L'accord d'une partie de la umma vaut-il ijmāʿ ? · Madīna, ahl al-bayt, les califes, les shaykhayn · Et la divergence d'un seul
La définition exige l'accord du mujtahid de la umma — toute la umma. Que valent alors les accords partiels que l'histoire a investis d'un prestige particulier ? Subkī les énumère et les disqualifie d'un seul mot : ghayr ḥujja — l'ijmāʿ des gens de Médine (contre l'école de Mālik), celui des ahl al-bayt (contre les Shīʿites et leur lecture du verset de la purification), celui des quatre califes, celui des shaykhayn Abū Bakr et ʿUmar (malgré le ḥadīth « iqtadū »), celui des gens des deux sanctuaires (La Mecque et Médine) et des deux métropoles (Kūfa et Baṣra). La raison est chaque fois la même : « ils ne sont pas toute la umma ». À cette série, la carte joint deux masāʾil sœurs : la prétention des Ẓāhirites de réserver l'ijmāʿ aux seuls Ṣaḥāba, et la grande question du quorum — l'accord de presque tous, avec la divergence d'un ou deux mujtahids, est-il un ijmāʿ ? Subkī recense sept positions, et Zarkashī en ajoute deux.
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« Et que l'ijmāʿ de chacun — des gens de Médine, des gens de la Maison, des quatre califes, des deux shaykhs, des gens des deux sanctuaires et des gens des deux métropoles, Kūfa et Baṣra — n'est pas une preuve… Et qu'il faut la totalité — c'est la position de la majorité ; deuxième avis : deux [opposants] nuisent ; troisième : trois ; quatrième : [seulement] ce qui atteint le nombre du tawātur. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Ijmāʿ (al-ijmāʿāt al-khāṣṣa) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 280-282
L'imam Mālik b. Anas (m. 179 H) tient le ʿamal des gens de Médine pour une preuve — mais Zarkashī recense les lectures divergentes de ses propres disciples : la plupart prennent la thèse au pied de la lettre (l'ijmāʿ de Médine est ḥujja) ; d'autres la réduisent à un tarjīḥ — la transmission médinoise prévaut sur celle des autres en cas de conflit, et al-Shāfiʿī lui-même, dans le qadīm, inclinait à préférer la riwāya des Médinois ; d'autres y voient une simple priorité de suivi sans interdiction de diverger ; d'autres enfin restreignent la thèse aux Ṣaḥāba de Médine, ou aux tābiʿīn et à leurs suivants. La mise au point décisive est d'Ibn Daqīq al-ʿĪd : « Ce que nous tenons pour certain — et rien d'autre n'est exact — c'est que leur savoir fait autorité dans ce qui relève de la transmission [continue] et de ce que l'usage rend manifeste — car si cela avait changé, le changement et son moment se seraient sus — mais non dans les questions d'ijtihād » ; il ajoute qu'il n'est guère de question controversée hors de Médine qui ne l'ait aussi été parmi les Médinois.
Zarkashī précise la syntaxe du matn — « ghayr ḥujja » est l'attribut (khabar) de toute l'énumération — puis donne la raison unique : « on sait, du ʿumūm de mujtahid al-umma, que l'ijmāʿ de ceux qui sont cités n'est pas une preuve, car ils ne sont pas toute la umma » (li-annahum laysū kulla al-umma). Les textes de la ʿiṣma visent la communauté entière ; en isoler un fragment, si éminent soit-il, c'est changer de fondement.
Traduction : « Le deuxième [accord particulier] : les Shīʿites y ont divergé, arguant de Sa parole : "Allah veut seulement écarter de vous la souillure, ô gens de la Maison" — la faute serait ainsi niée [à leur sujet]. On a répondu : le verset est descendu au sujet des épouses, pour écarter d'elles le soupçon, et son contexte l'indique. Si l'on objecte : s'il visait les épouses, il dirait ʿankunna [au féminin] — nous répondons : c'est qu'Il a visé, avec elles, d'autres qu'elles parmi les hommes, comme ʿAlī, al-Ḥasan et al-Ḥusayn ; or quand un pluriel embrasse masculin et féminin, le masculin l'emporte — comme dans : "Vous étonnez-vous de l'ordre d'Allah ? Miséricorde d'Allah et bénédictions sur vous, gens de la Maison." »
« Selon le critère d'al-Jurjānī (5ᵉ position), pourquoi le désaccord d'Ibn ʿAbbās sur le ʿawl empêche-t-il l'ijmāʿ, alors que son avis sur la mutʿa ou celui qui tolérait le ribā al-faḍl ne l'empêcheraient pas ? Quel est le critère exact qui sépare les deux cas ? »