Clôture du Kitāb al-Sunna · Les dix degrés, du samāʿ à la wijāda · La controverse sur l'ijāza et les formules de transmission
Carte finale du Kitāb al-Sunna. al-Subkī clôt par les modes de réception du ḥadīth (ṣiyaġ al-riwāya) — comment un transmetteur acquiert le droit de rapporter. al-Zarkashī les ordonne en dix degrés, du plus fort au plus faible : l'audition de la bouche du maître (samāʿ), la lecture faite au maître (qirāʾa / ʿarḍ), l'audition par un tiers, puis la remise avec autorisation (munāwala + ijāza), l'autorisation seule (ijāza, avec ses variantes), l'autorisation à l'inexistant, la remise seule, la notification, le legs, et enfin la trouvaille d'un écrit (wijāda). Suit la grande controverse sur la validité de l'ijāza : « si elle était valide, le voyage d'étude serait vain ». Le livre se ferme sur le rappel que les formules de transmission relèvent du « métier des traditionnistes ».
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« Le fondement [de la transmission] pour le non-Compagnon : la lecture du maître par dictée et enseignement ; puis la lecture [de l'élève] faite au maître ; puis son audition [par un tiers] ; puis la remise avec autorisation, puis l'autorisation, puis la remise [seule], puis la notification, puis le legs, puis la trouvaille. Et les formules de la transmission relèvent du métier des traditionnistes. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, 5ᵉ partie §1-3 (clôture) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 156-163
Après qui transmet (le Compagnon, carte 46), quoi (le mursal, le sens), et comment on formule (carte 50), reste : comment on a reçu le ḥadīth. C'est la dernière condition de la chaîne. al-Zarkashī hiérarchise dix procédés selon leur degré de garantie : du contact direct et vivant avec le maître (le samāʿ, où toute erreur serait corrigée), jusqu'à la simple trouvaille d'un manuscrit (la wijāda, où l'on n'a ni entendu ni reçu autorisation). Entre les deux, l'ijāza — l'autorisation de transmettre sans audition détaillée — cristallise un débat de fond : facilite-t-elle la préservation du savoir, ou ouvre-t-elle la porte au relâchement (« autoriser à transmettre, n'est-ce pas autoriser à mentir » ?). Et le livre se clôt avec sobriété : les formules précises de restitution relèvent du métier des traditionnistes, hors du champ de l'uṣūlī.
La majorité admet la transmission et l'action par ijāza : si l'on sait que l'autorisant a transmis par une voie valide, l'isnād se relie, et l'action devient licite (al-Bājī : accord).
Limite : consensus sur l'interdiction de l'ijāza à l'inexistant de façon absolue (« comme une autorisation d'un inexistant à un inexistant »).
« Les formules de la transmission (alfāẓ al-riwāya) relèvent du métier des traditionnistes » — c'est-à-dire les formules du rapporteur lors de la restitution (adāʾ). al-Zarkashī : la réception selon les voies précédentes relève du métier des muḥaddithūn ; « il n'y a pas lieu de les mentionner ici, de crainte d'embrouiller le commun ».
« Les opposants à l'ijāza arguent que "si elle était valide, le voyage d'étude serait vain". Comment la majorité justifie-t-elle malgré tout sa validité, et quel argument d'Ibn al-Ṣalāḥ la rapproche de la lecture faite au maître ? »