Le rapport seulement probable · Ce qui n'atteint pas le tawātur · Largement répandu, notoire, et le débat sur le nombre minimal
Ouverture du Bloc 2 — le khabar al-wāḥid, la classe la plus vaste et la plus pratique de la transmission : c'est par elle que parvient l'écrasante majorité des ḥadīths. Après le certainement vrai et le certainement faux, voici le troisième type : le rapport dont on n'est certain ni de la véracité ni de la fausseté — le khabar al-wāḥid. al-Subkī précise un point capital : ce n'est pas « ce que ne rapporte qu'un seul », mais tout ce qui n'atteint pas le degré du tawātur, qu'il soit largement répandu ou non. Il se subdivise donc : le mustafīḍ (largement répandu, « ce qui se répand à partir d'une souche ») — aussi nommé mashhūr (notoire) — qui procure une « conjecture engendrée », et ce qui ne l'est pas. al-Zarkashī discute le nombre minimal (deux ? trois ?) et la thèse d'Ibn Fūrak qui rattache le mustafīḍ au mutawātir.
Disponible sur ordinateur
« Quant à celui dont la véracité est [seulement] présumée, c'est le rapport isolé (khabar al-wāḥid), à savoir ce qui n'atteint pas [le degré de] la transmission massive. Il en relève le largement répandu (mustafīḍ), c'est-à-dire ce qui se répand à partir d'une souche (aṣl) ; on l'appelle aussi « notoire » (mashhūr). Son minimum est de deux ; on a dit : trois. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 2 §1 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 67-69
Le mutawātir est rare ; le khabar al-wāḥid est partout. C'est lui qui nourrit l'essentiel du fiqh, des fatwās et de la pratique. Sa caractéristique : il ne procure que la conjecture (ẓann), non la certitude — mais une conjecture suffisante pour agir (ce sera l'objet des cartes 28-29). La première tâche est de le définir et de le graduer. al-Subkī corrige une erreur fréquente : « isolé » ne veut pas dire « rapporté par une seule personne », mais « qui n'atteint pas le seuil du tawātur ». Entre l'unité stricte et le tawātur s'étend une zone intermédiaire — le mustafīḍ / mashhūr — où le rapport circule largement « à partir d'une souche ». La nuance avec « répandu sans souche » est décisive : ce dernier est certainement faux (carte 23).
Après le certainement vrai et le certainement faux, le troisième type est le rapport dont on n'est certain ni de la véracité ni de la fausseté : le khabar al-wāḥid. al-Subkī avertit : on n'entend pas par là « ce que ne rapporte qu'un seul », mais tout rapport qui n'atteint pas le degré du tawātur — qu'il parvienne ou non à la large diffusion (istifāḍa) et à la notoriété (shuhra).
Le khabar al-wāḥid se divise donc :
L'avis retenu définit le mustafīḍ comme « ce qui se répand à partir d'une souche » (al-shāʾiʿ ʿan aṣl). Cette précision « à partir d'une souche » exclut ce qui se répand sans source à laquelle se référer — car celui-là, on l'a vu (carte 23), est tenu pour certainement faux.
al-Subkī fait du khabar trois types (certain-vrai, certain-faux, probable), suivant les uṣūliyyūn. al-ʿAbdarī le conteste dans son commentaire du Mustaṣfā : ce troisième type n'est un troisième que relativement à nous ; en soi, tout rapport est nécessairement vrai ou faux — donc du premier ou du second type. (C'est l'écho du débat de la carte 20 sur l'absence de tiers terme.)
« Un ḥadīth rapporté par cinq Compagnons peut-il être un khabar al-wāḥid ? Et un ḥadīth rapporté par une seule personne peut-il un jour devenir mutawātir ? Quelle définition du "khabar al-wāḥid" rend ces deux réponses cohérentes ? »