Rapporté par Ibn ʿAbbās (رضي الله عنهما) · Ḥasan · Bayhaqī n°10/252
Ce hadith pose les règles fondamentales de la procédure judiciaire : celui qui accuse doit prouver, celui qui nie doit jurer. Cette règle protège les gens des accusations infondées et établit un équilibre juridique. C'est l'une des cinq grandes règles du fiqh.
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D'après Ibn ʿAbbās (qu'Allah les agrée) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Si l'on donnait aux gens (ce qu'ils réclament) sur la base de leurs simples allégations, certains réclameraient les vies et les biens d'autres hommes. Mais la preuve incombe au demandeur, et le serment à celui qui nie. »
Source : Bayhaqī n°10/252
ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās (qu'Allah les agrée), cousin du Prophète ﷺ et grand exégète du Coran. Ce hadith, rapporté dans une version courte par Muslim et plus complète par al-Bayhaqī, est l'un des fondements de la procédure judiciaire en Islam.
Le Prophète ﷺ commence par expliquer la sagesse de la règle : si on accordait les droits sur simple déclaration, les gens accuseraient les autres de meurtre ou s'approprieraient leurs biens sans fondement. La preuve est donc le garde-fou qui protège tous.
Le demandeur doit apporter bayyina — preuve objective : témoins, documents, aveux, indices concordants. Sans preuve, le juge ne peut trancher en sa faveur. Cette règle s'applique à tous les domaines : accusations pénales, litiges financiers, divorces, etc.
Quand le demandeur n'a pas de preuve, le défendeur peut trancher la question en jurant par Allah. S'il jure et qu'il ment, il en portera la responsabilité devant Allah. Cette règle présume l'honnêteté du défendeur en l'absence de preuves contre lui — principe de présomption d'innocence.
Les savants comptent ce hadith parmi les grandes règles du fiqh avec : « les actes par les intentions », « la certitude ne disparaît pas par le doute », « la difficulté attire la facilité », « le dommage doit être supprimé », « la coutume est un jugement ».