In, idhā, law, lawlā, lan, mā, man, hal, ay · Conditionner, interroger, nier · Et pourquoi « lan » ne prouve pas l'éternité d'une négation
Troisième volet des ḥurūf : les outils qui suspendent (condition), demandent (interrogation) et refusent (négation). Le fiqh y puise sans cesse : in et idhā portent tous les taʿlīq de ṭalāq et de waqf — avec cette nuance fameuse : idhā pour le certain (« quand le soleil se lève »), in pour l'incertain ; law ouvre le raisonnement contrefactuel — et le choix de Subkī, suivant son père Taqī al-Dīn, en fait un instrument de déduction par a fortiori (« s'il n'avait pas craint Allah, il ne Lui aurait pas désobéi ») ; lan nie le futur — mais, contre al-Zamakhsharī, sans l'éterniser : tout le débat de la vision d'Allah s'y joue ; mā et man couvrent dix emplois entre nom et particule ; hal ne demande que le taṣdīq. En toile de fond, une règle capitale pour le bāb du ʿāmm : l'indéfini en contexte de négation généralise — et « min » rend ce ʿumūm textuel.
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« In exprime la condition, la négation et l'ajout. Idhā exprime la surprise, et vient comme adverbe du futur chargé du sens de condition le plus souvent. Law est une condition portant sur le passé, rarement sur le futur ; l'avis correct : l'inexistence de ce qui la suit et son implication de sa conséquence. Lawlā : l'inexistence de sa réponse du fait de l'existence de sa condition. Lan est une particule de négation, de subjonctif et de futur — elle n'emporte ni le renforcement de la négation ni sa perpétuité. Hal sert à demander l'assentiment affirmatif. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (adawāt al-istifhām wa-l-sharṭ wa-l-nafy) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 117-122 et 136-143
Sur law, quatre doctrines s'affrontent : Sībawayh (« particule de ce qui aurait eu lieu si autre chose avait eu lieu »), la formule scolaire « ḥarf imtināʿ li-imtināʿ » (l'inexistence pour l'inexistence) — qu'al-Zarkashī juge inexacte en son apparence, car la conséquence peut être réelle : « s'il était homme, il serait vivant » ne nie pas la vie de l'oiseau —, al-Shalawbīn (« pur lien, sans aucune négation ») — « un déni des évidences », tranche Zarkashī —, et enfin la définition du Shaykh al-Imām Taqī al-Dīn al-Subkī, père de l'auteur, retenue comme « la correcte » : law signifie l'inexistence de ce qui la suit, avec implication de sa conséquence ; puis la conséquence est niée si elle est proportionnée et sans substitut (« s'il y avait en eux des dieux autres qu'Allah, ils seraient corrompus »), et affirmée a fortiori si elle subsiste mieux encore : « quel bon serviteur que Ṣuhayb : n'eût-il pas craint Allah, il ne Lui aurait pas désobéi » — s'il ne désobéit pas même sans crainte, que dire avec elle ! Subkī fils systématise les marātib : a fortiori, égalité (le ḥadīth de la fille d'Umm Salama, interdite et comme rabība et comme nièce de lait), et degré moindre. Law devient un opérateur d'inférence.
Law affirme deux choses : (1) ce qui la suit (la condition) n'a pas eu lieu ; (2) cette condition impliquerait sa conséquence. Quant à la conséquence elle-même, law ne dit rien directement : tout dépend du rapport entre condition et conséquence.
Traduction : « Al-Zamakhsharī a prétendu dans le Kashshāf que lan emporte le renforcement de la négation, et dans l'Unmūdhaj qu'elle en emporte la perpétuité. Ibn Mālik a dit : ce qui l'y a poussé, c'est sa croyance qu'Allah le Très-Haut ne sera pas vu — croyance fausse. Et Ibn ʿUṣfūr a dit : sa thèse est une prétention sans preuve ; il arrive même que la négation par lā soit plus appuyée que la négation par lan. »
« Analysez le ḥadīth de Ṣuhayb — "law lam yakhafi Allāha lam yaʿṣihi" — avec la définition de law retenue par Subkī : qu'est-ce qui est nié, qu'est-ce qui est impliqué, et pourquoi la conséquence (l'absence de désobéissance) est-elle ici affirmée plutôt que niée ? Puis montrez ce que devient ce raisonnement appliqué à "lan tarānī" si l'on accorde à al-Zamakhsharī le taʾbīd de lan. »