyramide des sources

1. Matn de référence

  • al-ʿAqīda al-Wāsiṭiyya de Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya (m. 728 H)

2. Élargissements principaux

  • Sharḥ al-ʿAqīda al-Wāsiṭiyya du Cheikh Haytham ibn Muḥammad Sarhān — leçons commentées qui s'appuient sur le commentaire d'Ibn ʿUthaymīn (m. 1421 H). C'est le même Cheikh dont le Fath al-Muʿīn structure notre site fiqh ; la cohérence pédagogique entre les deux sites s'enracine dans cette continuité.
  • Manuels d'aqīda de l'Académie Zad (مجموعة زاد) — programme en quatre semestres préparé par l'équipe pédagogique de l'académie, utilisé comme support de progression.

3. Matns classiques convoqués selon le sujet

  • Kitāb al-Tawḥīd de Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb (m. 1206 H), avec le sharḥ al-Taqsīm wa al-Taqʿīd li-l-Qawl al-Mufīd (basé sur Ibn ʿUthaymīn).
  • al-Uṣūl al-Thalātha, al-Qawāʿid al-Arbaʿ et Nawāqiḍ al-Islām de Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb, avec la Ḥāshiya d'Ibn Qāsim.
  • al-Durūs al-Muhimma li-ʿĀmmat al-Umma de l'imam Ibn Bāz (m. 1420 H) — matn pédagogique court pour les fondamentaux.
  • al-ʿAqīda al-Ṭaḥāwiyya d'al-Ṭaḥāwī (m. 321 H), avec le Sharḥ d'Ibn Abī al-ʿIzz al-Ḥanafī (m. 792 H).
  • Lumʿat al-Iʿtiqād d'Ibn Qudāma al-Maqdisī (m. 620 H).
  • Sharḥ uṣūl iʿtiqād Ahl al-Sunna d'al-Lālakāʾī (m. 418 H).
  • Œuvres d'Ibn al-Qayyim (m. 751 H), notamment Madārij al-Sālikīn et Ighāthat al-Lahfān.

4. Imams fondateurs (croyance commune des quatre écoles)

  • Abū Ḥanīfa (m. 150 H) — al-Fiqh al-Akbar
  • Mālik ibn Anas (m. 179 H) — positions transmises par ses élèves
  • al-Shāfiʿī (m. 204 H) — positions de croyance du Risāla et de al-Umm
  • Aḥmad ibn Ḥanbal (m. 241 H) — Uṣūl al-Sunna, al-Radd ʿalā al-Jahmiyya

Quand un chapitre élargit, la fiche le dit explicitement (« d'après tel commentaire », « selon telle position »). On ne mélange pas un avis personnel et une source.


08Une croyance apaisée

L'horizon de ce travail est l'apaisement dans la croyance — pas la mollesse, pas le relativisme. Quatre dérives à éviter :

Le takfīr facile

Excommunier les musulmans qui ne pensent pas exactement comme nous. C'est l'erreur la plus grave — fondement intellectuel du terrorisme contemporain. Le takfīr a des conditions strictes (shurūṭ) et des empêchements (mawāniʿ) : ignorance, contrainte, erreur, taʾwīl, défaut de transmission de la preuve. Ibn Taymiyya lui-même distingue rigoureusement le jugement général (al-ḥukm al-muṭlaq) du jugement sur un individu (al-ḥukm al-muʿayyan). Ce site enseigne, il n'accuse pas.

Le tabdīʿ gratuit

Qualifier de bidʿa toute pratique qu'on ne fait pas soi-même. La notion a une définition précise : ce qui est introduit dans le dīn comme acte d'adoration sans appui. Beaucoup de pratiques traitées de bidʿa sont en réalité des questions furūʿ ou des divergences anciennes entre savants reconnus.

Le rigorisme qui isole

Prendre l'orthodoxie comme un titre, regarder les autres de haut, transformer la foi en marqueur identitaire. La voie des Salaf est l'opposé : humilité, khashya, douceur dans le rapport. Aḥmad ibn Ḥanbal, modèle de fermeté en croyance, est aussi un modèle de douceur.

Le relativisme qui dissout

Penser que « tout se vaut », que la ʿaqīda est une opinion parmi d'autres. Une croyance n'est pas un kit personnalisable. Sur les uṣūl, on ne négocie pas.

La cartographie cherche à éviter ces quatre dérives par : une règle claire par défaut (la Wāsiṭiyya), des références scripturaires pour chaque grand point, et une orientation explicite sur où chercher quand le site ne suffit pas — un savant qui te connaisse, une ḥalqa, une institution.


09Pour qui est ce site ?

Ce site n'est pas conçu pour les spécialistes du kalām comparé, pour les querelles inter-écoles, ni pour produire des thèses académiques. Pour ces usages, il faut retourner aux sources et aux savants. La cartographie expose et oriente — elle ne se substitue pas à un enseignant.

﴿وَمَا خَلَقْتُ الْجِنَّ وَالْإِنسَ إِلَّا لِيَعْبُدُونِ﴾

« Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. »

Coran, sourate adh-Dhāriyāt (51), verset 56

Cartographie de l'Aqida Un projet de l'Institut Miftah · 'Aqīda des salaf

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