Rapporté par Abū Masʿūd al-Badrī (رضي الله عنه) · Ṣaḥīḥ · Bukhārī n°3483
Ce hadith rapporte une parole si ancienne qu'elle remonte aux premiers prophètes — elle a traversé les époques en restant vraie. La pudeur (ḥayāʾ) est présentée comme une vertu universelle, transcendant les communautés religieuses. Sa disparition ouvre la porte à tout comportement.
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D'après Abū Masʿūd ʿUqba ibn ʿAmr al-Anṣārī al-Badrī (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Parmi ce qui est parvenu aux gens des paroles de la première prophétie : « Si tu n'as pas de pudeur, fais ce que tu veux » »
Source : Bukhārī n°3483
ʿUqba ibn ʿAmr Abū Masʿūd al-Anṣārī al-Badrī (qu'Allah l'agrée), Compagnon des Anṣār de Médine. Il participa aux grandes étapes : serment d'al-ʿAqaba, Badr (selon certaines traditions, d'où son surnom). Il s'installa à Kūfa après le décès du Prophète ﷺ et y mourut vers 40 H.
Le Prophète ﷺ précise que cette parole n'est pas nouvelle : elle remonte aux premières prophéties et a traversé les générations. Cela montre l'universalité de la ḥayāʾ comme vertu : elle n'est ni arabe ni islamique, elle est humaine et divine.
Ibn Qutayba et d'autres la comprennent comme une menace : « Si tu n'as pas de pudeur qui te retient, alors vas-y, fais ce que tu veux — mais sache que tu seras jugé. » C'est le même sens que le verset : « Faites ce que vous voulez, Il voit ce que vous faites » (Coran 41:40).
La majorité des savants (Aḥmad, Ibn Rajab, Abū al-ʿAbbās) la comprennent comme un constat : « Sans ḥayāʾ, rien ne t'empêche de commettre n'importe quoi. » La ḥayāʾ est ce qui retient l'homme du mal. Quand elle disparaît, tous les interdits deviennent franchissables. C'est elle qui établit la frontière invisible entre le pudique et l'impudique.
(1) La ḥayāʾ devant Allah : conscience que Son regard voit tout, y compris les intentions. (2) La ḥayāʾ devant les anges qui consignent les actes. (3) La ḥayāʾ devant les gens : préserver son honneur et éviter le scandale. (4) La ḥayāʾ devant soi-même : respecter sa propre nature noble, celle qu'Allah a façonnée.
Dans un autre hadith : « La pudeur est une branche de la foi » (Bukhārī et Muslim). Et : « La pudeur n'apporte que du bien » (Bukhārī). Les savants disent que quand la ḥayāʾ baisse, la foi baisse avec elle — et inversement. C'est pourquoi cultiver la pudeur protège directement la religion.