بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Qiyās N°7

شُرُوطُ الْعِلَّةِ ٢

Deux ʿilal pour un ḥukm, deux ḥukms pour une ʿilla · Taʿaddud al-ʿilal · La ʿilla qui ne doit ni abolir son aṣl ni être un waṣf fictif

Deuxième volet des conditions de la ʿilla — celles qui touchent à sa relation avec le ḥukm et avec l'aṣl. Première grande question : peut-on motiver un seul ḥukm par deux ʿilal ? Le jumhūr l'admet et prétend que cela arrive (le ḥadath naît du toucher, de l'urine, du madhy…) ; Ibn Fūrak et al-Rāzī l'admettent pour les ʿilal textuelles seulement ; Imām al-Ḥaramayn le déclare rationnellement possible mais jamais advenu en sharʿ ; et Subkī tranche, à contre-courant : impossible rationnellement, de façon tranchée. Question symétrique : une seule ʿilla peut-elle produire deux ḥukms ? Oui, selon le mukhtār — la sariqa appelle l'amputation et la restitution ; le ḥayḍ interdit la prière et le jeûne. Suivent des conditions fines : la ʿilla ne doit pas être postérieure au ḥukm de l'aṣl, ne doit pas revenir contre son aṣl pour l'abolir (le détour ḥanafite sur « fī arbaʿīn shātan shāt »), ne doit pas être un waṣf muqaddar (fictif), et doit être déterminée (taʿayyun).

وَجَوَّزَ الْجُمْهُورُ التَّعْلِيلَ بِعِلَّتَيْنِ وَادَّعَوْا وُقُوعَهُ، وَابْنُ فُورَكٍ وَالْإِمَامُ فِي الْمَنْصُوصَةِ دُونَ الْمُسْتَنْبَطَةِ، وَمَنَعَهُ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ شَرْعًا، وَقِيلَ: يَجُوزُ فِي التَّعَاقُبِ، وَالصَّحِيحُ الْقَطْعُ بِامْتِنَاعِهِ عَقْلًا. الْمُخْتَارُ وُقُوعُ حُكْمَيْنِ بِعِلَّةٍ، إِثْبَاتًا كَالسَّرِقَةِ لِلْقَطْعِ وَالْغُرْمِ، وَنَفْيًا كَالْحَيْضِ لِلصَّوْمِ وَالصَّلَاةِ وَغَيْرِهِمَا.

« Le jumhūr a permis le taʿlīl [d'un même ḥukm] par deux ʿilal et a prétendu que cela a lieu ; Ibn Fūrak et l'Imām [al-Rāzī l'admettent] pour les [ʿilal] textuelles, non pour les déduites ; Imām al-Ḥaramayn l'a interdit en sharʿ ; on a dit : c'est permis en succession ; et l'avis correct est l'affirmation tranchée de son impossibilité rationnelle. L'avis choisi est qu'adviennent deux ḥukms par une seule ʿilla : positivement, comme la sariqa pour l'amputation et la restitution ; négativement, comme le ḥayḍ pour le jeûne, la prière et autres. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Qiyās (taʿaddud al-ʿilal wa-tawābiʿuhā) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 306-309

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Pourquoi cette masʾala est délicate

Le taʿaddud al-ʿilal est l'un des nœuds logiques des uṣūl. Tout le monde admet qu'un même type de ḥukm puisse avoir des causes différentes selon les individus : la mise à mort de Zayd pour apostasie, de ʿAmr par qiṣāṣ, de Khālid pour zinā. Le problème surgit pour un ḥukm numériquement un : si deux causes complètes coexistent, chacune produit-elle « tout » le ḥukm ? — on aboutirait au taḥṣīl al-ḥāṣil (produire le déjà-produit), voire, dit Subkī, à la réunion de contradictoires. La position de Subkī (impossibilité rationnelle tranchée) a une conséquence directe sur la muʿāraḍa (carte 9) : si deux ʿilal ne peuvent coexister, il suffit au mustadill de prouver que son waṣf est préférable pour écarter celui de l'adversaire — là où Ibn al-Ḥājib, qui admet la coexistence, exige davantage. La logique du débat irrigue donc toute la pratique de la disputation.

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Vocabulaire essentiel

تَعَدُّدُ الْعِلَلِ taʿaddud al-ʿilal
Pluralité de causes pour un seul ḥukm. Admise par le jumhūr, niée rationnellement par Subkī.
مَنْصُوصَة / مُسْتَنْبَطَة manṣūṣa / mustanbaṭa
ʿIlla désignée par le texte / ʿilla déduite par le mujtahid. Ibn Fūrak et al-Rāzī n'admettent le cumul que pour la première.
تَحْصِيلُ الْحَاصِلِ taḥṣīl al-ḥāṣil
« Produire le déjà-produit » : absurdité logique invoquée contre la coexistence de deux causes complètes d'un même effet.
الْعَوْدُ عَلَى الْأَصْلِ بِالْإِبْطَالِ al-ʿawd bi-l-ibṭāl
Le « retour » d'une ʿilla déduite contre le texte dont elle est extraite, pour l'abolir : interdit — le farʿ ne ruine pas son aṣl.
وَصْفٌ مُقَدَّر waṣf muqaddar
Waṣf « supposé », sans existence réelle (comme la propriété, al-milk) : le taʿlīl par lui est exclu selon al-Rāzī — ce serait motiver par un pur ʿadam.
تَعَيُّن taʿayyun
Détermination de la ʿilla : on n'attache pas un ḥukm à un « commun indéterminé » (mubham mushtarak) — le farʿ doit partager un waṣf spécifique.
1

Un ḥukm, deux ʿilal ? — les cinq positions

La masʾala-mère
Jumhūr : permis et advenu. Āmidī (avec al-Qāḍī) : interdit. Ibn Fūrak et al-Rāzī : pour la manṣūṣa seulement. Juwaynī : possible en raison, jamais en sharʿ. Subkī : impossible en raison.
Taʿaddud 5 positions

D'abord cadrer : où est le vrai débat

Aucune divergence : un ḥukm un par l'espèce mais multiple par les individus peut avoir des ʿilal différentes (l'exécution de Zayd pour la ridda, de ʿAmr par qiṣāṣ, de Khālid pour le zinā). Aucune divergence non plus : un ḥukm un par l'individu ne peut avoir plusieurs ʿilal rationnelles. Le débat porte sur les ʿilal sharʿiyya pour un ḥukm individuellement un — comme l'interdiction d'approcher une femme à la fois menstruée, en ʿidda et en iḥrām.

  • (1) Jumhūr — permis et advenu : le toucher, l'urine, les selles, le madhy établissent chacun le ḥadath ; le qiṣāṣ et la ridda établissent chacun la mise à mort ; et le cas d'école : une petite fille allaitée par la femme de ton frère et par ta sœur t'est interdite parce que tu es à la fois son oncle paternel et son oncle maternel — d'un coup (dufʿatan)
  • (2) Interdit absolument : choix d'al-Āmidī, qui le rapporte d'al-Qāḍī [al-Bāqillānī] et d'Imām al-Ḥaramayn
  • (3) Manṣūṣa oui, mustanbaṭa non : position d'al-Ustādh Ibn Fūrak, choisie par al-Rāzī et ses continuateurs
  • (4) Possible en raison, exclu en sharʿ : ce qu'Ibn al-Ḥājib rapporte d'Imām al-Ḥaramayn — version jugée la plus exacte (al-Hindī) et conforme au Burhān : « j'ai parcouru la sharīʿa et ne l'ai point trouvé »
  • (5) Subkī — impossible en raison, de façon tranchée : la coexistence de deux causes complètes entraînerait l'impossible, « comme la réunion des deux contradictoires »
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Zarkashī restitue la position exacte d'Imām al-Ḥaramayn d'après le Burhān, et l'argument de Subkī contre le cumul même successif.
Sharḥ al-Burhān

Le passage du Tashnīf — la position du jumhūr et ses exemples

أَحَدُهَا — وَعَلَيْهِ الْجُمْهُورُ — جَوَازُهُ مُطْلَقًا وَوُقُوعُهُ، فَإِنَّ اللَّمْسَ وَالْبَوْلَ وَالْغَائِطَ وَالْمَذْيَ يَثْبُتُ بِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهَا الْحَدَثُ، وَالْقِصَاصَ وَالرِّدَّةَ يَثْبُتُ بِكُلٍّ مِنْهُمَا الْقَتْلُ، وَكَذَلِكَ إِذَا أَرْضَعَتْ صَغِيرَةً لَبَنُ زَوْجَةِ أَخِيكَ وَأُخْتُكَ حَرُمَتْ لِكَوْنِكَ خَالَهَا وَعَمَّهَا دُفْعَةً.

Traduction : « Le premier [madhhab] — celui du jumhūr — : sa permission absolue et son occurrence effective : le toucher, l'urine, les selles et le madhy établissent chacun le ḥadath ; le qiṣāṣ et la ridda établissent chacun la mise à mort ; de même, si une petite fille est allaitée du lait de l'épouse de ton frère et par ta sœur, elle t'est interdite parce que tu es son oncle maternel et son oncle paternel à la fois. »

Trois apports majeurs du commentaire

  • La restitution du Burhān : Ibn al-Ḥājib rapporte d'Imām al-Ḥaramayn « permis en raison, interdit en sharʿ » — Zarkashī confirme par le texte même du Burhān : non impossible rationnellement, mais introuvable dans la sharīʿa (« il déclara avoir parcouru la Loi sans le trouver »). Et il relève la tension avec le furūʿ du même Juwaynī : le tadbīr de l'umm al-walad est valide, son affranchissement à la mort du maître ayant alors deux causes — qu'il neutralise en notant que le tadbīr n'y produit plus d'effet : « il n'interdisait, semble-t-il, que la réunion de deux causes opérantes ».
  • Succession ou simultanéité ? Le khilāf couvre-t-il les ʿilal successives (taʿāqub) ou la seule simultanéité ? Ibn al-Ḥājib implique le premier ; pour Subkī, c'est le second — sinon il faudrait qu'existât dans la umma quelqu'un pour nier que le toucher et l'attouchement soient chacun ʿilla quand ils surviennent séparément, « ce que personne ne dit ».
  • Le verdict de Subkī : « le ṣaḥīḥ est l'affirmation tranchée de son impossibilité rationnelle » — la cause complète exclut par définition une seconde cause complète du même effet individuel : l'effet serait produit deux fois (taḥṣīl al-ḥāṣil), ce qui revient au muḥāl.
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Une ʿilla, deux ḥukms : le sens inverse est admis

Sariqa et ḥayḍ
La sariqa motive l'amputation (zajr) et la restitution (jabr) ; le ḥayḍ interdit prière, jeûne, ṭawāf, lecture, toucher du muṣḥaf. Trois madhāhib.
Ḥukmān bi-ʿilla 3 madhāhib

Pourquoi ce sens-là ne pose pas problème

Qu'une cause produise plusieurs effets n'a rien de contradictoire — c'est l'inverse (deux causes complètes pour un effet individuel) qui heurte la logique. D'où le mukhtār :

  • (1) Permis — l'aṣaḥḥ : en ithbāt, la sariqa appelle l'amputation comme dissuasion (zajran) du voleur et la restitution comme réparation (jabran) pour le propriétaire — deux ḥikam distinctes, un seul waṣf ; en nafy, le ḥayḍ motive l'interdiction de la prière, du jeûne, du ṭawāf, de la lecture du Qurʾān, du toucher du muṣḥaf
  • (2) Interdit absolument
  • (3) Permis si les deux ḥukms ne sont pas contraires : le ḥayḍ pour l'interdiction conjointe du jeûne et de la prière, oui ; mais pas un même waṣf qui invaliderait un contrat et en validerait un autre — comme la perpétuité (taʾbīd), qui valide l'ijāra... et invaliderait le bayʿ
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La ʿilla ne doit pas être postérieure au ḥukm de l'aṣl

Condition de chronologie
Motiver la najāsa de la sueur du chien par son caractère « répugnant » échoue : la répugnance naît après le jugement de najāsa. Nuance d'al-Hindī selon la définition retenue.
Taʾakhkhur al-Hindī

Le principe et son exemple

Parmi les conditions : que l'existence de la ʿilla ne soit pas postérieure à l'établissement du ḥukm de l'aṣl — contrairement à certains Irakiens, comme le rapporte al-Qāḍī ʿAbd al-Wahhāb. Exemple discuté : « ce qu'atteint la sueur du chien est atteint par la sueur d'un animal impur, donc impur, comme sa bave » ; on conteste alors la najāsa de cette sueur en disant « parce qu'elle est répugnante (mustaqdhar) » — or la répugnance ne survient qu'après le jugement de najāsa : la prétendue ʿilla est née du ḥukm qu'elle prétend fonder.

  • La clé d'al-Hindī : « le vrai est la permission si l'on entend par ʿilla le muʿarrif » — un signe peut être postérieur à ce qu'il signale — « et l'interdiction si l'on entend le mūjib ou le bāʿith » : une cause efficiente ne succède pas à son effet
  • Morale de méthode : encore une masʾala dont la solution dépend entièrement de la définition retenue carte 5
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La ʿilla ne revient pas contre son aṣl — ibṭāl, takhṣīṣ, taʿmīm

Le farʿ ne ruine pas sa racine
Abolir son aṣl : interdit (le détour ḥanafite sur la shāt). Le restreindre : deux qawls de Shāfiʿī. L'étendre : admis par consensus (le qāḍī en colère).
ʿAwd ʿalā al-aṣl 3 régimes

(a) L'ibṭāl : exclu

La ʿilla déduite est un farʿ du naṣṣ dont elle est extraite ; si elle revenait l'abolir, elle s'abolirait elle-même. Cas d'école : le ḥadīth « فِي أَرْبَعِينَ شَاةً شَاةٌ » (sur quarante ovins, un ovin). Le détour ḥanafite l'interprète : « un ovin ou sa valeur », au motif que la ḥikma est de couvrir le besoin du pauvre — mais alors la désignation de la shāt elle-même devient lettre morte : la ʿilla déduite a dévoré son texte. Al-Suhrawardī rapporte la défense nuancée d'al-Ghazālī (« l'émir des récents ») : ce n'est pas une abrogation du naṣṣ, puisque la shāt reste due à titre de terme d'une option, comme les khiṣāl de la kaffāra ; à quoi Zarkashī réplique : il y a bien suppression de l'attache de la zakāt au bien lui-même (al-ʿayn) vers la dhimma — un taghyīr du naṣṣ par sa ʿilla, irrecevable, d'autant que la zakāt relève largement du taʿabbud.

(b) Le takhṣīṣ : deux qawls — (c) le taʿmīm : consensus

  • Takhṣīṣ — deux qawls de Shāfiʿī : la ʿilla déduite d'un texte général peut-elle revenir le restreindre ? Les deux qawls sur le toucher des maḥārim l'illustrent : si la ʿilla du naqḍ par le lams est la « maẓinna du désir », elle restreint la généralité du verset — donc pas de naqḍ pour les maḥārim ; l'autre qawl s'en tient au ʿumūm. De même la vente de la viande contre l'animal vivant : le sens restreindrait l'interdit au comestible, mais l'aṣaḥḥ s'en tient à la généralité
  • Ne pas confondre : ce débat n'est pas celui du takhṣīṣ du ʿāmm par le qiyās (qui oppose deux textes) : ici, c'est la ʿilla extraite d'un texte qui revient sur ce texte même
  • Taʿmīm — admis par tous : c'est même le régime ordinaire du qiyās : de « لَا يَقْضِي الْقَاضِي وَهُوَ غَضْبَانُ » on extrait « ce qui trouble la réflexion », qu'on étend à la faim et à la soif. Al-Qāḍī Abū al-Ṭayyib affirme le consensus sur cet exemple — affirmation dans laquelle Zarkashī voit matière à examen
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Waṣf muqaddar, taʿayyun, conformité au naṣṣ

Trois verrous finaux
Pas de ʿilla fictive (le milk selon al-Rāzī), pas de ʿilla indéterminée (contre le mubham), pas de ʿilla contraire à un naṣṣ ou à l'ijmāʿ.
Verrous Taqdīrī

(a) Le waṣf muqaddar — le « fictif »

Motiver la validité des actes (vente, donation, waqf, affranchissement) par le milk (la propriété) : or le milk n'a d'existence ni réelle ni même pleinement assignable dans la chose — c'est un maʿnā muqaddar, une entité supposée dont l'effet est précisément la licéité de ces actes. Le taʿlīl par les ṣifāt muqaddara est refusé par al-Rāzī (« contrairement aux fuqahāʾ récents », dit le Maḥṣūl) — l'auteur du Tanqīḥ rapportant même que certains nient jusqu'à la concevabilité du taqdīr en sharʿ. Le muqaddar rejoint alors le ʿadam (carte 6).

(b) Le taʿayyun — (c) naṣṣ et ijmāʿ

  • Taʿayyun : la ʿilla doit être déterminée — contre ceux qui se contentent d'un « commun indéterminé » en invoquant le mot attribué à ʿUmar : « connais les ressemblances et les analogues, puis mesure les affaires » ; les jamāhīr déclarent ce procédé corrompu : il égaliserait le ʿāmmī et le mujtahid, et le salaf n'a jamais rattaché une ḥāditha qu'à un waṣf spécifique partagé
  • Ne pas contredire un naṣṣ : « la femme est propriétaire de sa personne, donc son nikāḥ sans walī est valide, comme la vente de son bien » — ʿilla heurtée de front par « أَيُّمَا امْرَأَةٍ نَكَحَتْ نَفْسَهَا بِغَيْرِ إِذْنِ وَلِيِّهَا فَنِكَاحُهَا بَاطِلٌ »
  • Ne pas contredire l'ijmāʿ : dispenser le voyageur de la ṣalāt par qiyās sur la dispense du jeûne (jāmiʿ : la mashaqqa du safar) — contraire au consensus
  • La ziyāda sur le naṣṣ : l'istinbāṭ peut-il ajouter un qayd au waṣf désigné par le texte ? Interdit si l'ajout contrarie la portée du naṣṣ — restriction d'al-Āmidī que Subkī adopte, contre l'interdiction absolue (qu'al-Hindī ne validerait que si l'ajout valait naskh, ce qu'il n'est pas)
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À retenir

6 principes essentiels
La relation ʿilla–ḥukm–aṣl en six règles.
  • Deux ʿilal pour un ḥukm individuel : jumhūr oui ; Ibn Fūrak/Rāzī pour la manṣūṣa ; Juwaynī possible mais jamais advenu ; Subkī : impossible rationnellement
  • Une ʿilla pour deux ḥukms : admis (mukhtār) — sariqa → qaṭʿ + ghurm ; ḥayḍ → interdits multiples ; troisième avis : sauf ḥukms contraires
  • La ʿilla ne doit pas être postérieure au ḥukm de l'aṣl (sauf à la définir comme simple muʿarrif — al-Hindī)
  • La ʿilla ne revient pas abolir son aṣl (« fī arbaʿīn shātan shāt ») ; la restreindre : deux qawls ; l'étendre : consensus (qāḍī ghaḍbān)
  • Pas de taʿlīl par un waṣf muqaddar (milk) selon al-Rāzī, ni par un mubham indéterminé
  • La ʿilla ne contredit ni naṣṣ ni ijmāʿ, et n'ajoute pas au naṣṣ un qayd contraire à sa portée (Āmidī, suivi par Subkī)
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise de la masʾala.

Question

« Le jumhūr invoque le cas du ḥadath (établi par le lams, l'urine, le madhy…) pour prouver que deux ʿilal peuvent motiver un même ḥukm. Comment Subkī, qui tient le cumul pour rationnellement impossible, requalifie-t-il cet exemple ? Et pourquoi son choix renforce-t-il la position du mustadill dans la muʿāraḍa (carte 9) ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
2 ʿILAL → 1 ḤUKM
5 positions
Subkī : muḥāl ʿaqlan
2
1 ʿILLA → 2 ḤUKMS
admis
sariqa : qaṭʿ + ghurm
3
ʿAWD ʿALĀ AL-AṢL
3 régimes
ibṭāl ✗ · takhṣīṣ ? · taʿmīm ✓
4
VERROUS
muqaddar · mubham
ni contre naṣṣ ni ijmāʿ