Le qadar, son bien et son mal · Le rizq : « ce dont on tire profit, fût-il ḥarām » · Saʿāda et shaqāwa scellées · Hidāya, tawfīq et khidhlān
Dernière carte de la Famille C : le credo du décret. « Le qadar, son bien et son mal, vient de Lui » — non pas contrainte (jabr), explique al-Khaṭṭābī, mais science précédente, détermination et création de tous les actes des serviteurs, qu'eux-mêmes acquièrent (kasb) : c'est la masʾala du khalq al-aʿmāl, qui valut aux Muʿtazilites — niant le qadar — le nom de Qadariyya, « mazdéens de cette communauté », et contre lesquels al-Shāfiʿī forgea l'ilzām décisif : « s'ils concèdent la science, ils sont vaincus ». Suivent les corollaires : le saʿīd et le shaqī inscrits dans l'azal ne permutent pas — et l'on juge sur la fin (khātima), d'où la parole d'al-Ashʿarī sur Abū Bakr « jamais privé du regard d'agrément » ; l'agrément et l'amour se distinguent de la volonté — Il veut l'existence du kufr sans l'agréer ; le rizq est « ce dont on tire profit, fût-il ḥarām », contre le principe muʿtazilite ; et la hidāya, le tawfīq et le khidhlān sont entre Ses mains seules.
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« Le qadar — son bien et son mal — vient de Lui. Le bienheureux est celui qu'Il a inscrit bienheureux dans l'azal, et le réprouvé est son inverse ; puis ils ne permutent pas. L'agrément et l'amour sont autres que le vouloir et la volonté : Il n'agrée pas pour Ses serviteurs la mécréance — et si ton Seigneur avait voulu, ils ne l'auraient pas faite. Il est le Razzāq, et le rizq est ce dont on tire profit, fût-il ḥarām. Entre Ses mains sont la guidance et l'égarement ; le tawfīq est la création de la capacité portant à l'obéissance, et le khidhlān son contraire. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Khātima (le qadar, le rizq et la hidāya) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 397 et 412-416
Toutes les masāʾil de cette carte dérivent d'une seule racine : khalq al-aʿmāl — Allah crée tous les actes des serviteurs, bien et mal, et le serviteur les acquiert (kasb). Al-Khaṭṭābī écarte le contresens fataliste : le qadar n'est pas l'« obligation et la contrainte du serviteur sur ce qui fut décrété » — c'est l'annonce de la science précédente d'Allah sur les actes, et leur création selon une détermination. De cette racine sortent les branches : si tout acte est créé par Lui, alors la saʿāda et la shaqāwa sont inscrites, le rizq — même illicite — Lui est attribué, et la hidāya est création, non simple indication. À chaque branche, le même adversaire : le Muʿtazilite, pour qui le serviteur crée ses actes et pour qui Allah « ne peut » vouloir le mal ni attribuer le ḥarām. Et à chaque branche, la même réponse : distinguer ce qu'Allah veut (kawnan) de ce qu'Il agrée (sharʿan) — la distinction des deux irādas, que Zarkashī appelle l'une des prises les plus précieuses de ce chapitre.
Allah veut tous les advenants — dont le kufr et la corruption existants, puisque rien n'advient dans Son royaume sans Sa volonté. Si l'agrément et l'amour étaient identiques à la volonté, Il serait « agréant le kufr, aimant la corruption » — impossible : « وَاللهُ لَا يُحِبُّ الْفَسَادَ », « وَلَا يَرْضَى لِعِبَادِهِ الْكُفْرَ ». D'où la position retenue par le matn : riḍā et maḥabba sont autres que mashīʾa et irāda.
Traduction : « Nos compagnons ont défini le rizq comme ce dont on tire profit — qu'on le possède ou non, licite ou illicite ; car l'usage courant est établi : ce dont l'être vivant tire profit est son rizq, et ce dont il ne tire pas profit n'est pas son rizq. Il est donc avéré que le nom de rizq tourne avec le profit, en existence comme en absence. »
« Montrez comment la définition ashʿarite du rizq — "ce dont on tire profit, fût-il ḥarām" — découle du principe du khalq al-aʿmāl, et exposez les deux conséquences absurdes de la définition muʿtazilite. Pourquoi cette définition ne rend-elle pourtant pas le ḥarām licite ? »