Rapporté par Abū Hurayra (رضي الله عنه) · Muttafaq ʿalayh · Bukhārī n°6018 · Muslim n°47
Ce hadith lie la foi authentique à trois comportements visibles : la maîtrise de la langue, le bon voisinage et l'hospitalité. La structure répétitive « celui qui croit en Allah et au Jour Dernier » insiste sur le fait que ces comportements ne sont pas optionnels — ce sont des manifestations directes de la foi.
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D'après Abū Hurayra (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Celui qui croit en Allah et au Jour Dernier, qu'il dise du bien ou qu'il se taise. Celui qui croit en Allah et au Jour Dernier, qu'il soit généreux envers son voisin. Celui qui croit en Allah et au Jour Dernier, qu'il soit généreux envers son invité. »
Source : Bukhārī n°6018 · Muslim n°47
Abū Hurayra ʿAbd al-Raḥmān ibn Ṣakhr al-Dawsī (qu'Allah l'agrée), le Compagnon qui a rapporté le plus de hadiths. Il accompagna le Prophète ﷺ pendant trois ans sans interruption, mémorisant ses paroles avec méthode. Il mourut en 59 H.
Le Prophète ﷺ ne laisse que deux options : parler en bien (dhikr, science, conseil sincère, parole douce) ou se taire. Il n'y a pas d'espace pour les médisances (ghība), les calomnies (namīma), le mensonge, les paroles futiles. Al-Nawawī rappelle que le silence est souvent le refuge du sage, car la langue est le plus grand danger pour l'être humain.
Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ dit : « L'homme prononce une parole qui lui vaut la satisfaction d'Allah sans y attacher d'importance, et par elle Allah l'élève de degrés ; un autre prononce une parole qui suscite la colère d'Allah sans y attacher d'importance, et par elle il tombe en Enfer » (Bukhārī). D'où l'extrême prudence requise.
Le Prophète ﷺ a dit : « Jibrīl n'a cessé de me recommander (d'être bon envers) le voisin, au point que j'ai cru qu'il allait en faire un héritier » (Bukhārī). La générosité (ikrām) envers le voisin inclut : partager quand on cuisine, ne pas le déranger, supporter ses défauts, le visiter quand il est malade, l'aider dans le besoin, garder ses secrets.
Les savants ont discuté la portée du mot « voisin ». La majorité l'étend à 40 maisons autour de soi (selon un hadith rapporté), incluant le voisin musulman, le voisin non-musulman, le voisin parent, le voisin lointain. Les droits varient selon la proximité, mais tous ont un droit minimum de courtoisie et de non-nuisance.
Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ précise : « La ḍiyāfa (hospitalité) est de trois jours » (Bukhārī). Le premier jour, on traite l'invité avec tout son meilleur. Les deux suivants, on lui offre ce qu'on a. Au-delà, c'est une ṣadaqa. L'hospitalité arabe traditionnelle, que l'Islam a confirmée et élevée, inclut : accueil chaleureux, nourriture sans questions, protection, accompagnement au départ.
La répétition « celui qui croit en Allah et au Jour Dernier » trois fois montre que ces trois comportements sont d'ordre égal dans l'importance. Les savants disent qu'aucune d'elles ne doit être négligée : maîtriser la langue dans les relations, honorer le voisin dans la sédentarité, honorer l'invité dans la rencontre. Ces trois font de la foi une réalité visible.