بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Kitāb N°29

مَسَائِلُ الْعُمُومِ

Le critère, le seuil, les destinataires · Aqall al-jamʿ : deux ou trois ? · Les femmes, le ʿabd, le kāfir et le Prophète ﷺ sous le filet du ʿāmm

Une fois les ṣiyagh inventoriées, Subkī règle une série de masāʾil qui en fixent le maniement. D'abord le critère : miʿyār al-ʿumūm al-istithnāʾ — partout où l'exception est bien formée, il y a généralité ; d'où, en creux, que le pluriel indéfini (« des hommes ») n'est pas ʿāmm. Ensuite le seuil : le minimum que désigne un pluriel est-il trois — l'avis d'al-Shāfiʿī et d'Abū Ḥanīfa — ou deux, comme le veut Mālik ? Question d'apparence grammaticale, mais aux furūʿ bien concrets : l'aveu « j'ai des dirhams », le serment « si j'épouse des femmes ». Enfin les destinataires : quand le Législateur dit « yā ayyuhā al-nās », les femmes sont-elles couvertes — et par quelles formes ? Le ʿabd, qui appartient à un maître ? Le kāfir, dont on discute s'il est tenu aux furūʿ ? Et le Prophète ﷺ lui-même, qui transmet l'adresse : y est-il inclus, même quand elle lui parvient par « qul » ? Al-Zarkashī nourrit chaque masʾala d'exemples mémorables — dont la repartie d'Umm Salama sur les traînes des femmes, devenue l'argument décisif de l'inclusion des femmes sous « man ».

وَمِعْيَارُ الْعُمُومِ الِاسْتِثْنَاءُ. وَالْأَصَحُّ أَنَّ الْجَمْعَ الْمُنَكَّرَ لَيْسَ بِعَامٍّ، وَأَنَّ أَقَلَّ مُسَمَّى الْجَمْعِ ثَلَاثَةٌ لَا اثْنَانِ، وَأَنَّهُ يَصْدُقُ عَلَى الْوَاحِدِ مَجَازًا، وَأَنَّ نَحْوَ : يَا أَيُّهَا النَّاسُ يَشْمَلُ الرَّسُولَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَإِنِ اقْتَرَنَ بِقُلْ، وَأَنَّهُ يَعُمُّ الْعَبْدَ وَالْكَافِرَ، وَأَنَّ "مَنِ" الشَّرْطِيَّةَ تَتَنَاوَلُ الْإِنَاثَ، وَأَنَّ جَمْعَ الْمُذَكَّرِ السَّالِمَ لَا يَدْخُلُ فِيهِ النِّسَاءُ ظَاهِرًا.

« Le critère du ʿumūm est l'istithnāʾ. L'avis le plus correct : le pluriel indéfini n'est pas général ; le minimum désigné par le pluriel est trois, non deux ; il s'applique à un seul par majāz ; “yā ayyuhā al-nās” et ses semblables englobent le Messager ﷺ, même précédés de “qul” ; il couvre l'esclave et le mécréant ; “man” conditionnel inclut les femmes ; et le pluriel masculin sain n'inclut pas les femmes selon l'apparence. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (masāʾil al-ʿumūm) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 169-175

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Du critère aux destinataires

Cette série de « al-aṣaḥḥ » égrenés par le matn obéit à un ordre : on part du test du ʿumūm (l'istithnāʾ), on en tire la disqualification du pluriel indéfini, puis on descend au seuil numérique du jamʿ — un débat hérité des grammairiens mais que les fuqahāʾ ont chargé de conséquences (Rāfiʿī le mobilise dans les serments de répudiation, al-Harawī et al-Māwardī dans l'aveu de dettes). Vient enfin la question des destinataires du discours général : la pente naturelle du lafẓ est l'inclusion — le Prophète ﷺ fait partie des « gens », le ʿabd et le kāfir font partie des « hommes », la femme répond à « man » — et c'est à qui veut exclure d'apporter un dalīl. Une seule exclusion tient par l'apparence de la langue : le pluriel masculin sain, dont la forme même est marquée en genre. Al-Ṣafī al-Hindī résume l'esprit du bāb d'une formule cinglante : nier que « al-nās » couvre lexicalement le ʿabd et le kāfir est une mukābara (un déni de l'évidence) ; prétendre que la servitude ou la mécréance les en fait sortir en droit est bāṭil par ijmāʿ.

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Vocabulaire essentiel

مِعْيَارُ الْعُمُومِ miʿyār al-ʿumūm
« L'étalon du général » : l'istithnāʾ. Là où l'exception est admise sans incongruité, le terme est général — c'est le test opératoire du bāb.
أَقَلُّ الْجَمْعِ aqall al-jamʿ
Le minimum que désigne un pluriel au sens propre : trois pour al-Shāfiʿī et Abū Ḥanīfa, deux pour Mālik — l'emploi sous ce seuil est majāz.
الْجَمْعُ الْمُنَكَّرُ al-jamʿ al-munakkar
Le pluriel indéfini (« rijāl ») : il n'est pas ʿāmm — il se porte sur le minimum du jamʿ — contre al-Jubbāʾī qui l'assimilait au défini.
مُكَابَرَة mukābara
Déni d'évidence. Le mot d'al-Hindī contre qui nierait que « al-nās » couvre, en langue, l'esclave et le mécréant.
خَصَائِص khaṣāʾiṣ
Les statuts propres au Prophète ﷺ. Argument de ceux qui l'excluent du khiṭāb général — réfuté : les khaṣāʾiṣ sont l'exception prouvée, non la règle.
ظَاهِرًا ẓāhiran
« Selon l'apparence » : les femmes ne sont pas sous « al-muslimīn » ẓāhiran — un dalīl séparé peut toujours les y faire entrer.
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Le critère du ʿumūm : l'istithnāʾ — et le jamʿ munakkar disqualifié

Miʿyār al-ʿumūm
L'exception extrait ce qui, sans elle, entrerait nécessairement : tout terme qui l'admet est général. Le pluriel indéfini échoue au test.
Critère Istithnāʾ

Le test et sa logique

L'istithnāʾ est l'ikhrāj de ce qui, sans lui, devrait entrer dans le terme. S'il est bien formé, c'est que chaque individu était d'inclusion obligatoire — définition même du ʿumūm. Preuve par contraste : « jāʾa rijālun illā Zaydan » (des hommes sont venus, sauf Zayd) est rejeté par les grammairiens — l'indéfini permet l'inclusion de chacun, mais ne l'impose pas. Et Zarkashī ajoute : quand l'istithnāʾ frappe un ʿāmm, il fait passer sa dalāla sur les individus restants du ẓuhūr à la nuṣūṣiyya.

  • Objection (les nombres) : on excepte des noms de nombre (« mille ans moins cinquante ») sans qu'ils soient ʿāmm. Réponse de Subkī : nous disons « tout ʿāmm admet l'istithnāʾ », non l'inverse — le critère est une implication, pas une équivalence. Zarkashī signale les dissidences : Ibn Mālik admet l'istithnāʾ de l'indéfini moyennant la fāʾida ; Ibn al-Dahhān élargit l'istithnāʾ au « ʿumūm du ḥukm » (« lā ukallimuka illā yawma al-jumʿa »).
  • Conséquence — al-jamʿ al-munakkar laysa bi-ʿāmm : « des hommes » se porte sur le minimum du pluriel (trois ou deux, selon le débat suivant). Al-Jubbāʾī objectait qu'il généralise comme le défini — « ḍaʿīf », tranche Zarkashī : s'il emportait l'istighrāq, il serait défini, ce qui est contradictoire. Al-Hindī devine que le khilāf ne vise que les pluriels d'abondance, mais les naqalāt du Qāḍī ne distinguent pas.
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Aqall al-jamʿ — deux ou trois ?

Le seuil du pluriel
Trois pour al-Shāfiʿī et Abū Ḥanīfa, deux pour Mālik — et l'application à un seul n'est que majāz.
Seuil Khilāf

Le débat et ses arguments

  • Trois — al-Shāfiʿī, Abū Ḥanīfa, le aṣaḥḥ : le singulier garde sa forme au duel (« rajulāni » laisse entendre « rajul ») mais la perd au pluriel (« rijāl ») ; si duel et pluriel partageaient le même seuil, la langue n'aurait pas forgé deux formes distinctes.
  • Deux — Mālik, suivi de l'Ustādh (Abū Isḥāq al-Isfarāyīnī) et d'al-Ghazālī : le jamʿ dérive du « rassemblement » d'une chose avec une autre — et deux choses se rassemblent déjà. Réponse : alors la tathniya dérive du rassemblement de deux — l'étymologie ne fixe pas le seuil du mot « jamʿ ».
  • Précisions de Zarkashī : (a) le khilāf porte sur le musammā du mot pluriel en langue (« muslimūn »), non sur la notion de rassemblement — qui vaut pour deux sans débat ; (b) il porte sur le pluriel de petit nombre : le pluriel d'abondance commence à onze par ijmāʿ des grammairiens — même si al-Rāfiʿī, dans les furūʿ du ṭalāq, fait commencer « al-nisāʾ » et « al-ʿabīd » à trois.

Les furūʿ — et l'application au singulier

  • L'aveu : « j'ai des darāhim envers untel » — trois ou deux ? Imām al-Ḥaramayn doutait que les fuqahāʾ suivent ; or al-Harawī (al-Ishrāf) et al-Māwardī (al-Ḥāwī) rapportent bien les deux wajh, construits sur cet aṣl.
  • Le serment : « si j'épouse des femmes… » — il n'y a ḥinth qu'à partir de trois épouses, selon al-Rāfiʿī.
  • Yaṣduq ʿalā al-wāḥid majāzan : Imām al-Ḥaramayn admet de rapporter le pluriel à un seul moyennant une qarīna — le mari voyant sa femme s'exposer : « tu te parades pour les hommes ! », alors qu'il ne vise qu'un seul. Exemples qurʾāniques du Qāḍī : « innī mursilatun ilayhim bi-hadiyyatin fa-nāẓiratun bima yarjiʿu al-mursalūn » — et le rasūl est un seul : « irjiʿ ilayhim » ; et « mubarraʾūna mimmā yaqūlūn » visant la seule Mère des croyants ʿĀʾisha.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
L'argument d'Umm Salama : une Compagne lit « man » comme incluant les femmes, et le Prophète ﷺ la confirme.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — « man » et les femmes

وَيَدُلُّ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى : ﴿وَمَنْ يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتِ مِنْ ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى﴾، وَقَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ : «مَنْ جَرَّ ثَوْبَهُ خُيَلَاءَ لَمْ يَنْظُرِ اللَّهُ إِلَيْهِ»، فَقَالَتْ أُمُّ سَلَمَةَ : فَكَيْفَ يَصْنَعُ النِّسَاءُ بِذُيُولِهِنَّ؟ فَهِمَتْ أُمُّ سَلَمَةَ دُخُولَ النِّسَاءِ فِي صِيغَةِ «مَنْ»، وَأَقَرَّهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

Traduction : « En atteste la parole du Très-Haut : “Quiconque (man) accomplit de bonnes œuvres, homme ou femme…” — la mention “homme ou femme” montre que man les couvre — et la parole du Prophète ﷺ : “Quiconque (man) traîne son vêtement par orgueil, Dieu ne le regardera pas.” Umm Salama demanda : “Et comment les femmes feront-elles de leurs traînes ?” Umm Salama a compris que les femmes entraient dans la forme man — et le Prophète ﷺ l'a confirmée » (il répondit en fixant la longueur des traînes ; al-Tirmidhī l'authentifie).

Les autres appuis du commentaire

  • L'argument du fiqh : « quiconque (man) entre dans ma maison est affranchi » — si des femmes entrent, elles sont affranchies par ijmāʿ, comme le note le Maḥṣūl.
  • La dissidence : certains Ḥanafites réservent « man » aux hommes — d'où leur lecture de « man baddala dīnahu fa-qtulūh » (quiconque change de religion, tuez-le) excluant la murtadda de la peine. Ibn al-Dahhān l'attribue — étrangement — à al-Shāfiʿī ; en réalité c'est à des Ḥanafites qu'on le doit, et l'école shāfiʿite l'écarte.
  • Extension : le débat, que Juwaynī cantonnait à man conditionnel, vaut pour l'interrogatif et le relatif selon al-Hindī — « le plus apparent est qu'il n'y a pas de différence » — et pareillement pour « mā » et les formes épicènes.
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Les femmes — sous « man », pas sous « al-muslimīn »

Deux règles symétriques
Les formes épicènes incluent les femmes ; le pluriel masculin sain ne les inclut pas ẓāhiran — contre les Ḥanbalites.
Destinataires Ināth

La grille des formes selon le genre

  • Formes propres à un genre : « al-rijāl » n'inclut pas les femmes, « al-nisāʾ » n'inclut pas les hommes — par accord.
  • Formes épicènes sans marque : « al-nās », « man », « mā » — couvrent les deux genres par accord (pour al-nās) et selon l'aṣaḥḥ (pour man, cf. le bloc précédent).
  • Le cas disputé — le pluriel masculin sain (« al-muslimīn ») : le jumhūr — et c'est le madhhab d'al-Shāfiʿī selon Abū Ḥāmid — dit que le féminin n'y entre pas ẓāhiran : la langue a forgé pour lui une forme propre (« al-muslimāt »), et l'emploi du masculin pour les deux serait taghlīb, non waḍʿ. Un dalīl séparé peut toujours faire entrer les femmes. Les Ḥanbalites : il les couvre ẓāhiran, et c'est leur exclusion qui demande un dalīl. Imām al-Ḥaramayn tient une voie moyenne : inclusion par taghlīb dans les seuls khiṭābs de la sharīʿa, où la participation des femmes aux aḥkām est la qarīna dominante.
  • Le pluriel brisé (« banū fulān ») : certains manuscrits du matn l'assimilent ; Zarkashī rapporte plutôt l'accord sur la non-inclusion — d'où le fiqh du waqf : un waqf « sur les fils de Zayd » n'inclut pas les filles ; mais « sur les Banū Tamīm », si — car la visée est la tribu entière (la jiha), femmes comprises.
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Le ʿabd et le kāfir sous le khiṭāb général

Yaʿumm al-ʿabd wa-l-kāfir
L'esclave est un mukallaf, non un bien ; le mécréant est un homme — tous deux sous « yā ayyuhā al-nās », sauf dalīl.
Destinataires Taklīf

Deux masāʾil, une même logique

  • Le ʿabd : « yā ayyuhā al-nās » couvre libres et esclaves, par la force de la ṣīgha. On ne rattache pas l'esclave aux biens (bahāʾim) du fait qu'il est possédé : les taklīf pèsent sur lui par ijmāʿ — prières et au-delà. Ibn Burhān l'attribue à la masse des Aṣḥāb ; l'avis contraire (« il n'entre qu'avec un dalīl ») reste marginal. Son exclusion de certains aḥkām (le jumuʿa, le jihād…) vient de dalīls propres, non du lafẓ.
  • Le kāfir : il est « des gens » et « des fils d'Ādam » au sens propre — l'aṣl est l'absence de mukhaṣṣiṣ, donc il entre, et n'en sort qu'avec un dalīl. L'avis contraire se fonde sur la thèse que les kuffār ne sont pas tenus aux furūʿ — débat déjà traité aux muqaddimāt.
  • Le dilemme d'al-Hindī : aux tenants de l'exclusion — si vous niez que la langue les couvre, c'est une mukābara (déni d'évidence) ; si vous admettez la couverture mais prétendez que la servitude ou le kufr spécifie en droit, c'est bāṭil : l'ijmāʿ les tient pour mukallafūn dans l'ensemble.
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Le Prophète ﷺ sous « yā ayyuhā al-nās » — même via « qul »

Trois avis, dont celui d'al-Ṣayrafī
Le lafẓ le couvre ; ni les khaṣāʾiṣ ni l'ordre de transmettre ne suffisent à l'exclure.
Destinataires Nabī ﷺ

Les trois positions

  • (1) L'inclusion — les Aktharūn et l'aṣaḥḥ : « yā ayyuhā al-nās », « yā ʿibādī » : le lafẓ s'applique en vérité au Prophète ﷺ — il est « des gens » et « des serviteurs ». Il y entre donc, sauf dalīl d'exclusion.
  • (2) L'exclusion : en raison des khaṣāʾiṣ qui lui sont propres ﷺ — réponse : les khaṣāʾiṣ sont des exceptions prouvées une à une ; elles ne renversent pas la pente du lafẓ.
  • (3) Le tafṣīl attribué à al-Ṣayrafī : si le khiṭāb lui parvient précédé de « qul » (« dis-leur… »), il n'y entre pas — l'ordre de transmettre ferait de lui le héraut, non le destinataire ; sinon il y entre. Imām al-Ḥaramayn et d'autres ont « zayyafa » (disqualifié) ce tafṣīl : transmettre un ordre n'empêche pas d'être soumis à son contenu.
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À retenir

6 principes essentiels
Le seuil et les destinataires du ʿāmm — à fixer avant la question de la force de sa dalāla.
  • Le critère du ʿumūm est l'istithnāʾ — implication, non équivalence (les nombres l'admettent sans être ʿāmm) ; le jamʿ munakkar échoue au test : il n'est pas général
  • Aqall al-jamʿ = 3 (al-Shāfiʿī, Abū Ḥanīfa) contre 2 (Mālik, al-Ghazālī) — furūʿ : l'aveu de darāhim, le serment « si j'épouse des femmes » ; et le pluriel se dit d'un seul par majāz, avec qarīna (« tatabarrajīna li-l-rijāl »)
  • « Man » inclut les femmes — preuve : la repartie d'Umm Salama sur les traînes, confirmée par le Prophète ﷺ ; d'où la réfutation des Ḥanafites sur la murtadda
  • Le pluriel masculin sain n'inclut pas les femmes ẓāhiran (contre les Ḥanbalites ; taghlīb shariʿī pour Juwaynī) — et jamais l'inverse, par ijmāʿ
  • Le ʿabd et le kāfir entrent sous le khiṭāb général — les en exclure par la langue est mukābara, par le droit est bāṭil (al-Hindī)
  • Le Prophète ﷺ entre sous « yā ayyuhā al-nās », même précédé de « qul » — contre le tafṣīl d'al-Ṣayrafī, disqualifié par Juwaynī
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise des masāʾil.

Question

« Les femmes sont incluses sous “man baddala dīnahu fa-qtulūh” mais non, ẓāhiran, sous “al-muslimīn”. Expliquez cette asymétrie : qu'est-ce qui, dans la forme même des deux expressions, justifie l'inclusion ici et l'exclusion là ? Quel ḥadīth — et quelle Compagne — fournit l'argument décisif du premier cas ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
CRITÈRE
istithnāʾ
jamʿ munakkar : recalé
2
SEUIL
aqall al-jamʿ
3 (Shāfiʿī) vs 2 (Mālik)
3
FEMMES
man : oui
muslimīn : non ẓāhiran
4
INCLUS
ʿabd · kāfir · Nabī ﷺ
exclusion = dalīl requis