بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Hadith N°39

الخَطَأُ وَالنِّسْيَانُ وَالإِكْرَاه

Rapporté par Ibn ʿAbbās (رضي الله عنهما) · Ḥasan · Ibn Mājah n°2045 · Bayhaqī n°7/356

Ce hadith court établit un principe juridique fondamental : la responsabilité religieuse suppose conscience, mémoire et liberté. L'erreur, l'oubli et la contrainte enlèvent la responsabilité. Principe qui allège énormément la pratique religieuse.

عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ قَالَ: «إِنَّ اللَّهَ تَجَاوَزَ لِي عَنْ أُمَّتِي الْخَطَأَ وَالنِّسْيَانَ وَمَا اسْتُكْرِهُوا عَلَيْهِ».

D'après Ibn ʿAbbās (qu'Allah les agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Certes, Allah a pardonné pour moi à ma communauté l'erreur, l'oubli, et ce à quoi ils ont été contraints. »

Source : Ibn Mājah n°2045 · Bayhaqī n°7/356

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Le rapporteur du hadith

ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās (qu'Allah les agrée). Ce hadith est l'un des grands principes allégés du fiqh.

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Explication du vocabulaire

تَجاوَز tajāwaza
A pardonné, a dépassé.
الخَطَأ al-khaṭaʾ
L'erreur involontaire.
النِّسْيان al-nisyān
L'oubli.
اُسْتُكْرِهوا عليه ustukrihū ʿalayh
Ont été contraints par menace.
1

L'erreur involontaire

Premier cas
L'acte fait par méprise, sans intention de mal, n'est pas sanctionné religieusement. Mais les dommages matériels restent à réparer.
Khaṭaʾ Fiqh

Distinction péché / dédommagement

Celui qui croit boire de l'eau et boit du vin par erreur n'est pas pécheur. Celui qui tue accidentellement n'est pas meurtrier. Mais les droits humains demeurent : le tueur par accident paye la diya, celui qui casse un bien par erreur doit indemniser. La levée concerne la responsabilité religieuse, pas civile.

2

L'oubli

Deuxième cas
Oublier une obligation (prière, jeûne) ne fait pas pécher. Il faut rattraper dès qu'on s'en souvient.
Nisyān Qaḍāʾ

L'oubli et le rattrapage

« Quiconque oublie une prière, qu'il la prie quand il s'en souvient » (Bukhārī). L'oubli n'annule pas l'obligation — on rattrape. Mais il dispense du péché. De même pour Ramadan : celui qui mange par oubli pendant le jeûne ne rompt pas son jeûne (Bukhārī).

3

La contrainte

Troisième cas
Ce qu'on est contraint de faire sous menace grave n'est pas compté comme péché. Principe de nécessité.
Ikrāh Ḍarūra

Les conditions

L'ikrāh suppose : (1) une menace réelle et crédible, (2) la menace porte sur la vie, les membres, l'honneur ou les biens importants, (3) la personne ne peut pas fuir ou résister. Dans ces conditions, accomplir un acte interdit ou omettre un obligatoire est excusé. L'exemple de ʿAmmār ibn Yāsir (Coran 16:106).

Les limites

La contrainte n'excuse pas tout : le meurtre d'un innocent ne peut être justifié par la contrainte. L'apostasie du cœur n'est pas excusée, seulement la parole extérieure. Le principe est équilibré, pas absolu.

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Règles juridiques extraites

Principes dégagés par les savants
6 règles juridiques et principes sont extraits de ce hadith par les commentateurs.
  • L'erreur involontaire n'entraîne pas de péché
  • Les dommages causés par erreur doivent être réparés civilement
  • L'oubli d'une obligation n'est pas un péché, mais il faut rattraper
  • La contrainte sous menace grave lève la responsabilité religieuse
  • La contrainte n'excuse pas le meurtre d'innocents
  • Ces principes fondent un fiqh équilibré

🧠 Grille mnémotechnique

1
KHAṬAʾ
Erreur involontaire
Pas de péché
2
NISYĀN
Oubli
Rattraper au souvenir
3
IKRĀH
Contrainte grave
Limites définies