بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Compagnon N°8

سَعْدُ بْنُ أَبِي وَقَّاص

Saʿd ibn Abī Waqqāṣ · Conquérant d'al-Qādisiyya · Promis au Paradis

Saʿd ibn Abī Waqqāṣ — de son nom complet Saʿd ibn Mālik az-Zuhrī — est l'oncle maternel du Prophète ﷺ par les Banū Zuhra, la tribu d'Āmina. Converti à dix-sept ans, il fut le premier homme à tirer une flèche pour la cause de l'islam, et l'un des dix Promis au Paradis. Le Prophète ﷺ lui dit à Uḥud, à propos de personne d'autre : « Tire, Saʿd ! Mes père et mère pour toi ! » Sa mère essaya de l'arracher à l'islam par une grève de la faim — Allah révéla à son sujet les versets de Luqmān (14-15). Quarante-cinq ans plus tard, à la tête de l'armée du calife ʿUmar, il infligea aux Perses la défaite décisive d'al-Qādisiyya (15 H), brisant l'empire sassanide et fondant la ville de Kūfa. Il fut le dernier des dix Promis à mourir, retiré dans son domaine d'al-ʿAqīq, refusant la fitna.

قَالَ النَّبِيُّ ﷺ لِسَعْدٍ يَوْمَ أُحُدٍ:
« ارْمِ سَعْدُ، فِدَاكَ أَبِي وَأُمِّي »

Le Prophète ﷺ dit à Saʿd, le jour de Uḥud : « Tire, Saʿd ! Mes père et mère pour toi ! »

Source : Rapporté par al-Bukhārī (n°3725, 4055) et Muslim (n°2411) — d'après ʿAlī ibn Abī Ṭālib

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Carte d'identité

Kunya
Abū Isḥāq — du nom de son fils Isḥāq
Surnom
« Le cavalier de l'Islam » (Fāris al-Islām) ; « Premier à tirer une flèche pour l'islam »
Tribu
Quraysh — Banū Zuhra ibn Kilāb (la tribu d'Āmina, mère du Prophète ﷺ) : oncle maternel par parenté tribale, comme ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf
Naissance et décès
~595 à Makka — 55 H (~675 G) à al-ʿAqīq, ramené à Madīna ; enterré à al-Baqīʿ ; environ 80 ans
Métier · Famille
Cavalier, chef de guerre, fondateur et premier gouverneur de Kūfa ; père d'ʿĀmir, ʿUmar et Muṣʿab — tous éminents

Mérites principaux

1. L'un des dix Promis au Paradis
Nommément cité dans le hadith des dix mubashsharūn (Tirmidhī, Abū Dāwūd).
2. L'oncle maternel du Prophète ﷺ
Le Prophète ﷺ disait : « Voici mon oncle (khālī), qu'un homme me montre le sien ! » (Tirmidhī, Ibn Mājah).
3. Premier à tirer une flèche pour l'islam
À l'expédition d'ʿUbayda ibn al-Ḥārith vers Rābigh — la toute première flèche tirée dans la cause de l'islam.
4. « Mes père et mère pour toi ! »
À Uḥud, le Prophète ﷺ lui dit : « Tire Saʿd, mes père et mère pour toi ! » — formule qu'il n'a réunie qu'à propos de très peu d'autres.
5. Conquérant d'al-Qādisiyya et fondateur de Kūfa
15 H — bataille décisive contre les Perses sassanides, suivie de la fondation de la ville de Kūfa comme garnison militaire.
1

Avant l'Islam — un Zuhrī des hauts quartiers de Makka

~595 à Makka · Banū Zuhra
Saʿd grandit à Makka dans la tribu maternelle du Prophète ﷺ, attaché à sa mère, déjà excellent cavalier et tireur d'arc à l'adolescence.
Compagnons Banū Zuhra

L'oncle maternel du Prophète ﷺ

Saʿd ibn Mālik ibn Uhayb az-Zuhrī appartient aux Banū Zuhra ibn Kilāb, la tribu de Quraysh dont est issue Āmina bint Wahb, la mère du Prophète ﷺ. À ce titre, le Prophète ﷺ le considérait comme son khāl (oncle maternel) tribal. Un jour, voyant Saʿd s'approcher, il dit en présence de ses Compagnons : « Voici mon oncle ! Qu'un homme me montre le sien ! » (Tirmidhī, Ibn Mājah). Cette parenté double — tribale et fraternelle dans la foi — caractérisera toute sa relation avec le Messager ﷺ.

Cavalier et archer dès l'adolescence

Avant même l'islam, Saʿd s'était distingué comme l'un des meilleurs cavaliers et archers de Makka. Il fabriquait lui-même des flèches et des arcs avec une dextérité rare, et son tir était d'une précision proverbiale. Cette compétence — qui dans la jāhiliyya était simplement une affaire de prestige tribal — deviendra, avec l'islam, un instrument que le Prophète ﷺ lui-même louera à plusieurs reprises. Saʿd lui-même rapportera ce hadith où le Messager ﷺ recommanda : « Apprenez à vos enfants la natation, le tir à l'arc et l'équitation. »

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Conversion — l'épreuve de la mère et la sourate Luqmān

~610 · 17 ans · Par Abū Bakr
Saʿd embrasse l'islam à dix-sept ans. Sa mère Ḥamna entreprend une grève de la faim pour le faire apostasier ; Allah révèle à son sujet les versets 14-15 de Luqmān.
Conversion Luqmān 14-15

Conversion à dix-sept ans

Saʿd embrasse l'islam à l'âge de dix-sept ans. Il rapporte lui-même : « Je faisais partie des trois premiers à embrasser l'islam, et je suis resté un septième de l'islam pendant un certain temps » (Bukhārī, n°3727) — c'est-à-dire qu'il était le sixième ou septième converti, à un moment où l'islam ne comptait qu'une poignée de croyants. Il fait partie des cinq convertis par Abū Bakr, avec ʿUthmān, Ṭalḥa, az-Zubayr et ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf — tous Promis au Paradis.

La mère : grève de la faim et révélation coranique

Sa mère, Ḥamna bint Sufyān, fut bouleversée d'apprendre la conversion de son fils. Voyant qu'aucune menace ne fonctionnait, elle décréta : « Si tu n'apostasies pas, je ne mangerai ni ne boirai jusqu'à mourir, et tu seras connu pour le restant de ta vie comme "le tueur de sa mère" ! » Elle resta plusieurs jours sans manger. On la suppliait, mais elle persistait. Saʿd vint la voir et lui dit : « Mère, par Allah, si tu avais cent âmes et qu'elles sortaient l'une après l'autre, je n'abandonnerais pas ma religion pour rien au monde. Mange si tu veux, ou ne mange pas. » Elle finit par renoncer. C'est à ce sujet qu'Allah révéla : ﴿وَوَصَّيْنَا الْإِنسَانَ بِوَالِدَيْهِ... وَإِن جَاهَدَاكَ عَلَىٰ أَن تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلَا تُطِعْهُمَا وَصَاحِبْهُمَا فِي الدُّنْيَا مَعْرُوفًا﴾ (« Et Nous avons enjoint à l'homme la bienfaisance envers ses parents... Mais s'ils te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, ne leur obéis pas. Et accompagne-les dans la vie ici-bas avec convenance », Luqmān 14-15) — verset cardinal du fiqh sur l'obéissance aux parents.

3

Avec le Prophète ﷺ — la flèche, Badr, Uḥud

Rābigh · Badr · Uḥud · Khandaq
Premier à tirer une flèche pour l'Islam à l'expédition de Rābigh. À Uḥud, le Prophète ﷺ lui dit : « Tire Saʿd ! Mes père et mère pour toi ! » Toutes les batailles à ses côtés.
Sira Première flèche

La première flèche tirée pour l'islam

Avant la bataille de Badr, le Prophète ﷺ envoya plusieurs petites expéditions de reconnaissance. Lors de la sariyya de ʿUbayda ibn al-Ḥārith vers Rābigh (sur la mer Rouge, près de Thaniyyat al-Marr), un détachement musulman se trouva face à une troupe d'éclaireurs de Quraysh. Aucun combat de masse ne s'engagea, mais Saʿd ibn Abī Waqqāṣ saisit son arc, banda la corde et tira une flèche : la première flèche jamais tirée pour la cause de l'Islam. Ce fait est rappelé par Ibn Hishām, al-Mubārakpūrī, et toutes les sources de la sira. Saʿd lui-même disait avec fierté : « Et c'est moi qui ai tiré la première flèche pour l'islam. »

À Uḥud — « Mes père et mère pour toi »

À Badr, Saʿd combat aux côtés du Prophète ﷺ et y perd son frère ʿUmayr ibn Abī Waqqāṣ — l'un des plus jeunes martyrs. À Uḥud, il vit l'un des moments les plus glorieux de sa vie : ʿAlī ibn Abī Ṭālib rapporte (Bukhārī n°3725) que le Prophète ﷺ tendit à Saʿd, ce jour-là, son carquois et ses flèches en lui criant : « ارْمِ سَعْدُ، فِدَاكَ أَبِي وَأُمِّي »« Tire, Saʿd ! Mes père et mère pour toi ! » ʿAlī ajoute : « Je n'ai jamais entendu le Prophète ﷺ joindre son père et sa mère pour personne d'autre que pour Saʿd ce jour-là. » C'est un privilège quasi-unique dans toute la Sira.

L'invocation exaucée

Le Prophète ﷺ invoqua un jour pour Saʿd : « Ô Allah, exauce ses invocations » (Tirmidhī, n°3751). De fait, l'histoire montre que les duʿāʾ de Saʿd étaient généralement exaucés. Un jour à Kūfa, un homme calomnia ʿAlī devant lui ; Saʿd le mit en garde, mais l'homme persista. Saʿd dit alors : « Ô Allah, si cet homme T'a désobéi, fais-en un signe pour les gens. » À peine eut-il fini que l'homme fut renversé par un chameau et tué.

4

Après le Prophète ﷺ — al-Qādisiyya, Kūfa et le retrait

15 H · al-Qādisiyya · 55 H · al-ʿAqīq
Commandant de l'armée d'ʿUmar contre les Perses. Victoire d'al-Qādisiyya, prise de Ctésiphon, fondation de Kūfa. Membre du conseil des six. Retrait de la fitna. Dernier des dix Promis à mourir.
Califat Qādisiyya

La bataille décisive d'al-Qādisiyya (15 H)

En 15 H, le calife ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb nomma Saʿd à la tête de l'armée chargée de faire face à l'empire sassanide. Saʿd marcha vers l'Iraq, et rencontra les forces perses commandées par Rustum à al-Qādisiyya, près de Kūfa. La bataille dura quatre jours (les jours dits d'Armāth, Aghwāth, ʿUmās, et la nuit d'al-Harīr). Saʿd, malade, dirigea l'armée depuis le toit du palais de Qudays, transmettant ses ordres par messagers. Le quatrième jour, Rustum fut tué, l'armée perse s'effondra, et le drapeau royal sassanide — Dirafsh-e Kāwiyānī — tomba aux mains des musulmans. La voie de Ctésiphon (al-Madāʾin) était ouverte.

Ctésiphon, le palais blanc et la fondation de Kūfa

Saʿd entra dans Ctésiphon, la capitale impériale, et y accomplit la prière dans le palais des Khosrow — l'Īwān Kisrā. Il y récita la sourate Ṣād, et la prière fut ṣalāt al-fatḥ, prière de la conquête. Il y trouva des trésors immenses qu'il fit envoyer à ʿUmar à Madīna. Sur l'ordre du calife, il fonda ensuite la ville de Kūfa (17 H) comme garnison militaire, l'organisant par tribus et y établissant la première grande mosquée de l'Iraq. Il en fut le premier gouverneur.

Le conseil des six et le retrait de la fitna

À sa mort, ʿUmar le désigna parmi les six membres du conseil de la shūrā. ʿUmar dit de lui : « Si je l'avais nommé, j'aurais été dans mon droit ; et si je ne le nomme pas, ce n'est pas que je doute de lui. » Plus tard, quand la fitna éclata après l'assassinat de ʿUthmān, Saʿd refusa de prendre les armes — ni avec ʿAlī, ni avec Muʿāwiya. Il se retira dans son domaine d'al-ʿAqīq, à quelques kilomètres de Madīna, et y vécut le reste de ses jours dans la prière et la piété. Il disait à ses fils : « Ne me parlez pas de ce qui se passe entre les gens, jusqu'à ce que la communauté se mette d'accord sur un imām. »

Sa mort — le dernier des dix

Il mourut à al-ʿAqīq en 55 H, à environ 80 ans. Il fut le dernier survivant des dix Promis au Paradis. Son corps fut transporté à Madīna, et il fut enterré à al-Baqīʿ. On dit qu'au moment de sa mort, il fit demander qu'on l'enveloppe dans le manteau de laine qu'il avait porté à Badr — qu'il avait conservé toute sa vie comme témoin du jour où Allah avait soutenu les croyants peu nombreux. Son fils ʿĀmir et son neveu Hāshim deviendront des figures éminentes ; son arrière-petit-fils sera Ibrāhīm ibn Saʿd, traditionniste de Madīna.

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Leçons à retenir

3 leçons essentielles
Ce que la vie de Saʿd nous enseigne sur la fermeté, la justice et la retenue.
  • L'obéissance aux parents s'arrête au shirk : les versets de Luqmān 14-15, révélés à son sujet, fixent le principe — bienfaisance entière dans le licite, mais pas une once de soumission au polythéisme
  • La force au service de la justice : la flèche, l'épée, le commandement — Saʿd les utilise tous, mais toujours pour Allah ; jamais pour son ego, jamais pour la fitna
  • Le silence dans les troubles est une science : à al-ʿAqīq, il n'écrit rien, ne tranche rien, ne combat personne — il attend que la communauté se rassemble derrière un imām, et c'est cette retenue qui le sauve devant Allah

🧠 Chronologie mnémotechnique

~595
NAISSANCE
Banū Zuhra
Oncle maternel · Cavalier
17 ans
CONVERSION
Luqmān 14-15
Mère · Première flèche
3 H
UḤUD
« Mes père et mère »
Tire Saʿd · Carquois
15 H
QĀDISIYYA
Fondation de Kūfa
Sassanides brisés · Mort 55 H