De la plus forte à la plus faible · « Le Prophète ﷺ a dit » … « ils ne tranchaient pas pour une vétille » · L'échelle des formules de transmission
Comment un Compagnon formule ce qu'il rapporte change la force probante de son rapport. al-Subkī dresse une échelle graduée, de l'explicite à l'allusif. Au sommet : « le Prophète ﷺ a dit » (qāla) et « d'après / que » (ʿan / anna) — recevables, car l'apparent est l'audition directe. Puis « il nous a ordonné / interdit » (amaranā / nahā), « il a interdit / autorisé » (ḥarrama / rakhkhaṣa). Puis la formule clé « cela relève de la Sunna » (min al-sunna), comprise comme la Sunna du Prophète ﷺ. Enfin, les formules les plus faibles, marquées du fāʾ de gradation : « nous faisions de son temps », « les gens faisaient », jusqu'à « ils ne tranchaient pas la main pour une vétille » (ʿĀʾisha) — la plus basse.
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« L'avis correct est qu'on se sert du propos du Compagnon "le Prophète ﷺ a dit" ; de même "d'après" et "que", selon le plus correct ; de même "je l'ai entendu ordonner et défendre" et "il nous a ordonné" ; ou "il a interdit" et "il a autorisé", selon le plus apparent ; et la plupart se servent de "cela relève de la Sunna", de "les gens faisaient de son temps ﷺ", puis "nous faisions", puis "ils ne tranchaient pas pour la chose insignifiante". »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 5 §10-16 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 150-155
Cette carte est une échelle de force probante fondée sur la formulation. Le principe directeur est constant : on interprète chaque formule selon ce qu'elle laisse paraître (al-ẓāhir) de la conduite d'un Compagnon — probe et connaisseur de la langue. « Il a dit » suppose l'audition directe ; « il nous a ordonné » (au passif) renvoie nécessairement à celui qui a autorité, le Prophète ﷺ ; « cela relève de la Sunna » s'entend, par défaut, de la Sunna prophétique. Plus on descend, plus la marge d'interprétation s'élargit : « les gens faisaient » pourrait viser une coutume locale ; « nous faisions » sans préciser « de son temps » devient un simple rapport arrêté (mawqūf). Le fāʾ de gradation qu'al-Subkī place devant les dernières formules signale précisément cette descente en autorité — jusqu'au propos de ʿĀʾisha, le plus allusif.
La plupart se servent de « cela relève de la Sunna », l'interprétant comme la Sunna du Messager ﷺ — car c'est ce qui « vient d'emblée à l'esprit » (al-mutabādir) lors de l'emploi absolu (l'Imām, al-Āmidī, les modernes). al-Shāfiʿī (Umm) : « Ibn ʿAbbās et al-Ḍaḥḥāk b. Qays sont deux Compagnons, ils ne disent "la Sunna" que pour la Sunna du Messager ﷺ ».
« Pourquoi « il nous a ordonné » (amaranā) est-il une preuve plus forte que « nous faisions de son temps » ? Et qu'est-ce qui distingue, en force probante, « les gens faisaient du temps du Prophète ﷺ » de « ils ne tranchaient pas pour une vétille » de ʿĀʾisha ? »