بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Ijtihād N°3

التَّصْوِيبُ وَالتَّخْطِئَةُ

Tout mujtahid a-t-il raison ? · « Le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid » ? · ʿAqliyyāt, ẓanniyyāt, qaṭʿiyyāt — et le hadith des deux récompenses

La masʾala la plus célèbre du Kitāb al-Ijtihād — et l'une des plus profondes de tout l'uṣūl. Quand deux mujtahids aboutissent à des conclusions opposées, ont-ils tous deux raison (taṣwīb), ou l'un d'eux se trompe-t-il (takhṭiʾa) ? Subkī déroule la réponse par paliers. Dans les ʿaqliyyāt (questions rationnelles : création du monde, fondements de la foi), le muṣīb est un seul, et qui manque le vrai pèche — n'en déplaise à al-Jāḥiẓ et al-ʿAnbarī. Dans les ẓanniyyāt (questions sans dalīl qaṭʿī), deux grandes écoles : les muṣawwiba — al-Ashʿarī et al-Bāqillānī en tête — pour qui « le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid », flanqués d'Abū Yūsuf, de Muḥammad b. al-Ḥasan et d'Ibn Surayj avec la théorie de l'ashbah ; et le jumhūr — al-ṣaḥīḥ — pour qui le muṣīb est un seul : le ḥukm préexiste, une amāra le signale, le mujtahid est tenu de l'atteindre, et celui qui le manque ne pèche pas — il est même récompensé, d'une récompense simple contre deux pour celui qui touche juste. Dans les qaṭʿiyyāt, enfin, le muṣīb est un seul par accord unanime.

مَسْأَلَةٌ: الْمُصِيبُ فِي الْعَقْلِيَّاتِ وَاحِدٌ، وَنَافِي الْإِسْلَامِ مُخْطِئٌ آثِمٌ كَافِرٌ. أَمَّا الْمَسْأَلَةُ الَّتِي لَا قَاطِعَ فِيهَا فَقَالَ الشَّيْخُ وَالْقَاضِي وَأَبُو يُوسُفَ وَمُحَمَّدٌ وَابْنُ سُرَيْجٍ: كُلُّ مُجْتَهِدٍ مُصِيبٌ، ثُمَّ قَالَ الْأَوَّلَانِ: حُكْمُ اللَّهِ تَابِعٌ لِظَنِّ الْمُجْتَهِدِ، وَقَالَ الثَّلَاثَةُ: هُنَاكَ مَا لَوْ حَكَمَ اللَّهُ لَحَكَمَ بِهِ. وَالصَّحِيحُ وِفَاقًا لِلْجُمْهُورِ: أَنَّ الْمُصِيبَ وَاحِدٌ، وَأَنَّ عَلَيْهِ أَمَارَةً، وَأَنَّهُ مُكَلَّفٌ بِإِصَابَتِهِ، وَأَنَّ مُخْطِئَهُ لَا يَأْثَمُ بَلْ يُؤْجَرُ. أَمَّا الْجُزْئِيَّةُ الَّتِي فِيهَا قَاطِعٌ فَالْمُصِيبُ فِيهَا وَاحِدٌ وِفَاقًا، وَلَا يَأْثَمُ الْمُخْطِئُ عَلَى الْأَصَحِّ، وَمَتَى قَصَّرَ مُجْتَهِدٌ أَثِمَ وِفَاقًا.

« Masʾala : dans les questions rationnelles, celui qui touche juste est un seul, et le négateur de l'islam est dans l'erreur, pécheur, mécréant. Quant à la question où il n'y a pas de preuve décisive : le Shaykh [al-Ashʿarī], le Qāḍī [al-Bāqillānī], Abū Yūsuf, Muḥammad [b. al-Ḥasan] et Ibn Surayj ont dit : tout mujtahid touche juste. Puis les deux premiers ont dit : le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid ; et les trois autres : il y a là quelque chose que, si Allah avait statué, Il aurait statué par lui. L'avis correct, conforme au jumhūr : celui qui touche juste est un seul ; il existe sur [le ḥukm] un indice ; [le mujtahid] est tenu de l'atteindre ; et celui qui le manque ne pèche pas — il est au contraire récompensé. Quant à la question particulière où existe une preuve décisive, celui qui touche juste y est un seul par accord, et celui qui se trompe ne pèche pas selon l'avis le plus correct ; et dès lors qu'un mujtahid se montre négligent, il pèche par accord. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Ijtihād (al-taṣwīb wa-l-takhṭiʾa) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 380-381

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Une masʾala que Subkī a réécrite

Zarkashī ouvre par une remarque de philologue : « sache que les copies divergent ici, et ce sur quoi l'auteur s'est fixé est ce que j'ai consigné » — signe que Subkī a retravaillé cette masʾala jusqu'au bout, tant elle est délicate (wa-hiya maqṣūda). L'enjeu dépasse la technique : si « tout mujtahid touche juste », le droit devient pure construction des juristes — Dieu n'aurait pas de ḥukm antérieur à leur recherche dans les ẓanniyyāt ; c'est l'option d'al-Ashʿarī et d'al-Bāqillānī (les muṣawwiba radicaux), et, atténuée, celle des compagnons d'Abū Ḥanīfa avec l'ashbah — un « ḥukm virtuel » que le Munkhul d'al-Ghazālī épingle comme « un jugement sur l'invisible ». Si au contraire « le muṣīb est un seul » — position d'al-Shāfiʿī selon Ibn al-Samʿānī (al-Qawāṭiʿ) —, alors la vérité juridique préexiste, balisée par une amāra, et l'effort du mujtahid est une quête récompensée même quand elle échoue. Subkī tranche : al-ṣaḥīḥ, conforme au jumhūr, est la takhṭiʾa.

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Vocabulaire essentiel

تَصْوِيب / تَخْطِئَة taṣwīb / takhṭiʾa
Taṣwīb : déclarer que tout mujtahid touche juste. Takhṭiʾa : tenir que le muṣīb est un seul et que les autres se trompent — position du jumhūr.
حُكْمُ اللَّهِ تَابِعٌ لِظَنِّ الْمُجْتَهِدِ ḥukm Allāh tābiʿ li-ẓann al-mujtahid
« Le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid » : formule des muṣawwiba radicaux (al-Ashʿarī, al-Bāqillānī) — pas de ḥukm préalable dans les ẓanniyyāt.
الْأَشْبَه al-ashbah
Le « plus ressemblant » : ḥukm virtuel que, si Allah avait statué, Il aurait édicté — théorie d'Abū Yūsuf, de Muḥammad b. al-Ḥasan et d'Ibn Surayj. D'où : « muṣīb dans son ijtihād, mukhṭiʾ dans le ḥukm ».
أَمَارَة amāra
Indice probable posé sur le ḥukm voulu : le vrai n'est pas un « trésor enfoui » (dafīn) que l'on trouve par hasard — il est balisé.
قَطْعِيَّات / ظَنِّيَّات qaṭʿiyyāt / ẓanniyyāt
Questions à preuve décisive / questions à preuve probable : la ligne de partage de toute la masʾala.
مَتَى قَصَّرَ أَثِمَ matā qaṣṣara athima
« Dès qu'il se montre négligent, il pèche » — par accord unanime : l'excuse de l'erreur ne couvre que l'effort complet.
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Les ʿaqliyyāt — un seul muṣīb, et l'erreur y est péché

Contre al-Jāḥiẓ et al-ʿAnbarī
Dans les questions rationnelles — création du monde, fondements de la foi — qui manque le vrai pèche, même après un effort complet ; le négateur de l'islam est kāfir.
ʿAqliyyāt Ithm

La règle et la dissidence

  • La règle : dans les ʿaqliyyāt, le muṣīb est un seul ; qui manque la réalité est pécheur même s'il a poussé l'examen à fond — que le fondement soit rationnel (création du monde, création des actes) ou transmis (châtiment de la tombe). Le négateur de l'islam — juif, chrétien — est mukhṭiʾ, āthim, kāfir.
  • Al-Jāḥiẓ et al-ʿAnbarī : « le mujtahid ne pèche pas ». Deux versions de leur thèse : absolument (couvrant tous les mécréants et égarés) — ou à condition d'être musulman, « ce qui leur sied davantage », note Zarkashī. Al-Bāqillānī (Mukhtaṣar al-Taqrīb) tient la seconde pour la plus attestée chez al-ʿAnbarī.
  • La lecture d'al-Kiyā al-Harrāsī : pour al-ʿAnbarī, le muṣīb dans les ʿaqliyyāt est bien un seul — mais il distingue : dans ce qui touche la véracité des messagers et la création du monde, l'erreur est inexcusable ; dans le qadar, le jabr, l'affirmation ou la négation de la « direction » (jiha), l'erreur est excusée pour qui confesse les messagers et la Milla — car les créatures n'ont été chargées que de magnifier Allah et de Le déclarer transcendant.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Les deux rameaux du taṣwīb : « le ḥukm suit le ẓann » chez al-Ashʿarī et al-Bāqillānī ; l'ashbah chez Abū Yūsuf, Muḥammad b. al-Ḥasan et Ibn Surayj.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — les deux écoles du taṣwīb

فَقَالَ الشَّيْخُ أَبُو الْحَسَنِ الْأَشْعَرِيُّ وَالْقَاضِي أَبُو بَكْرٍ وَالْقَاضِي أَبُو يُوسُفَ وَمُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ وَابْنُ سُرَيْجٍ: كُلُّ مُجْتَهِدٍ مُصِيبٌ، ثُمَّ اخْتَلَفَ هَؤُلَاءِ، فَقَالَ الْأَوَّلَانِ — وَهُمَا الشَّيْخُ وَالْقَاضِي — : حُكْمُ اللَّهِ تَابِعٌ لِظَنِّ الْمُجْتَهِدِ، فَمَا ظَنَّهُ كَانَ حُكْمَ اللَّهِ فِي حَقِّهِ. وَقَالَ الثَّلَاثَةُ بِمَقَالَةٍ تُسَمَّى بِالْأَشْبَهِ، وَهِيَ أَنَّ فِي كُلِّ حَادِثَةٍ أَمْرًا مَا لَوْ حَكَمَ اللَّهُ لَمْ يَحْكُمْ إِلَّا بِهِ. قَالَ فِي الْمَنْخُولِ: وَهَذَا حُكْمٌ عَلَى الْغَيْبِ.

Traduction : « Le Shaykh Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī, le Qāḍī Abū Bakr [al-Bāqillānī], le Qāḍī Abū Yūsuf, Muḥammad b. al-Ḥasan et Ibn Surayj ont dit : tout mujtahid touche juste. Puis ils ont divergé : les deux premiers — le Shaykh et le Qāḍī — ont dit : le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid, de sorte que ce qu'il a présumé devient le ḥukm d'Allah à son égard. Les trois autres ont professé la doctrine dite de l'ashbah : en toute affaire il y a quelque chose que, si Allah avait statué, Il n'aurait statué que par lui. L'auteur du Mankhūl [al-Ghazālī] commente : c'est là un jugement porté sur l'invisible. »

Ce que l'ashbah implique — et l'auto-réfutation du taṣwīb

  • Le vocabulaire des partisans de l'ashbah : le mujtahid qui manque ce ḥukm virtuel est dit « muṣīb dans son ijtihād, mukhṭiʾ dans le ḥukm » — ou encore « mukhṭiʾ intihāʾan (à l'arrivée), non ibtidāʾan (au départ) ». D'où la formule du matn : « ils ont dit : il a touché juste quant à l'effort, non quant au statut ».
  • L'argument logique contre « tout mujtahid est muṣīb » : celui qui le proclame — si sa thèse est juste, soit ; mais s'il se trompe, la généralité de sa proposition s'effondre d'elle-même : il existe alors au moins un mujtahid qui n'est pas muṣīb… lui-même. La thèse contient sa propre réfutation.
  • La fāʾida du ʿIzz al-Dīn b. ʿAbd al-Salām : qui « donne raison » à un mujtahid pose une condition — que la position de l'adversaire ne s'appuie pas sur un dalīl qui casserait le ḥukm sur lequel le premier s'est fondé.
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La position du jumhūr — le muṣīb est un seul

Al-ṣaḥīḥ : la takhṭiʾa
Allah a, en toute affaire, un ḥukm antérieur à l'ijtihād ; une amāra le signale ; le mujtahid est tenu de l'atteindre — c'est le madhhab apparent d'al-Shāfiʿī.
Jumhūr Amāra

Les quatre affirmations en chaîne

Ibn al-Samʿānī (al-Qawāṭiʿ) : c'est « le madhhab apparent d'al-Shāfiʿī — qu'Allah l'agrée — et quiconque rapporte de lui autre chose s'est trompé ». La position se décompose en quatre thèses emboîtées :

  • (1) Allah a, en toute affaire, un ḥukm déterminé — antérieur à l'ijtihād des mujtahids et à la réflexion des examinateurs.
  • (2) Ce ḥukm porte une amāra : il n'est pas « comme un trésor enfoui (dafīn) que trouve qui Allah veut et que manque qui Il veut » — un indice le balise ; c'est l'avis correct contre ceux qui nient tout dalīl.
  • (3) Le mujtahid est mukallaf de l'atteindre : certains objectaient que l'iṣāba n'est pas en son pouvoir ; l'avis correct maintient la charge — l'effort est dû, l'issue relève d'Allah.
  • (4) Celui qui le manque ne pèche pas — il est récompensé : à condition d'avoir épuisé son effort sans négligence.
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L'ajr simple et l'ajr double — sur quoi est-on récompensé ?

Le hadith des deux récompenses
Le mukhṭiʾ est récompensé pour son effort, non pour son erreur ; le muṣīb cumule l'effort et la justesse — et le bénéfice de ses muqallids.
Ajr Hadith

Le texte de référence

إِذَا اجْتَهَدَ الْحَاكِمُ فَأَصَابَ فَلَهُ أَجْرَانِ، وَإِنْ أَخْطَأَ فَلَهُ أَجْرٌ وَاحِدٌ

Traduction : « Lorsque le juge fait ijtihād et touche juste, il a deux récompenses ; et s'il se trompe, il a une seule récompense » — hadith du Prophète ﷺ [rapporté par al-Bukhārī et Muslim d'après ʿAmr b. al-ʿĀṣ], preuve directe que le mukhṭiʾ ne pèche pas… et qu'il existe bien un khaṭaʾ, ce qui ruine le taṣwīb radical.

L'analyse fine de Zarkashī : sur quoi porte la récompense ?

  • Le mukhṭiʾ : récompensé « pour le déploiement de son effort (badhl al-wusʿ), non pour l'erreur elle-même — car elle n'est pas son œuvre ».
  • Le muṣīb : deux récompenses — l'une pour l'effort (comme le mukhṭiʾ), l'autre soit pour la justesse même : on peut être récompensé pour ce qui n'est pas son œuvre quand c'en est l'effet (āthār ṣunʿih) — à la différence du péché ; soit pour avoir institué une « belle sunna » que suivront ses muqallids.
  • Conséquence : le mukhṭiʾ n'est pas récompensé pour le taqlīd de ceux qui le suivent, à la différence du muṣīb — « car le muqallid du muṣīb a été véritablement guidé par lui » ; cf. « qu'Allah guide par toi un seul homme vaut mieux pour toi que des chamelles rousses ». Le muqallid du mukhṭiʾ, lui, n'obtient rien — hormis la décharge de l'obligation au regard de son ẓann.
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Les qaṭʿiyyāt — un seul muṣīb par accord, mais pas d'ithm

ʿAlā al-aṣaḥḥ
Là où existe une preuve décisive, l'erreur est avérée ; mais qui a tout donné sans y parvenir ne pèche pas — al-Ghazālī et le cas des gens de Qubāʾ.
Qaṭʿiyyāt Taqṣīr

La règle, la nuance, la limite

  • La règle : dans la question particulière où existe un qāṭiʿ — fût-il d'accès difficile (wa-in daqqa maslakuh) —, le muṣīb est un seul par accord (certains, « étrangement », y étendent le khilāf précédent).
  • Le mukhṭiʾ y pèche-t-il ? Deux avis ; al-aṣaḥḥ : non — s'il n'a pas été négligent et a déployé tout son effort sans parvenir au qāṭiʿ. Zarkashī note la précision des mots : Subkī dit ici « al-aṣaḥḥ » (l'avis opposé a une part de plausibilité) là où il disait « al-ṣaḥīḥ » pour les ẓanniyyāt (l'avis opposé y est simplement fāsid).
  • L'analyse d'al-Ghazālī : un naṣṣ qui n'est pas parvenu au mujtahid « n'est pas un ḥukm à son égard » — il n'est donc pas réellement mukhṭiʾ. Témoin : les gens de Qubāʾ priant vers Bayt al-Maqdis avant que la nouvelle du changement de qibla ne leur parvienne — nul ne les dit « fautifs », car le ḥukm ne les liait pas encore, faute de leur être parvenu et sans négligence de leur part.
  • La limite — matā qaṣṣara athima wifāqan : dès qu'un mujtahid se montre négligent dans sa recherche, il pèche par accord unanime, dans les qaṭʿiyyāt comme ailleurs. L'excuse ne couvre que l'effort complet.
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À retenir

5 principes essentiels
La grille complète du taṣwīb / takhṭiʾa en cinq lignes.
  • ʿAqliyyāt : un seul muṣīb, et l'erreur y est péché — contre al-Jāḥiẓ et al-ʿAnbarī ; le négateur de l'islam est kāfir
  • Ẓanniyyāt — les muṣawwiba : al-Ashʿarī et al-Bāqillānī (« le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid ») ; Abū Yūsuf, Muḥammad b. al-Ḥasan et Ibn Surayj (théorie de l'ashbah : muṣīb dans l'effort, mukhṭiʾ dans le ḥukm)
  • Al-ṣaḥīḥ (jumhūr) : le muṣīb est un seul ; le ḥukm préexiste, porte une amāra, et le mujtahid est tenu de l'atteindre
  • Le mukhṭiʾ ne pèche pas — il est récompensé pour son effort ; le muṣīb a deux récompenses (hadith du Ḥākim)
  • Qaṭʿiyyāt : un seul muṣīb par accord ; pas d'ithm pour qui a tout donné (al-aṣaḥḥ — cf. les gens de Qubāʾ) ; mais la négligence rend pécheur par accord
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise de la masʾala.

Question

« Quelle différence sépare la position d'al-Ashʿarī et d'al-Bāqillānī ("le ḥukm d'Allah suit le ẓann du mujtahid") de la théorie de l'ashbah d'Abū Yūsuf, de Muḥammad b. al-Ḥasan et d'Ibn Surayj — alors que tous proclament "kull mujtahid muṣīb" ? Et pourquoi al-Ghazālī qualifie-t-il l'ashbah de "jugement sur l'invisible" ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
ʿAQLIYYĀT
un seul muṣīb
l'erreur = ithm
2
TAṢWĪB
2 écoles
ẓann créateur / ashbah
3
JUMHŪR
al-muṣīb wāḥid
ḥukm + amāra + taklīf
4
AJR
1 ou 2
qaṣṣara → athima wifāqan