Rapporté par ʿĀʾisha (رضي الله عنها) · Muttafaq ʿalayh · Bukhārī n°2645 · Muslim n°1444
Ce hadith pose un principe juridique majeur : l'allaitement (raḍāʿa) crée une parenté quasi biologique. La femme qui allaite un enfant devient sa « mère d'allaitement », et tous les proches de cette femme deviennent interdits en mariage pour l'enfant, comme s'ils étaient de son sang.
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D'après ʿĀʾisha (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a dit : « Ce qui est rendu illicite (en mariage) par la filiation, l'est aussi par l'allaitement. »
Source : Bukhārī n°2645 · Muslim n°1444
ʿĀʾisha bint Abī Bakr (qu'Allah l'agrée), mère des croyants, épouse du Prophète ﷺ. Elle rapporte plus de 2200 hadiths et est considérée comme l'une des plus grandes juristes parmi les Compagnons.
Le Coran établit par la filiation du sang des interdits matrimoniaux : mère, fille, sœur, tante paternelle, tante maternelle, nièce (Nisāʾ 23). Ce hadith étend tous ces interdits à la parenté par l'allaitement. Ainsi : la mère qui a allaité = mère d'allaitement (interdite), les autres enfants allaités par la même femme = frères/sœurs de lait (interdits).
Les savants divergent sur les conditions précises : (1) âge de l'enfant — la majorité exige moins de 2 ans (Ḥawlayn kāmilayn, Baqara 233), (2) nombre de tétées — pour certains une seule suffit, pour d'autres il faut 5 tétées rassasiantes (école chafiite et hanbalite, basé sur un ḥadīth de ʿĀʾisha dans Muslim), (3) caractère — les tétées doivent être séparées et rassasiantes.
Ce hadith montre que l'Islam conçoit la famille largement : les liens spirituels (allaitement) sont aussi forts que les liens biologiques. La mère d'allaitement mérite le même respect que la mère biologique. Dans la société du Prophète ﷺ, cela stabilisait les alliances et protégeait les enfants des mariages entre « frères de lait » inconnus.