بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Fiche O.1 — Règles des atteintes à la personne

أَحْكَامُ الجِنَايَات

Le système de protection de la vie humaine en islâm : qiṣâṣ, diyya, accident, et la primauté du pardon.

Objectif de la fiche

À la fin de cette fiche, tu connaîtras les 3 types d'atteinte à la personne (volontaire, semi-volontaire, accidentelle), le principe du qiṣâṣ (talion mesuré) avec sa préférence pour le pardon, la diyya (compensation), et l'esprit général : protection de la vie ('ifẓ an-nafs) — l'une des 5 maqâṣid.

قَالَ تَعَالَى: ﴿وَلَكُمْ فِي القِصَاصِ حَيَاةٌ يَا أُولِي الأَلْبَاب﴾

« Dans le qiṣâṣ il y a, pour vous, une vie — ô vous, doués d'intelligence ! »

Source : Coran, sourate al-Baqara (2), verset 179 — paradoxe lumineux : c'est précisément la rigueur de la justice qui protège la vie de tous.

⚖️

Justice et miséricorde

Quand quelqu'un attente à la vie ou à l'intégrité d'un autre, l'islâm articule une réponse à la fois juste (équivalence de la peine) et miséricordieuse (préférence forte pour le pardon ou la compensation). Le verset coranique « dans le qiṣâṣ, il y a une vie » dit l'idée : c'est la perspective d'une réponse certaine qui dissuade les violences ; mais l'islâm valorise au plus haut le pardon (« pardonner est plus proche de la piété » — al-Baqara 237). Le système traditionnel n'est pas applicable individuellement en France — c'est la justice étatique. Mais l'esprit reste vivant : protéger la vie, exiger la justice, encourager le pardon.

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Vocabulaire essentiel

جِنَايَةjinâya
Atteinte à la personne (vie ou intégrité).
قِصَاصqiṣâṣ
Talion : punition équivalente, appliquée par l'autorité.
دِيَةdiyya
Compensation financière (« prix du sang »).
أَرْشarsh
Compensation pour blessure non mortelle.
عَاقِلَة'âqila
Solidarité familiale qui paie la diyya en cas d'homicide accidentel.
Étape 1

Ce que tu dois savoir

Trois blocs : 3 types d'atteinte, qiṣâṣ et diyya, contexte contemporain.

1

Les 3 types d'atteinte

'Amd · shibh 'amd · khaṭa'
L'intention détermine le type de réponse.
  • Volontaire ('amd) : intention de tuer ou blesser, avec un instrument généralement mortel. → Qiṣâṣ ou pardon avec diyya alourdie.
  • Semi-volontaire (shibh 'amd) : intention de frapper, sans intention de tuer, avec un instrument non mortel. Décès survient. → Diyya alourdie + kaffâra (libération nuque ou jeûne 2 mois).
  • Accidentel (khaṭa') : sans intention (chasse qui touche un humain par méprise, accident de circulation…). → Diyya allégée + kaffâra. Solidarité familiale ('âqila) participe au paiement.
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Qiṣâṣ et diyya — la primauté du pardon

3 options pour la famille de la victime
Demander le talion, accepter la diyya, ou pardonner totalement.
  • En cas de meurtre volontaire, la famille de la victime a le choix entre :
    1. Qiṣâṣ (peine équivalente) — appliqué par l'autorité, jamais par la famille.
    2. Diyya (compensation financière) — souvent négociée à un montant supérieur en cas de meurtre volontaire.
    3. Pardon total — option fortement valorisée par le Coran : « celui qui pardonne et réconcilie, sa récompense incombe à Allah » (ash-Shûrâ 40).
  • Diyya classique : 100 chameaux (ou équivalent). Pour les blessures : tarif gradué (arsh) selon l'organe touché.
  • Compensation contemporaine : montants fixés par les autorités selon l'économie locale (souvent indexés sur les prix de la viande, ou sur des estimations actuarielles).
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Application contemporaine et contexte français

Justice étatique, esprit du fiqh
Le qiṣâṣ ne s'applique pas à titre privé ; en France, c'est la justice civile/pénale.
  • Pas de justice privée en islâm : le qiṣâṣ et la diyya sont des actes de l'autorité publique, pas du citoyen.
  • En France : les jinâyât (homicide, blessures) relèvent du Code pénal et du Code civil. Le musulman qui y vit suit la justice de son pays.
  • L'esprit du fiqh reste vivant :
    • Exiger la justice quand un proche est victime, par devoir envers la victime et la communauté.
    • Privilégier le pardon quand c'est possible : « pardonner est plus proche de la piété » (al-Baqara 237).

📌 Règles à retenir

🧠 Mini quiz

Cite les 3 options de la famille de la victime en cas de meurtre volontaire.

Voir la réponse
Qiṣâṣ (talion par l'autorité), diyya (compensation), ou pardon total — fortement valorisé par le Coran.

Le qiṣâṣ peut-il être exécuté à titre privé ?

Voir la réponse
Non. C'est un acte de l'autorité publique. Pas de justice privée en islâm.

Qu'est-ce que la diyya ?

Voir la réponse
La compensation financière (« prix du sang ») versée à la famille de la victime — alourdie en cas de volontaire/semi-volontaire, allégée pour l'accidentel.