Saʿīd ibn Zayd · Le beau-frère d'ʿUmar · Promis au Paradis
Saʿīd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl est l'un des dix Promis au Paradis. Issu des Banū ʿAdiyy — la même branche que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb —, il est l'époux de Fāṭima bint al-Khaṭṭāb, la sœur d'ʿUmar. Son père Zayd ibn ʿAmr était l'un des rares ḥunafāʾ de Quraysh : avant l'islam, il avait quitté l'idolâtrie pour chercher la religion d'Ibrāhīm ﷺ, refusant la viande des sacrifices païens et appelant à l'unicité divine. Saʿīd hérita de cette inclination monothéiste. Sa conversion et celle de Fāṭima précédèrent — et provoquèrent — la conversion fameuse d'ʿUmar lors de l'épisode de la sourate Ṭāhā. Présent à toutes les batailles à partir d'Uḥud (sa tâche d'éclaireur l'avait empêché d'être à Badr, mais le Prophète ﷺ lui en attribua la part), il vécut longtemps après les autres Promis, mourant en 51 H à al-ʿAqīq.
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« Abū Bakr est au Paradis, ʿUmar est au Paradis, ʿUthmān est au Paradis, ʿAlī est au Paradis, Ṭalḥa est au Paradis, az-Zubayr est au Paradis, ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf est au Paradis, Saʿd est au Paradis, Saʿīd ibn Zayd est au Paradis, et Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ est au Paradis. »
Source : Rapporté par at-Tirmidhī (n°3747, ṣaḥīḥ) et Abū Dāwūd (n°4649) — d'après ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf et Saʿīd ibn Zayd lui-même
Le père de Saʿīd, Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl, est l'une des figures les plus singulières du Makka pré-islamique. Il refusait de manger la viande des bêtes immolées aux idoles, d'épouser ses femmes selon les coutumes païennes, et il appelait ouvertement à l'unicité divine. Il voyageait jusqu'en Syrie pour interroger les rabbins et les moines : « Ô moine, je cherche la religion d'Ibrāhīm — où la trouve-t-on ? » On lui répondit : « Personne aujourd'hui ne suit la religion d'Ibrāhīm, mais un prophète va surgir à Makka, qui prêchera l'unicité. » Zayd retourna mourut peu avant la mission prophétique. Le Prophète ﷺ a dit à son sujet (al-Bukhārī, n°3826) : « Il sera ressuscité au Jour du jugement comme une communauté à lui seul (ummatan waḥdah). » C'est dans cette maison-là que naquit Saʿīd.
Les Banū ʿAdiyy ibn Kaʿb, sa branche tribale, sont la même que celle d'ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. Saʿīd est son cousin, et il l'avait épousé sa sœur Fāṭima bint al-Khaṭṭāb. Mais ʿUmar, qui était un défenseur fervent du paganisme à cette époque, voyait avec horreur l'inclination monothéiste de la famille de son beau-frère. Saʿīd avait grandi nourri des paroles de son père, prêt à recevoir la révélation dès qu'elle serait offerte.
Saʿīd ibn Zayd et son épouse Fāṭima font partie des tout premiers convertis, peu après Abū Bakr. Tous deux fréquentent secrètement la Dār al-Arqam et apprennent le Coran auprès de Khabbāb ibn al-Aratt, qui passe régulièrement chez eux pour leur transmettre les nouvelles révélations. Les Banū ʿAdiyy étaient une tribu modeste à Quraysh, et Saʿīd subit des persécutions, mais avec moins d'intensité que les esclaves. Sa conversion et celle de Fāṭima étaient connues secrètement dans Makka.
Vers la sixième année de la mission, ʿUmar décida un jour de se rendre auprès du Prophète ﷺ pour le tuer — c'était sa résolution. Sur le chemin, Nuʿaym ibn ʿAbdillāh le croisa et l'interpella : « Avant de toucher au Prophète, occupe-toi de ta propre maison : ta sœur et son mari ont embrassé l'islam ! » Furieux, ʿUmar se précipita vers la maison de Saʿīd. Il entendit, en s'approchant, une voix qui récitait. Il frappa à la porte. Khabbāb ibn al-Aratt, qui était venu enseigner le Coran, se cacha. ʿUmar entra, gifla sa sœur jusqu'à la faire saigner, puis demanda : « Que lisiez-vous ? » Devant la fermeté de Fāṭima, son cœur s'apaisa. Il demanda le feuillet — Fāṭima exigea qu'il fît d'abord ses ablutions. Il lut alors les premiers versets de sourate Ṭāhā : ﴿طه ۞ مَا أَنزَلْنَا عَلَيْكَ الْقُرْآنَ لِتَشْقَىٰ﴾. Ses larmes coulèrent. Il dit : « Comme cette parole est belle ! » Khabbāb sortit alors de sa cachette : « ʿUmar, par Allah, j'espère qu'Allah a exaucé l'invocation du Prophète ﷺ : "Allah, fortifie l'islam par l'un des deux ʿUmar." » ʿUmar se rendit alors à Dār al-Arqam et embrassa l'islam. Saʿīd ibn Zayd et Fāṭima sont la cause indirecte de cette conversion qui changera l'histoire.
Avant la bataille de Badr, le Prophète ﷺ envoya Saʿīd ibn Zayd avec Ṭalḥa ibn ʿUbaydillāh en mission de reconnaissance sur la route du Shām pour épier la caravane d'Abū Sufyān. Les deux Compagnons firent le voyage, mais quand ils revinrent à Madīna, l'armée musulmane était déjà partie et la bataille était terminée. Le Prophète ﷺ, par justice et par considération de leur effort, leur attribua néanmoins la part de butin de Badr et les compta parmi les ahl Badr. Saʿīd resta toute sa vie reconnaissant à cette grâce, regrettant seulement de n'avoir pas pu poser un sabre dans cette bataille fondatrice.
À partir de Uḥud, Saʿīd fut présent à toutes les expéditions du Prophète ﷺ : Khandaq, al-Ḥudaybiyya, Khaybar, la conquête de Makka, Ḥunayn, Tabūk. C'est dans l'un de ces combats — selon les sources, à Yarmūk plus tard sous ʿUmar — qu'il reçut une blessure à l'œil qui lui valut le surnom d'Abū l-Aʿwar (« le borgne »). Il combattit avec un courage tranquille, sans chercher le devant de la scène, mais toujours présent. Le Prophète ﷺ le tenait en grande estime et le citera dans le hadith des dix Promis au Paradis.
Une particularité de Saʿīd : il est l'un des deux principaux transmetteurs du hadith où le Prophète ﷺ énumère les dix Compagnons promis au Paradis. Quand on lui en demandait la confirmation, il citait les neuf autres puis ajoutait, par modestie : « Et le dixième, si vous voulez que je vous le nomme, je le ferai... — Nomme-le ! — C'est Saʿīd ibn Zayd » (Tirmidhī). Il évitait ainsi de se vanter, mais ne cachait pas non plus ce qu'il avait entendu du Messager d'Allah ﷺ.
Sous le califat d'Abū Bakr puis d'ʿUmar, Saʿīd participe aux conquêtes de la Syrie aux côtés d'Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ. Il est à la bataille de Yarmūk (15 H), à la conquête de Damas, et reçoit ʿUmar quand celui-ci vient de Madīna prendre possession de Bayt al-Maqdis. Quand on lui propose un gouvernorat, il refuse sobrement, préférant rester soldat sans charge. Il rentre par la suite à Madīna et y vit avec discrétion.
Une voisine de Saʿīd, Arwā bint Aws, l'accusa d'avoir empiété sur sa terre. Marwān ibn al-Ḥakam, alors gouverneur de Madīna pour Muʿāwiya, fit ouvrir une enquête. Saʿīd était indigné car il était irréprochable. Il jura : « Comment pourrais-je lui prendre quoi que ce soit, après avoir entendu le Prophète ﷺ dire : "Quiconque prend la terre d'autrui, fût-ce d'un empan, Allah lui mettra autour du cou sept terres au Jour du jugement" ? » (Bukhārī, Muslim). Puis il invoqua : « Ô Allah, si elle est menteuse, rends-la aveugle, et fais qu'elle meure dans son propre puits. » Quelque temps plus tard, Arwā perdit la vue, et un jour, en marchant dans son terrain, elle tomba dans son puits et y mourut. Cette histoire, rapportée par al-Bukhārī (n°2453) et Muslim (n°1610), est devenue un classique du droit des terres et de l'invocation des opprimés.
Saʿīd vécut très longtemps après les autres Promis au Paradis : il meurt en 51 H (~671 G), quatre ans avant Saʿd ibn Abī Waqqāṣ, le seul des dix qui lui survivra. Il avait environ 71 ans. Il décéda à al-ʿAqīq, dans la même région que Saʿd. Saʿd ibn Abī Waqqāṣ et ʿAbdullāh ibn ʿUmar, son neveu par alliance, le portèrent sur leurs épaules de Wādī al-ʿAqīq jusqu'à al-Baqīʿ à Madīna. Sa femme Fāṭima bint al-Khaṭṭāb mourut peu après. Le couple laisse des enfants vertueux, dont ʿAbd ar-Raḥmān et Zayd, mais ne fonde pas de grande lignée comme certains autres Compagnons.