بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Fiche H.12 — Compétitions et paris

بَابُ المُسَابَقَةِ وَالمُغَالَبَة

Le sport, la mémorisation, les jeux : ce que l'islâm encourage et ce qu'il interdit, en distinguant compétition saine et pari d'argent.

Objectif de la fiche

À la fin de cette fiche, tu sauras quelles compétitions sont encouragées par l'islâm (équitation, tir, course, mémorisation), quand un prix en jeu est licite, et la frontière nette entre compétition saine et maysir (jeu de hasard / pari d'argent).

قَالَ ﷺ: « لَا سَبَقَ إِلَّا فِي خُفٍّ، أَوْ نَصْلٍ، أَوْ حَافِرٍ »

« Pas de récompense de course sauf dans (la course de) chameaux, le tir, ou (la course de) chevaux. »

Sources : les auteurs des Sunan, ṣaḥîḥ — base classique de la compétition rémunérée.

🏇

Compétition oui, pari d'argent non

L'islâm encourage les compétitions qui développent des aptitudes utiles : équitation, tir, course, et par extension toute discipline sportive ou intellectuelle (mémorisation du Coran, sciences). Il interdit en revanche le maysir (pari d'argent où chacun mise et où le gagnant rafle tout) qui crée animosité, dépendance, et destruction du patrimoine. Allah dit : ﴿إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ﴾ (al-Mâ'ida 90). La frontière est claire : quand chaque participant mise et que les pertes financent les gains, c'est un jeu de hasard interdit.

📖

Vocabulaire essentiel

مُسَابَقَةmusâbaqa
Compétition de vitesse / d'aptitude.
مُغَالَبَةmughâlaba
Concours d'aptitude — au sens large.
سَبَقsabaq
Prix de course / récompense au gagnant.
مَيْسِرmaysir
Jeu de hasard, pari d'argent — interdit par le Coran.
مُحَلِّلmuḥallil
« Tiers introduit » qui rend une compétition à prix licite — voir bloc 2.
Étape 1

Ce que tu dois savoir

Trois blocs : compétitions encouragées, frontière avec le maysir, et le mécanisme du muḥallil.

1

Compétitions encouragées

Sport, tir, mémorisation
Tout ce qui développe une aptitude utile à l'individu et à la communauté.
  • Le ḥadîth fondateur mentionne 3 disciplines avec récompense : course de chameaux, tir, course de chevaux.
  • Extension contemporaine : par analogie, toute compétition qui développe des aptitudes utiles est encouragée — sport collectif et individuel, arts martiaux raisonnables, jeux de stratégie sains, mémorisation du Coran, concours scientifiques, etc.
  • Conditions de la compétition saine :
    • Pas d'injustice ou de fraude.
    • Pas de cruauté envers l'animal (interdites : combats de coqs, combats de béliers, combats de taureaux).
    • Pas de danger excessif pour soi (boxe au visage : le Prophète ﷺ a interdit de viser le visage — donc la boxe pure est très discutée ; le sparring d'entraînement contrôlé est permis).
    • Compatible avec les obligations religieuses (ne pas faire manquer la prière, etc.).
2

La frontière avec le maysir (jeu de hasard)

Quand chaque participant mise, c'est interdit
La règle simple : si chacun met de l'argent et que les pertes des uns financent les gains des autres, c'est du maysir.
  • Si un tiers (sponsor, organisation) offre un prix au gagnant, sans que les participants misent : licite. C'est un sponsor, pas un pari.
  • Si un seul des deux participants met l'enjeu et que l'autre tente de le gagner sans rien risquer : licite.
  • Si chacun met sa mise et que le gagnant rafle tout (ou les mises se redistribuent selon les résultats) : maysir, interdit.
3

Le muḥallil (« tiers rendant licite »)

Mécanisme classique pour deux parieurs
Si deux compétiteurs veulent jouer leur mise, l'introduction d'un tiers qui ne mise pas peut rendre l'opération licite.

Mécanisme classique : si A et B veulent chacun mettre 100 € en jeu sur une course, on ajoute un 3e participant C qui ne mise rien mais participe à la compétition.

  • Si C gagne → il rafle les 200 € (et n'a rien risqué).
  • Si A gagne → il prend les 100 € de B.
  • Si B gagne → il prend les 100 € de A.

Ainsi, chaque perdant avait au moins théoriquement la possibilité de ne rien perdre (face à C). Cela neutralise selon plusieurs juristes le caractère de maysir.

En pratique contemporaine : le mécanisme est peu utilisé. Il vaut mieux préférer la solution sponsor (un tiers qui paie le prix) ou abandonner la mise. Le muḥallil reste un outil intellectuel intéressant.

Contexte français / européen

📌 Règles à retenir

Étape 3

Pour aller plus loin

Erreurs à éviter et mini-quiz.

⚠ Erreurs fréquentes

🧠 Mini quiz

Le ḥadîth mentionne 3 disciplines avec récompense — lesquelles ?

Voir la réponse
La course de chameaux, le tir, la course de chevaux. Par extension contemporaine : tout sport, mémorisation du Coran, concours scientifiques.

Quelle est la frontière entre compétition licite et maysir ?

Voir la réponse
Si un sponsor / tiers offre le prix sans que les participants misent : licite. Si chacun met sa mise et que les pertes des uns financent les gains des autres : maysir, interdit.

Les paris sportifs en ligne sont-ils licites ?

Voir la réponse
Non — c'est du maysir. Toute mise d'argent où on peut tout perdre ou gagner par chance / résultat tombe dans l'interdit du verset al-Mâ'ida 90.