بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Tarjīḥ N°5

التَّرْجِيحُ بِالْإِسْنَادِ وَالرِّوَايَةِ

Suite des murajjiḥāt du transmetteur · Degrés de la tazkiya, mémoire et audition, rang du Compagnon · Les critères contestés · Le privilège des Ṣaḥīḥayn

La liste continue — et se fait casuistique. Après les vertus du transmetteur (carte 4), voici les modes de leur établissement : la tazkiya éprouvée par la fréquentation vaut plus que la tazkiya rapportée, « car le khabar est plus faible que la constatation directe » ; la pluralité des muzakkīs départage le ḥadīth de Busra et celui de Ṭalq sur le toucher du membre. Puis la qualité de la saisie : celui qui restitue le lafẓ du Prophète ﷺ (Abū Maḥdhūra et le tarjīʿ de l'adhān), celui qui mentionne la cause de l'énoncé, celui qui s'appuie sur sa mémoire plutôt que sur son cahier — avec le mot de Mālik : « je crains qu'on n'ajoute dans ses livres la nuit » —, celui qui a entendu de vive voix et non derrière un voile (al-Qāsim contre al-Aswad sur l'affranchie Barīra). Puis le rang du Compagnon : les akābir, l'islam tardif (« nous prenions le plus récent », dit Ibn ʿAbbās) — et les critères contestés : la masculinité, que Subkī retient mais que Zarkashī réfute avec al-Kiyā al-Ṭabarī, et la liberté, jugée sans effet. Enfin la proximité du fait — l'acteur de l'affaire en sait plus (Abū Rāfiʿ et Maymūna contre Ibn ʿAbbās) — et le privilège de ce qui figure dans les Ṣaḥīḥayn.

وَيُرَجَّحُ بِكَوْنِهِ مُزَكًّى بِالِاخْتِبَارِ، وَكَثْرَةِ الْمُزَكِّينَ، وَالْمُصَرَّحِ بِتَزْكِيَتِهِ، وَذَاكِرِ السَّبَبِ، وَالْمُعَوِّلِ عَلَى حِفْظِهِ، وَالسَّامِعِ شِفَاهًا، وَكَوْنِهِ مِنْ أَكَابِرِ الصَّحَابَةِ، وَمُتَأَخِّرِ الْإِسْلَامِ، وَمُبَاشِرِ الْوَاقِعَةِ، وَمَا فِي الصَّحِيحَيْنِ.

« On fait [aussi] prévaloir par : la tazkiya acquise par l'épreuve directe ; la pluralité des muzakkīs ; la tazkiya explicite ; la mention de la cause [de l'énoncé] ; l'appui sur sa mémoire ; l'audition de vive voix ; l'appartenance aux grands des Compagnons ; l'islam tardif ; la participation directe au fait ; et ce qui figure dans les deux Ṣaḥīḥs. » (Énumération condensée d'après la suite de la masʾala ; libellé reconstruit.)

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Taʿādul wa-l-tarājīḥ (suite du tarjīḥ bi-ḥāl al-rāwī) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 364-366

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Une liste nourrie de cas réels

Ce qui frappe dans ces pages du Tashnīf, c'est que chaque considération abstraite s'adosse à un dossier concret de la tradition. La pluralité des muzakkīs ? C'est Busra bint Ṣafwān (le toucher du membre rompt le wuḍūʾ) préférée à Ṭalq b. ʿAlī. La mémoire exacte du lafẓ ? C'est Abū Maḥdhūra : « le Messager d'Allāh ﷺ m'a dicté l'adhān, dix-neuf mots » — contre qui rapporte l'adhān sans tarjīʿ en substance. L'audition de vive voix ? C'est al-Qāsim tenant de sa tante ʿĀʾisha, en face à face, que le mari de Barīra était esclave — préféré à al-Aswad qui entendait derrière le voile. Le rang du Compagnon ? C'est ʿĀʾisha sur le jeûne de celui qui s'éveille junub, préférée à Abū Hurayra. L'acteur du fait ? C'est Abū Rāfiʿ — entremetteur du mariage de Maymūna — et Maymūna elle-même (« il m'a épousée étant ḥalāl », rapporté par Muslim) préférés à Ibn ʿAbbās (« étant muḥrim »). La théorie du tarjīḥ est ainsi, page après page, une relecture raisonnée des grandes controverses du fiqh.

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Vocabulaire essentiel

تَزْكِيَة tazkiya
L'attestation de probité d'un transmetteur. Trois degrés selon le Minhāj : par l'épreuve directe (ikhtibār), par le ʿamal de qui transmet de lui, par simple déclaration.
اخْتِبَار وَمُمَارَسَة ikhtibār wa-mumārasa
« Épreuve et fréquentation » : connaître l'homme par soi-même. Prévaut sur la tazkiya rapportée — « le khabar est plus faible que la muʿāyana ».
شِفَاهًا shifāhan
« De vive voix », en face à face — par opposition à l'audition derrière un voile (min warāʾ ḥijāb), où l'identification de la voix garde une part d'incertitude.
أَكَابِرُ الصَّحَابَةِ akābir al-ṣaḥāba
Les « grands » des Compagnons — les chefs, non les plus âgés : leur assiduité auprès du Prophète ﷺ rend leur saisie plus probable.
مُدَلِّس mudallis
Le transmetteur qui masque un défaut de sa chaîne. Le non-mudallis prévaut — pour autant que la riwāya du mudallis soit recevable, sinon il n'y a même pas matière à tarjīḥ.
الصَّحِيحَانِ al-Ṣaḥīḥān
Bukhārī et Muslim. Ce qui y figure prévaut sur ce qui est authentifié ailleurs, fût-ce « sur leur critère » — par la réception unanime de la Umma (talaqqī bi-l-qabūl).
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Les degrés de la tazkiya

Murajjiḥāt 8-11 : comment la probité s'établit
L'épreuve directe vaut plus que le ouï-dire ; plusieurs muzakkīs valent plus qu'un (Busra contre Ṭalq) ; et la hiérarchie du Minhāj : ikhtibār, puis ʿamal, puis le reste.
Murajjiḥāt 8-11 Tazkiya

Quatre considérations en chaîne

  • (8) Tazkiya par ikhtibār : celui dont la probité est connue « par l'épreuve et la fréquentation » prévaut sur celui dont elle n'est connue que par attestation d'autrui — « car le khabar est plus faible que la constatation directe » (al-muʿāyana).
  • (9) Kathrat al-muzakkīn : plus les attestateurs sont nombreux, plus le ẓann se fortifie — « c'est pourquoi nous avons fait prévaloir le ḥadīth de Busra, sur le toucher du membre, sur le ḥadīth de Ṭalq ».
  • (10) Le lignage connu : le transmetteur au nasab connu prévaut sur celui au nasab obscur (le Maḥṣūl) ; al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib préfèrent le nasab illustre — l'homme à la position notoire se garde davantage de ce qui la démentirait. Subkī, lui, refuse ce murajjiḥ-là ; Zarkashī penche pour le premier avis : l'homme sans notoriété peut partager son nom avec un transmetteur faible — l'homonymie est un risque.
  • (11) La tazkiya explicite : celui dont la probité est déclarée en propres termes prévaut sur celui qu'on ne connaît que par un juge ayant statué sur son témoignage ou un savant ayant opéré selon sa riwāya. D'où la hiérarchie posée par Subkī dans son commentaire du Minhāj : « le taʿdīl par ikhtibār, puis par le ʿamal, puis par autre chose » — trois marches.
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Mémoire, lafẓ, cause et vive voix

Murajjiḥāt 12-15 : la qualité de la saisie
Le gardien du lafẓ (Abū Maḥdhūra), celui qui dit la cause, celui qui s'appuie sur sa mémoire — avec la crainte de Mālik et la contre-objection de Zarkashī — et l'auditeur en face à face (Barīra).
Murajjiḥāt 12-15 Ḥifẓ

Quatre considérations sur la transmission

  • (12) Ḥifẓ al-marwī — restituer le lafẓ : qui rapporte la lettre même du Prophète ﷺ prévaut sur qui ne rapporte qu'en substance. Exemple : Abū Maḥdhūra — « le Messager d'Allāh ﷺ m'a dicté (laqqananī) l'adhān : dix-neuf mots » — face à la riwāya d'un adhān sans tarjīʿ rapportée en substance seulement.
  • (13) Dhikr al-sabab : qui mentionne la cause de l'énoncé prévaut sur qui l'omet — « par le surcroît de soin (ihtimām) du narrateur de la cause dans la connaissance de ce ḥukm ».
  • (14) Mémoire contre cahier : qui s'appuie sur son ḥifẓ prévaut sur qui s'appuie sur son kitāb — l'écrit s'expose aux retouches et altérations. Témoin la réponse de Mālik (rapportée par Ashhab) sur le thiqa qui ne mémorise pas : « qu'on ne prenne pas de lui : je crains qu'on n'ajoute dans ses livres la nuit ». Contre-pesée de Zarkashī : « cette éventualité est forte » en sens inverse — si la copie est gardée par-devers lui, de la main d'un ḍābiṭ, l'altération du trait se compense par l'oubli et la confusion qui guettent la mémoire et épargnent l'écrit.
  • (15) Shifāhan contre warāʾ ḥijāb : l'audition en face à face prévaut. Cas d'école : al-Qāsim, neveu de ʿĀʾisha, tenant d'elle de vive voix que le mari de Barīra était esclave quand elle fut affranchie (rapporté par Muslim) — préféré à qui rapporta qu'il était libre, tel al-Aswad, qui entendait derrière le voile.
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Le rang du Compagnon — akābir, islam tardif, majorité

Murajjiḥāt 16, 19-20
Les grands des Compagnons (ʿĀʾisha contre Abū Hurayra), l'islam ou la compagnie tardifs (« al-aḥdath fa-l-aḥdath »), et la transmission après la puberté.
Murajjiḥāt 16+ Ṣaḥāba

Trois considérations sur la personne du Compagnon

  • (16) Akābir al-ṣaḥāba : l'appartenance aux grands des Compagnons — « les chefs, non les aînés par l'âge » — prévaut, par leur proximité habituelle de l'assemblée du Prophète ﷺ (Aḥmad, en dissidence, refuse ce murajjiḥ). Voisin : la longueur de la compagnie — c'est pourquoi on a préféré le khabar de ʿĀʾisha validant le jeûne de qui s'éveille junub, à la riwāya d'Abū Hurayra le déclarant sans jeûne. Et si l'on préfère par le rang, « il convient que la riwāya des Califes bien-guidés prévale sur les autres » — ʿAlī faisait prêter serment aux transmetteurs, mais acceptait la riwāya d'al-Ṣiddīq sans serment.
  • (19) L'islam tardif : le converti tardif « retient le dernier état des deux » (ākhir al-amrayn) — de même la compagnie tardive : on a préféré le khabar d'Abū Hurayra du taslīm « après deux » et discuté le ḥadīth d'Ibn Masʿūd sur la parole en prière, et préféré le tashahhud d'Ibn ʿAbbās. Ibn ʿAbbās : « نَأْخُذُ بِالْأَحْدَثِ فَالْأَحْدَثِ » — « nous prenions le plus récent, puis le plus récent ». Les Ḥanafites objectent : la compagnie de l'ancien a duré jusqu'à la mort du Prophète ﷺ ; réponse d'Ibn al-Samʿānī : l'audition du tardif est certainement tardive, celle de l'ancien seulement peut-être — al-Āmidī, Ibn al-Ḥājib et al-Hindī ont d'abord préféré l'ancienneté, mais al-Hindī finit par revenir au jumhūr.
  • (20) La transmission du mukallaf : qui n'a transmis qu'après la puberté prévaut sur qui transmit enfant, ou partie enfant partie adulte (le ḥadīth litigieux est peut-être de l'enfance) ; de même qui n'a transmis qu'en islam prévaut sur qui transmit [aussi] en état de kufr.
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Les critères contestés — masculinité et liberté

Murajjiḥāt 17-18 : Subkī contre Zarkashī
Subkī fait prévaloir la riwāya de l'homme ; Zarkashī la juge faible avec al-Ustādh, Ibn al-Samʿānī et le consensus rapporté par al-Kiyā al-Ṭabarī. La liberté : sans effet sur le ẓann.
Murajjiḥāt 17-18 Khilāf

La masculinité (al-dhukūra)

  • La position de Subkī : la riwāya de l'homme prévaut sur celle de la femme, « car le ḍabṭ joint à la masculinité est plus ferme ».
  • La réfutation de Zarkashī : « c'est faible ; le juste est ce qu'a dit al-Ustādh [Abū Isḥāq al-Isfarāyīnī] : on ne préfère pas par elle » — et Ibn al-Samʿānī (Qawāṭiʿ) y voit l'apparent du madhhab.
  • L'argument décisif d'al-Kiyā al-Ṭabarī (qui rapporte l'accord des anciens) : qu'il existe une inégalité générique entre hommes et femmes en mémoire, soit ; mais le murajjiḥ doit se rapporter au cas singulier dont on argue — or l'écart générique « ne redescend pas aux individus du genre » : telle femme peut être plus ḍābiṭa que tel homme. Aucun des anciens, malgré leur inventaire exhaustif des murajjiḥāt, n'a compté la masculinité. Le genre n'est pris en compte que là où le Législateur l'a institué lui-même — comme dans le témoignage : « cela, tranché, sans doute possible. »
  • Un troisième avis (tafṣīl) : dans les aḥkām des femmes, leur riwāya prévaut — « leur souci de le retenir est plus grand » ; ailleurs, celle des hommes (rapporté par al-Ustādh).

La liberté (al-ḥurriyya)

Même verdict : « faible comme le précédent ». Ibn al-Samʿānī : « la liberté n'a aucun effet sur la force du ẓann » — l'esclave pieux et exact transmet aussi bien que l'homme libre. L'item n'est maintenu dans les listes que par fidélité aux sources antérieures, assorti du « ḍaʿīf ».

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La proximité du fait — et le privilège des Ṣaḥīḥayn

Murajjiḥāt 21-27 : la fin de la liste
Non-mudallis, nom unique, acteur et sujet de l'affaire (Maymūna), transmission au lafẓ, riwāya non reniée par le shaykh — et, couronnement : ce qui figure chez Bukhārī et Muslim.
Murajjiḥāt 21-27 Ṣaḥīḥayn

Les dernières considérations

  • (21) Le non-mudallis prévaut sur le mudallis — pour autant que la riwāya de celui-ci soit recevable ; sinon il n'y a pas même tarjīḥ (le tarjīḥ suppose deux preuves recevables).
  • (22) Le nom unique : qui n'est connu que sous un seul nom prévaut sur qui en porte deux — l'un des deux pourrait être celui d'un homme décrié (l'homonymie encore).
  • (23-24) L'acteur et le sujet de l'affaire : le mubāshir — celui qui a conduit l'affaire — en sait plus que tout autre : al-Shāfiʿī préfère la riwāya d'Abū Rāfiʿ (« le Prophète ﷺ épousa Maymūna étant ḥalāl ») à celle d'Ibn ʿAbbās (« étant muḥrim ») ; et Maymūna elle-même — partie à l'affaire — rapporte : « il m'épousa étant ḥalāl » (rapporté par Muslim).
  • (25) La transmission au lafẓ prévaut sur la transmission au sens — et même sur la riwāya incertaine entre lafẓ et maʿnā.
  • (26) La riwāya non reniée par le shaykh : si le maître (l'aṣl) ne renie pas ce que le disciple (le farʿ) tient de lui, elle prévaut sur celle qu'il renie avec insistance — tel Abū Maʿbad reniant ce qu'ʿAmr b. Dīnār rapportait de lui (le takbīr à la fin de la prière, ḥadīth d'Ibn ʿAbbās). S'il ne s'obstine pas et impute son doute à l'oubli, pas de marjūḥiyya — tel Suhayl et le ḥadīth du jugement par serment avec témoin unique.
  • (27) Les Ṣaḥīḥayn : ce qui figure chez Bukhārī et Muslim prévaut sur ce qui est authentifié ailleurs, fût-ce sur leur critère — « car leur notoriété, par la réception que la Umma leur a faite (talaqqī al-umma lahumā bi-l-qabūl), leur donne ce que nul autre n'a » ; au point qu'al-Ustādh et d'autres disent : tout ce qu'ils contiennent est certain.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Les degrés de la tazkiya et le cas Busra/Ṭalq : la pesée des attestations en acte.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf

ثَامِنُهَا : كَوْنُهُ مُزَكًّى بِالِاخْتِبَارِ وَالْمُمَارَسَةِ، فَيُقَدَّمُ عَلَى مَنْ عُرِفَتْ عَدَالَتُهُ بِالتَّزْكِيَةِ، لِأَنَّ الْخَبَرَ أَضْعَفُ مِنَ الْمُعَايَنَةِ. تَاسِعُهَا : كَثْرَةُ الْمُزَكِّينَ لِلرَّاوِي، وَلِهَذَا قَدَّمْنَا حَدِيثَ بُسْرَةَ فِي مَسِّ الذَّكَرِ عَلَى حَدِيثِ طَلْقٍ.

Traduction : « Huitième [considération] : qu'il soit attesté probe par l'épreuve et la fréquentation — il est alors préféré à celui dont la probité n'est connue que par tazkiya, car le khabar est plus faible que la constatation directe. Neuvième : la pluralité de ceux qui attestent la probité du transmetteur — c'est pourquoi nous avons fait prévaloir le ḥadīth de Busra, sur le toucher du membre, sur le ḥadīth de Ṭalq. »

Ce que révèle ce passage

  • Une hiérarchie de l'attestation : voir vaut plus qu'entendre dire — principe qui commande aussi le murajjiḥ de l'audition shifāhan et celui de la mubāshara : toute la fin de la liste décline la même règle, la proximité de la source fortifie le ẓann.
  • Le dossier Busra/Ṭalq : derrière l'exemple, une controverse de fiqh toujours vivante — le toucher du membre rompt-il les ablutions ? Busra (oui) l'emporte chez les Shāfiʿītes notamment parce que ses attestateurs sont plus nombreux : le murajjiḥ tranche un ḥukm pratiqué cinq fois par jour.
  • La marque de Subkī et les arbitrages de Zarkashī : sur le nasab, la masculinité, la mémoire contre l'écrit, Zarkashī n'hésite pas à dire « huwa ḍaʿīf » des choix mêmes du muṣannif, preuves à l'appui — le Tashnīf n'est pas une paraphrase, c'est un tribunal des murajjiḥāt.
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À retenir

5 principes essentiels
La fin du premier axe — avant le tarjīḥ par le matn (carte 6).
  • Tazkiya : trois marches — ikhtibār, puis ʿamal, puis déclaration ; et la pluralité des muzakkīs fait prévaloir (Busra sur Ṭalq)
  • Saisie : le lafẓ gardé (Abū Maḥdhūra), la cause mentionnée, la mémoire sur le cahier (mot de Mālik — nuancé par Zarkashī), l'audition de vive voix (Barīra)
  • Rang du Compagnon : les akābir (ʿĀʾisha sur Abū Hurayra) et l'islam tardif — « nous prenions le plus récent, puis le plus récent » (Ibn ʿAbbās)
  • Critères réfutés : masculinité (l'écart générique ne redescend pas aux individus — al-Kiyā al-Ṭabarī) et liberté (sans effet sur le ẓann)
  • Proximité et réception : l'acteur du fait en sait plus (Abū Rāfiʿ, Maymūna) ; et ce qui est dans les Ṣaḥīḥayn prévaut, par le talaqqī bi-l-qabūl de la Umma
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise — clôture du premier axe.

Question

« Subkī compte la masculinité parmi les murajjiḥāt ; Zarkashī la rejette. Reconstituez l'argument d'al-Kiyā al-Ṭabarī : pourquoi un avantage générique (le genre masculin retiendrait mieux) ne peut-il pas servir de murajjiḥ entre deux riwāyas singulières — et pourquoi le témoignage (shahāda) échappe-t-il à cette objection ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
TAZKIYA
ikhtibār > ʿamal > reste
2
SAISIE
lafẓ · sabab · ḥifẓ · shifāhan
3
COMPAGNON
akābir · islam tardif
4
PROXIMITÉ
mubāshir · Ṣaḥīḥayn