Rapporté par Abū Thaʿlaba al-Khushanī (رضي الله عنه) · Ḥasan · Dāraquṭnī n°undefined
Ce hadith classe tous les actes en quatre catégories juridiques élégantes : les obligations, les limites, les interdits, et les silences. Chaque catégorie a sa règle. Le dernier point est particulièrement important : ce qu'Allah n'a pas mentionné est une marge de liberté voulue, pas un oubli.
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D'après Abū Thaʿlaba al-Khushanī Jurthūm ibn Nāshir (qu'Allah l'agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Allah le Très-Haut a imposé des obligations — ne les négligez pas. Il a tracé des limites — ne les transgressez pas. Il a interdit des choses — ne les violez pas. Et Il a passé sous silence d'autres choses par miséricorde pour vous, non par oubli — ne cherchez donc pas à en savoir plus. »
Source : Dāraquṭnī n°undefined
Abū Thaʿlaba Jurthūm ibn Nāshir al-Khushanī (qu'Allah l'agrée), Compagnon de la tribu de Khushayn. Il participa à la Bayʿat al-Riḍwān (serment sous l'arbre). Il mourut vers 75 H en Syrie.
Les farāʾiḍ sont les cinq prières, le jeûne de Ramadan, la zakāt, le ḥajj, l'obéissance aux parents, le respect des voisins, etc. Les négliger, c'est ḍayāʿ (perte) — on perd la récompense, on perd la protection, on perd ses droits au Paradis. La négligence est différente de l'oubli ponctuel : elle est chronique, volontaire.
Les ḥudūd sont les bornes : entre le licite et l'illicite, entre le permis et l'interdit. Par exemple : les ḥudūd du mariage, du commerce, de la consommation. Les franchir (iʿtidāʾ), c'est aller au-delà de ce qui est autorisé — même sans toucher directement l'interdit.
Les muḥarramāt sont les interdits absolus : l'alcool, le porc, l'intérêt usuraire, la fornication, le mensonge, etc. Les violer (intihāk), c'est briser leur caractère sacré. L'interdit est plus grave que la limite : il n'y a pas d'espace autour de lui, il est fermé.
Allah ne peut rien oublier (Coran 19:64 : « Ton Seigneur n'oublie jamais »). Si Il n'a pas mentionné quelque chose, c'est par décision. Cette décision est une miséricorde : Il laisse aux humains une marge de liberté dans laquelle ils peuvent agir sans restriction. Cette règle est le fondement du principe : « Le principe dans les choses est la permission » (al-aṣl fī al-ashyāʾ al-ibāḥa).
« Ne cherchez pas à en savoir plus » (fa-lā tabḥathū ʿanhā) a deux sens : (1) ne pas poser de questions excessives qui pourraient rendre obligatoire ce qui ne l'était pas (comme les Banū Isrāʾīl avec la vache, sourate al-Baqara). (2) Ne pas inventer de règles en comblant artificiellement les silences. Les silences sont des espaces de liberté à respecter.
Ce hadith pose l'équilibre fondamental de la vie islamique : discipline dans ce qu'Allah a ordonné et interdit, liberté dans ce qu'Il a laissé ouvert. Le croyant n'est pas un esclave rigide de règles ajoutées, ni un anarchique qui transgresse. Il est un serviteur qui respecte les quatre catégories.
Ce hadith complète celui de la capacité : « Évitez les interdits, faites des ordres ce que vous pouvez. » Ensemble, ces deux hadiths dessinent la juste voie : focus sur ce qui est clair, éviter le fardeau inutile, vivre dans la marge de liberté laissée par Allah.