بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Ijtihād N°2

تَجَزُّؤُ الِاجْتِهَادِ وَاجْتِهَادُ النَّبِيِّ ﷺ

L'ijtihād peut-il être partiel ? · Le Prophète ﷺ faisait-il ijtihād ? · Les Compagnons pouvaient-ils en faire de son vivant ?

Trois masāʾil en cascade. D'abord le tajazzuʾ : peut-on être mujtahid dans certaines questions ou disciplines sans l'être dans toutes ? Subkī tranche : « al-ṣaḥīḥ » est que oui — sinon, tout mujtahid connaîtrait tous les aḥkām et leurs fondements ; or Mālik, interrogé sur quarante questions, répondit à trente-six : « je ne sais pas ». Ensuite, la question la plus haute : le Prophète ﷺ lui-même pouvait-il pratiquer l'ijtihād dans ce qui n'a pas fait l'objet de waḥy — et l'a-t-il fait ? Le jumhūr admet la possibilité, et Subkī ajoute deux verrous : un tel ijtihād a eu lieu, et il ne se trompe jamais — formule plus exacte, souligne Zarkashī, que le « il n'est pas maintenu sur l'erreur » d'Ibn al-Ḥājib. Enfin : les Compagnons pouvaient-ils faire ijtihād de son vivant, alors que la source du waḥy coulait encore ? Cinq positions sur la licéité — avec le cas d'école des juges envoyés au loin, ʿAlī et Muʿādh au Yémen — et quatre sur l'occurrence effective.

وَالصَّحِيحُ جَوَازُ تَجَزُّؤِ الِاجْتِهَادِ، وَجَوَازُ الِاجْتِهَادِ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَوُقُوعُهُ، وَثَالِثُهَا: فِي الْآرَاءِ وَالْحُرُوبِ فَقَطْ. وَالصَّوَابُ أَنَّ اجْتِهَادَهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ لَا يُخْطِئُ، وَأَنَّ الِاجْتِهَادَ جَائِزٌ فِي عَصْرِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَثَالِثُهَا: بِإِذْنِهِ صَرِيحًا، وَرَابِعُهَا: لِلْبَعِيدِ، وَخَامِسُهَا: لِلْوُلَاةِ، وَأَنَّهُ وَقَعَ، وَثَالِثُهَا: لَمْ يَقَعْ لِلْحَاضِرِ، وَرَابِعُهَا: الْوَقْفُ.

« L'avis correct est : la licéité du fractionnement de l'ijtihād ; la licéité de l'ijtihād pour le Prophète ﷺ et son occurrence effective — troisième avis : seulement dans les opinions et les guerres. Et le juste est que son ijtihād — sur lui la prière et la paix — ne se trompe pas ; que l'ijtihād était licite à son époque ﷺ — troisième avis : avec sa permission explicite ; quatrième : pour celui qui est au loin ; cinquième : pour les gouverneurs — et qu'il a effectivement eu lieu — troisième avis : il n'a pas eu lieu pour celui qui était présent ; quatrième : suspension du jugement. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Ijtihād (tajazzuʾ al-ijtihād ; ijtihād al-Nabī ﷺ wa-l-ṣaḥāba) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 379-380

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Pourquoi ces questions comptent

Le tajazzuʾ n'est pas une subtilité d'école : c'est lui qui rend l'ijtihād praticable après la disparition du mujtahid muṭlaq — un savant peut être mujtahid dans les questions d'héritage sans l'être en rituel. Quant à l'ijtihād du Prophète ﷺ et des Compagnons de son vivant, al-Rāzī jugeait le débat « de peu de fruit » (qalīl al-fāʾida) pour le fiqh ; le Shaykh Ṣadr al-Dīn b. al-Wakīl lui répond par un cas bien concret : celui qui doute de la pureté de deux récipients alors qu'il dispose d'une eau certainement pure — peut-il faire ijtihād entre les deux ? L'avis le plus correct (oui) s'appuie précisément sur la position de ceux qui admettent l'ijtihād du vivant du Prophète ﷺ : si l'ijtihād était licite alors que le naṣṣ était accessible par la révélation, il l'est a fortiori quand un substitut certain existe. « La simple possibilité du naṣṣ ne contredit pas l'ijtihād ; seul le naṣṣ lui-même le contredit. »

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Vocabulaire essentiel

تَجَزُّؤُ الِاجْتِهَادِ tajazzuʾ al-ijtihād
Le « fractionnement » de l'ijtihād : être mujtahid dans certaines masāʾil ou disciplines (fann) sans l'être dans toutes.
مُتَعَبَّدٌ بِهِ mutaʿabbad bihi
« Assujetti à lui [par Dieu] » : la question d'Abū ʿAlī et Abū Hāshim al-Jubbāʾī — le Prophète ﷺ n'aurait pas reçu l'ordre de pratiquer l'ijtihād.
لَا يُخْطِئُ lā yukhṭiʾ
« Il ne se trompe pas » : l'ijtihād prophétique est préservé de l'erreur dès l'origine — formule plus forte que « il n'est pas maintenu sur l'erreur » (lā yuqarru ʿalā khaṭaʾ).
الْغَائِب / الْبَعِيد al-ghāʾib / al-baʿīd
L'absent, l'éloigné : celui qui, loin du Prophète ﷺ, ne peut l'interroger sans que l'intérêt du cas soit perdu — d'où la licéité de son ijtihād, presque consensuelle.
الْوَقْف al-waqf
La suspension du jugement — position d'al-Bayḍāwī sur l'occurrence effective de l'ijtihād des Compagnons de son vivant.
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Tajazzuʾ al-ijtihād — l'ijtihād partiel est valide

Al-ṣaḥīḥ : jawāz
On peut détenir le rang d'ijtihād dans certaines questions et pas d'autres, dans une discipline et pas une autre. Preuve par Mālik : trente-six « lā adrī ».
Tajazzuʾ Mālik

La thèse et ses conséquences pratiques

Un homme peut atteindre le rang de l'ijtihād « dans certaines masāʾil et non d'autres, dans une discipline (fann) et non une autre ». Conséquence opératoire : là où un tarjīḥ lui apparaît, il suit son propre avis ; là où rien ne lui apparaît, il fait taqlīd.

  • Argument principal : si l'ijtihād ne se fractionnait pas, le mujtahid connaîtrait tous les aḥkām et leurs fondements (madārik) — ce que dément l'histoire des plus grands.
  • Le témoin : Mālik, interrogé sur quarante questions, répondit pour trente-six d'entre elles : « lā adrī » — je ne sais pas. Son rang de mujtahid n'en fut pas entamé.
  • L'objection adverse : « les questions sont interdépendantes » (li-taʿalluq al-baʿḍ bi-l-baʿḍ) — on ne peut maîtriser un chapitre isolément. Subkī la rejette d'un mot : « wa-huwa mamnūʿ » — cette interdépendance universelle n'est pas concédée.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
L'argument du tajazzuʾ par l'exemple de Mālik, et le hadith d'Umm Salama sur le jugement prophétique « selon mon raʾy ».
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — l'argument du fractionnement

أَيْ يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ: لِرَجُلٍ مَنْصِبُ الِاجْتِهَادِ فِي بَعْضِ الْمَسَائِلِ دُونَ بَعْضٍ، وَفِي فَنٍّ دُونَ فَنٍّ، فَإِذَا ظَهَرَ لَهُ تَرْجِيحٌ فِي شَيْءٍ قَالَ بِهِ، وَإِذَا لَمْ يَظْهَرْ لَهُ قَلَّدَ ؛ لِأَنَّهُ لَوْ لَمْ يَتَجَزَّأْ لَعَلِمَ الْمُجْتَهِدُ جَمِيعَ الْأَحْكَامِ وَمَدَارِكَهَا، وَقَدْ سُئِلَ مَالِكٌ عَنْ أَرْبَعِينَ مَسْأَلَةً فَقَالَ فِي سِتٍّ وَثَلَاثِينَ: لَا أَدْرِي.

Traduction : « C'est-à-dire : il est admissible de dire qu'un homme détient le rang de l'ijtihād dans certaines questions et non dans d'autres, dans une discipline et non dans une autre ; quand un tarjīḥ lui apparaît sur un point, il le professe, et quand rien ne lui apparaît, il fait taqlīd. Car si l'ijtihād ne se fractionnait pas, le mujtahid connaîtrait la totalité des aḥkām et de leurs fondements — or Mālik fut interrogé sur quarante questions et répondit pour trente-six : "je ne sais pas". »

Le hadith d'Umm Salama — l'ijtihād prophétique dans les jugements

إِنَّمَا أَقْضِي بَيْنَكُمْ بِرَأْيِي فِيمَا لَمْ يُنْزَلْ عَلَيَّ فِيهِ

Traduction : « Je ne juge entre vous, par mon avis (raʾy), que dans ce au sujet de quoi rien ne m'a été révélé » — rapporté par Abū Dāwūd d'après Umm Salama : deux hommes vinrent trouver le Messager d'Allah ﷺ, se disputant des héritages anciens dont les preuves avaient disparu. Al-Qarāfī s'appuie sur ce hadith pour soutenir que le débat ne concerne que les fatwās : pour les jugements judiciaires (aqḍiya), l'ijtihād prophétique est admis « sans contestation ».

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L'ijtihād du Prophète ﷺ — licéité et occurrence

Le jumhūr : jāʾiz, et il a eu lieu
Licite pour le jumhūr (al-Wāḥidī l'attribue à al-Shāfiʿī et à tous les prophètes) ; occurrence affirmée par al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib ; les Jubbāʾī en dissidence.
Jawāz Wuqūʿ

La carte des positions

  • Licéité — le jumhūr : l'ijtihād était permis au Prophète ﷺ dans ce qui n'a pas de naṣṣ. Al-Wāḥidī (dans al-Basīṭ) l'attribue à al-Shāfiʿī et l'étend à l'ensemble des prophètes — sur eux la prière et la paix.
  • Abū ʿAlī al-Jubbāʾī et son fils Abū Hāshim : il n'y était pas assujetti (lam yakun mutaʿabbadan bihi) — position muʿtazilite.
  • Une frange marginale : impossibilité rationnelle (imtināʿ ʿaqlan) — rapportée par al-Qāḍī, comme dans le Talkhīṣ d'Imām al-Ḥaramayn.
  • Position intermédiaire (le « troisième avis » du matn) : licite seulement dans les affaires de guerre et les opinions d'organisation (al-ārāʾ wa-l-ḥurūb), non dans les aḥkām sharʿiyya.
  • Occurrence : parmi ceux qui admettent la licéité, certains affirment qu'il a eu lieu — choix d'al-Āmidī et d'Ibn al-Ḥājib ; d'autres le nient ; et « la majorité des vérificateurs » (jumhūr al-muḥaqqiqīn) suspendent le jugement.

L'argument des opposants et sa réfutation

Objection : l'ijtihād n'est légitime qu'à défaut de naṣṣ ; or les prophètes ne manquent jamais de naṣṣ, puisqu'ils peuvent solliciter la révélation (istiṭlāʿ al-waḥy).

Réponse : quand la révélation ne leur vient pas sur un cas, ils sont — pour la recherche du sens des textes — comme les autres mujtahids… à une différence près : « ils se distinguent des autres par la ʿiṣma, l'immunité contre l'erreur ». Cette réserve prépare la masʾala suivante.

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« Son ijtihād ne se trompe pas » — contre Ibn al-Ḥājib

Lā yukhṭiʾ, et non lā yuqarru ʿalā khaṭaʾ
Subkī, suivant al-Bayḍāwī : l'erreur est exclue dès l'origine. La formule « il n'est pas maintenu sur l'erreur » entraînerait une absurdité que Zarkashī dénonce vigoureusement.
ʿIṣma Polémique

Deux formules, deux théologies

  • Formule de Subkī et al-Bayḍāwī : « al-ṣawāb anna ijtihādahu ʿalayhi al-ṣalātu wa-l-salām lā yukhṭiʾ » — son ijtihād ne se trompe pas, point. L'erreur n'advient jamais (ʿadam wuqūʿ al-khaṭaʾ fīhi al-battata).
  • Formule d'Ibn al-Ḥājib : « lā yuqarru ʿalā khaṭaʾ » — il ne serait pas maintenu sur une erreur : l'erreur pourrait survenir, mais le waḥy la corrigerait aussitôt.
  • La réfutation de Zarkashī : admettre une erreur — fût-elle corrigée — contredit le rang de la prophétie et conduit à une absurdité « délirante » (hadhayān) : durant l'intervalle de l'erreur, tel mujtahid ordinaire qui tombe juste serait plus parfait que le Muṣṭafā ﷺ — « qu'Allah nous en préserve ! » (maʿādha Allāh).
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L'ijtihād des Compagnons de son vivant — la licéité

Cinq positions
Licite absolument (les plus nombreux) ; interdit ; licite avec permission ; licite pour l'éloigné ; licite pour les juges et gouverneurs — ʿAlī et Muʿādh au Yémen.
Jawāz 5 madhāhib

Les cinq madhāhib

  • (1) Licite absolument — le choix des plus nombreux (al-akthārūn) : la simple possibilité du naṣṣ ne contredit pas l'ijtihād ; seul le naṣṣ effectif le contredit.
  • (2) Interdit absolument : et l'interdiction est ici plus plausible que pour l'ijtihād du Prophète ﷺ lui-même — car consulter le Prophète ﷺ est plus aisé pour le Compagnon que, pour le Prophète ﷺ, attendre un waḥy qui peut tarder.
  • (3) Licite avec sa permission (idhn) : explicite selon les uns ; d'autres assimilent à la permission son silence alors qu'il en a connaissance (taqrīr).
  • (4) Licite pour l'éloigné (al-ghāʾib / al-baʿīd) : s'il devait différer le cas jusqu'à la rencontre du Prophète ﷺ, l'intérêt en serait perdu. Al-Ustādh Abū Manṣūr rapporte même l'ijmāʿ sur le cas de l'absent.
  • (5) Licite pour les juges et gouverneurs éloignés (al-quḍāt wa-l-wulāt) : comme ʿAlī et Muʿādh lorsqu'il les envoya au Yémen — mais pas pour les présents. Ainsi rapporté par al-Ghazālī et al-Āmidī.
5

L'occurrence effective — quatre positions et le poids des faits

Wa-annahu waqaʿa
Il a eu lieu (Ibn al-Ḥājib) ; il n'a pas eu lieu ; pas pour le présent ; waqf (al-Bayḍāwī). Les approbations de ʿUmar témoignent pour l'occurrence.
Wuqūʿ Tarjīḥ

Les quatre madhāhib sur le wuqūʿ

  • (1) Il a eu lieu — de la part des mujtahids parmi les Compagnons, en sa présence comme en son absence, à titre de forte présomption (ẓannan). Ibn al-Ḥājib : « c'est l'avis choisi ». Personne, note-t-on, n'a soutenu une occurrence certaine — encore qu'al-Hindī réponde : ces récits sont des āḥād, certes, mais la Umma les a reçus avec acceptation (talaqqathā al-umma bi-l-qabūl), ce qui peut leur conférer la certitude.
  • (2) Il n'a pas eu lieu.
  • (3) Il n'a pas eu lieu pour le présent — seul l'éloigné a réellement pratiqué.
  • (4) Le waqf — choix d'al-Bayḍāwī, qui l'attribue aux plus nombreux ; variante : waqf pour les présents, occurrence apparente pour les absents, sans certitude.
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À retenir

5 principes essentiels
Les positions retenues par Subkī sur les trois masāʾil de la carte.
  • Le tajazzuʾ est valide : mujtahid dans une discipline, muqallid dans une autre — preuve par les trente-six « lā adrī » de Mālik
  • L'ijtihād du Prophète ﷺ est licite (jumhūr) et a eu lieu — le hadith d'Umm Salama : « je juge par mon raʾy dans ce qui ne m'a pas été révélé »
  • Son ijtihād ne se trompe pas (lā yukhṭiʾ) — formule de Subkī et al-Bayḍāwī, supérieure au « lā yuqarru ʿalā khaṭaʾ » d'Ibn al-Ḥājib
  • L'ijtihād des Compagnons de son vivant : licite absolument selon l'avis retenu — cinq madhāhib, dont la licéité pour les juges éloignés comme ʿAlī et Muʿādh au Yémen
  • Sur l'occurrence : quatre positions ; les muwāfaqāt ʿUmar plaident pour l'occurrence même chez les présents
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise de la masʾala.

Question

« Pourquoi l'interdiction de l'ijtihād est-elle, selon Zarkashī, plus plausible pour les Compagnons du vivant du Prophète ﷺ que pour le Prophète ﷺ lui-même — et pourquoi, malgré cela, l'avis retenu admet-il l'ijtihād des deux ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
TAJAZZUʾ
jāʾiz
Mālik : 36 × « lā adrī »
2
NABĪ ﷺ
jāʾiz + waqaʿa
hadith d'Umm Salama
3
ʿIṢMA
lā yukhṭiʾ
contre Ibn al-Ḥājib
4
ṢAḤĀBA
5 + 4 madhāhib
ʿAlī & Muʿādh au Yémen