Les cinq catégories de la responsabilité, et les cadres qui les déclenchent.
À la fin de cette fiche, tu sauras classer un acte parmi les cinq jugements (obligatoire, recommandé, permis, déconseillé, interdit), et reconnaître dans un cas concret la cause, la condition et l'empêchement.
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Allah dit : « Craignez Allah autant que vous le pouvez. » (at-Taghâbun, 16). Le Prophète ﷺ a dit : « Quand je vous ordonne une chose, faites-en ce dont vous êtes capables. »
Sources : at-Taghâbun 16 ; al-Bukhârî (n°7288), Muslim (n°1337).
Avant d'aborder n'importe quel chapitre du fiqh, il faut savoir de quoi on parle quand on dit qu'une chose est « obligatoire » ou « interdite ». Cette fiche pose les outils de tri qu'on utilisera dans toutes les fiches suivantes.
Ce qu'Allah demande de manière ferme. Faire = récompense ; laisser sans excuse = péché. Synonymes : farḍ. Ex. : les cinq prières quotidiennes.
Ce qu'Allah demande sans fermeté. Faire = récompense ; laisser = pas de péché. Synonymes : sunna, mustaḥabb. Ex. : les rawâtib avant ẓuhr.
Ce que la loi laisse au choix. Ni récompense ni péché par lui-même. Mais une bonne intention peut le transformer en adoration (ex. manger pour avoir la force de prier).
Ce qu'Allah n'aime pas, sans le rendre péché ferme. Laisser = récompense ; faire = pas de péché, mais c'est mal vu. Ex. : parler dans les toilettes.
Ce qu'Allah a interdit avec fermeté. Laisser = récompense ; faire = péché. Ex. : le ribâ, l'alcool.
L'acte qui réunit ses conditions et ses piliers et qui produit donc ses effets juridiques. Une prière complète, un contrat de vente conforme, un jeûne accepté : tous sont ṣaḥîḥ.
L'acte auquel manque une condition ou un pilier, et qui ne produit donc pas ses effets. Une prière sans wuḍû', une vente d'un bien qu'on ne possède pas : fâsid. À refaire ou à corriger.
Ce qui déclenche une règle. Ex. : l'entrée du temps de prière est la cause qui rend la prière obligatoire ; la possession du niṣâb pendant un an est la cause de la zakât.
Ce qui doit être présent pour que l'acte soit valide. La condition n'est pas dans l'acte mais à côté. Ex. : la purification est une condition de validité de la prière.
Ce qui suspend une règle pourtant déclenchée. Ex. : les menstrues empêchent la prière obligatoire pendant leur durée ; la différence de religion empêche l'héritage.
Comment ranger un acte dans la bonne case et trancher.
Cite les cinq jugements taklîfiyya dans l'ordre.
Si je laisse un acte recommandé sans excuse, quel est mon statut ?
Quelle est la différence entre sharṭ et rukn ?
Une femme en menstrues est-elle tenue de prier ?
Un ami te dit : « Le mot 'tabac' n'est pas dans le Coran, donc ça ne peut pas être ḥarâm — au pire makrûh. »
Réponse en 3 lignes :
1) Un acte n'a pas besoin d'être nommé par son nom : il suffit qu'il tombe sous une règle générale (nuisance, gaspillage, atteinte au corps).
2) Si l'acte porte nuisance avérée et n'apporte aucun bien légitime, la règle « pas de mal ni en provoquer » l'inscrit dans le ferme.
3) La qualification précise (ḥarâm ou makrûh sévère) est tranchée par les savants à partir des preuves : on suit leur tafṣîl, on ne tranche pas seul.