Rapporté par Abū Saʿīd al-Khudrī (رضي الله عنه) · Ṣaḥīḥ · Muslim n°49
Ce hadith établit les trois degrés de la commanderie du bien et de l'interdiction du mal : la main (l'action), la langue (la parole), le cœur (la désapprobation). Chacun agit selon sa capacité et sa position.
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D'après Abū Saʿīd al-Khudrī (qu'Allah l'agrée) : J'ai entendu le Messager d'Allah ﷺ dire : « Quiconque parmi vous voit un mal, qu'il le change de sa main ; s'il ne peut pas, alors de sa langue ; s'il ne peut pas, alors de son cœur — et c'est là le plus faible (degré) de la foi. »
Source : Muslim n°49
Abū Saʿīd Saʿd ibn Mālik al-Khudrī (qu'Allah l'agrée), Compagnon de Médine qui rapporte plus de 1170 hadiths. Il participa à de nombreuses batailles. Connu pour son savoir approfondi, il enseignait dans la mosquée du Prophète ﷺ. Il mourut à Médine en 74 H.
Changer par la main est le niveau le plus fort : arrêter physiquement le mal, démanteler l'injustice, réparer le tort. Mais ce niveau est réservé à ceux qui ont l'autorité et la capacité — dirigeants, parents dans leur foyer, enseignants dans leur classe. Agir de sa main sans autorité peut créer plus de fasād que de bien.
Parler avec sagesse pour corriger : conseil privé, explication, dénonciation publique selon le cas. La parole doit respecter les règles de la naṣīḥa : en privé quand possible, avec douceur, sans humilier, visant la réforme non la vengeance.
Quand on ne peut ni agir ni parler (peur légitime, impuissance totale), le minimum est la désapprobation du cœur. Ne pas accepter intérieurement, ne pas se réjouir, souhaiter que cela cesse. Ce niveau est toujours accessible.
Le Prophète ﷺ indique que la désapprobation du cœur est la frontière minimale de la foi. En dessous — approuver le mal, s'en réjouir — il n'y a plus de foi véritable. Chaque musulman a toujours au moins un niveau de résistance possible.
Les savants codifient quatre conditions : (1) savoir avec certitude que c'est un munkar, (2) que cela soit actuellement en train de se produire, (3) avoir la capacité sans engendrer un plus grand mal, (4) ne pas outrepasser sa fonction. Agir avec sagesse — ne pas provoquer plus de dégâts par un zèle mal placé.