Rapporté par Jābir ibn ʿAbd Allāh (رضي الله عنه) · Ṣaḥīḥ · Muslim n°15
Ce hadith répond à une question essentielle : quel est le minimum requis pour entrer au Paradis ? La réponse rassurante est que les obligations fondamentales, accomplies sincèrement, suffisent. L'Islam n'est pas une religion d'accumulation sans fin — il y a un socle clair et atteignable.
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D'après Abū ʿAbd Allāh Jābir ibn ʿAbd Allāh al-Anṣārī (qu'Allah les agrée tous deux) : Un homme interrogea le Messager d'Allah ﷺ en disant : « Que penses-tu si j'accomplis les prières prescrites, que je jeûne le Ramadan, que je considère licite le licite et illicite l'illicite, sans ajouter rien à cela — entrerai-je au Paradis ? » Il répondit : « Oui. »
Source : Muslim n°15
Jābir ibn ʿAbd Allāh al-Anṣārī (qu'Allah l'agrée), jeune compagnon dont le père mourut à Uḥud. Il participa à plusieurs batailles et fut l'un des Compagnons qui prêtèrent serment sous l'arbre (Bayʿat al-Riḍwān). Il mourut à Médine vers 78 H, l'un des derniers Compagnons en vie. Il rapporta environ 1540 hadiths.
L'homme énumère quatre choses : (1) accomplir les prières obligatoires, (2) jeûner le Ramadan, (3) considérer licite le licite, (4) considérer illicite l'illicite. Cette dernière partie signifie : reconnaître intérieurement les jugements d'Allah sans les renier. Ces quatre suffisent pour entrer au Paradis selon la réponse affirmative du Prophète ﷺ.
Les savants notent que d'autres obligations (zakāt, ḥajj, shahāda) sont sous-entendues ou conditionnelles. La shahāda est présumée (l'homme est musulman). La zakāt est conditionnelle à la possession du niṣāb. Le ḥajj est conditionnel à la capacité. Donc la réponse du Prophète ﷺ couvre toutes les obligations applicables à ce moment-là.
Le Coran et les hadiths décrivent de multiples degrés du Paradis. Le minimum permet d'y entrer. Mais les surérogatoires (nawāfil), la science, le jihād intérieur, les bonnes œuvres ajoutées permettent de s'élever. Dans un hadith : « Entre deux degrés du Paradis, la distance est comme entre ciel et terre » (Bukhārī).
Les savants soulignent la sagesse prophétique : au lieu d'accabler l'homme par une liste infinie, le Prophète ﷺ rassure d'abord sur le minimum. L'homme qui sait que le Paradis est accessible sera motivé à aller plus loin ; celui à qui on présente une liste infinie risque de se décourager.
Le hadith ne l'explicite pas mais cela va de soi : la prière et le jeûne mentionnés doivent être accomplis avec intention sincère (ikhlāṣ) et conformité à la Sunna (mutābaʿa) — les deux conditions tirées des hadiths 1 et 5. Une prière mécanique pour se débarrasser ne suffit pas. Les savants disent : « Accomplir le minimum avec un cœur présent est préférable à faire plus avec un cœur distrait. »