Sourates 73-77 · 5 sourates · Prière nocturne, avertissements et signes de l'Heure
Ce bloc s'ouvre sur les deux sourates les plus intimes du Coran — l'Emmitouflé et le Revêtu du manteau, adressées directement au Prophète ﷺ dans ses premiers moments de révélation. Puis vient la Résurrection avec ses détails saisissants, l'Homme et son ingratitude, et les Envoyés qui annoncent l'Heure.
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Ô emmitouflé — lève-toi la nuit, la moitié ou un peu moins ou un peu plus. Et récite le Coran lentement (rattil al-qurʾāna tartīlā). C'est dans cette sourate qu'Allah commande le tartīl — la récitation lente et méditative.
Les heures de la nuit sont plus efficaces pour l'empreinte (sur l'âme) et plus justes en parole. Le jour, tu as de longues occupations. La nuit est le moment de la proximité.
Allah sait qu'il y a parmi vous des malades, des voyageurs, des combattants. Récitez ce qui vous est facile du Coran, accomplissez la prière, donnez la zakāt, faites un beau prêt à Allah. L'obligation stricte est allégée — la miséricorde divine.
5 ordres en cascade : Lève-toi et avertis. Ton Seigneur, glorifie-Le. Tes vêtements, purifie-les. L'abomination, fuis-la. Ne donne pas pour recevoir plus. Pour ton Seigneur, endure. C'est le programme de la daʿwa en 7 versets.
Il a réfléchi et estimé. Qu'il périsse — comme il a estimé ! Puis il a froncé les sourcils et s'est renfrogné. Puis il a tourné le dos, s'est enorgueilli, et dit : « Ce n'est que de la magie transmise, ce n'est que parole humaine. » Portrait psychologique de celui qui reconnaît la vérité mais la rejette par orgueil.
Saqar — elle ne laisse rien et n'épargne rien. Elle brûle la peau. Au-dessus d'elle, 19 (anges gardiens). Pourquoi 19 ? Comme épreuve pour les mécréants, certitude pour les croyants.
Chaque âme est otage de ce qu'elle a acquis — sauf les gens de la droite. Ils demandent aux criminels : qu'est-ce qui vous a conduits à Saqar ? Ils répondent : nous ne priions pas, nous ne nourrissions pas le pauvre, nous nous enfonçions dans les futilités, et nous démentions le Jour du Jugement.
Je jure par le Jour de la Résurrection et par l'âme qui se blâme (al-nafs al-lawwāma). Cette âme qui se reproche ses fautes — c'est la conscience morale. Son invocation aux côtés de la Résurrection lui donne un rang immense.
L'homme pense-t-il que Nous ne rassemblerons pas ses os ? Bien sûr — Nous sommes capables de reconstituer ses phalanges (banānahu). Le bout des doigts — les empreintes digitales, uniques à chaque être humain. Allah précise qu'Il peut refaire jusqu'au plus fin détail.
Des visages ce jour-là radieux, regardant leur Seigneur. C'est le verset de la vision d'Allah (ruʾyat Allāh) — la plus grande récompense du Paradis.
Quand l'âme atteint les clavicules, et qu'on dit : « qui est le guérisseur ? » (man rāq — y a-t-il un sorcier, un médecin pour le sauver ?). Il sait que c'est la séparation. Les jambes s'entrelacent. Vers ton Seigneur ce jour-là est le retour.
N'est-il pas passé un temps où l'homme n'était rien qui mérite d'être mentionné ? Nous l'avons créé d'une goutte de mélange pour l'éprouver — et Nous lui avons donné l'ouïe et la vue. Nous l'avons guidé au chemin — reconnaissant ou ingrat.
Les vertueux (al-abrār) boivent d'une coupe mélangée de kāfūr (camphre), une source dont boivent les serviteurs d'Allah. Ils nourrissent le pauvre, l'orphelin et le prisonnier par amour d'Allah : « Nous vous nourrissons pour le visage d'Allah — nous ne voulons ni récompense ni remerciement. »
Jardin et soie. Accoudés sur des lits, ni soleil brûlant ni froid mordant. Ombres proches. Vases d'argent et coupes de cristal. Une coupe mélangée de gingembre, d'une source appelée Salsabīl. Autour d'eux des éphèbes immortels — on les croirait des perles éparpillées. Vêtements de soie verte et brocart, parés de bracelets d'argent.
Patiente pour le jugement de ton Seigneur. Mentionne le nom de ton Seigneur matin et soir. La nuit, prosterne-toi et glorifie-Le longuement.
Le Prophète ﷺ récitait Al-Insān dans la première rakʿa du fajr le vendredi, associée à Al-Sajda (32). C'est pourquoi les deux sont liées dans la mémoire des ḥuffāẓ.
Par les envoyées en rafale, les tempêtes violentes, les propagatrices, les séparatrices, celles qui lancent un rappel — excuse ou avertissement. L'objet du serment : ce qui vous est promis aura lieu.
Malheur ce jour-là aux démenteurs — répété 10 fois dans la sourate. Chaque fois après un argument ou un bienfait : n'avons-Nous pas créé d'une eau vile ? N'avons-Nous pas fait la terre un contenant pour les vivants et les morts ? N'avons-Nous pas mis des montagnes élevées et donné de l'eau douce ? → Malheur aux démenteurs.
Les pieux seront dans des ombrages et des sources, avec des fruits selon leurs désirs. Mangez et buvez agréablement pour ce que vous faisiez. C'est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants.
Quand on leur dit « prosternez-vous », ils ne se prosternent pas. Malheur aux démenteurs. En quel discours après celui-ci croiront-ils ? Dernière question — le Coran est la preuve finale. S'ils ne croient pas en lui, en quoi croiront-ils ?
Al-Mursalāt ferme le juzʾ Tabārak. La sourate suivante — Al-Nabaʾ — ouvre le juzʾ ʿAmma avec « de quoi s'interrogent-ils ? De la grande nouvelle. » La question finale de Mursalāt (en quoi croiront-ils ?) trouve sa réponse dans Nabaʾ (la grande nouvelle).