بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Ijtihād N°12

النُّبُوَّةُ وَالْمُعْجِزَةُ

La prophétie et sa preuve · Le miracle et ses conditions · Karāma des saints et irhāṣ — l'exemple de Maryam

Après les masāʾil du qadar (cartes 10-11), la khātima de Jamʿ al-Jawāmiʿ aborde les nubuwwāt : Dieu a envoyé Ses messagers munis de miracles éclatants. Subkī condense en quelques lignes tout l'édifice : l'envoi des messagers comme fait établi par le tawātur des miracles, les privilèges du Prophète Muḥammad ﷺ (sceau des prophètes, envoyé à toute la création, le meilleur de tous les mondes), puis la définition technique de la muʿjiza — un fait qui rompt la coutume, lié à la revendication de prophétie (taḥaddī), sans riposte possible. Al-Zarkashī, dans le Tashnīf al-Masāmiʿ, déploie cette définition : chaque mot exclut un cas voisin — la karāma du saint (pas de taḥaddī), l'irhāṣ qui précède la mission, la magie (qui peut être contrée), et même le « prodige démenti » par son propre contenu. Le cas de Maryam, dont les prodiges sont rapportés en masse alors qu'elle n'est pas prophétesse selon la majorité, sert de pierre de touche à tout le système.

أَرْسَلَ الرَّبُّ تَعَالَى رُسُلَهُ بِالْمُعْجِزَاتِ الْبَاهِرَاتِ، وَخَصَّ مُحَمَّدًا ﷺ بِأَنَّهُ خَاتَمُ النَّبِيِّينَ، الْمَبْعُوثُ إِلَى الْخَلْقِ أَجْمَعِينَ، الْمُفَضَّلُ عَلَى جَمِيعِ الْعَالَمِينَ، وَبَعْدَهُ الْأَنْبِيَاءُ، ثُمَّ الْمَلَائِكَةُ عَلَيْهِمُ السَّلَامُ. وَالْمُعْجِزَةُ أَمْرٌ خَارِقٌ لِلْعَادَةِ مَقْرُونٌ بِالتَّحَدِّي مَعَ عَدَمِ الْمُعَارَضَةِ، وَالتَّحَدِّي: الدَّعْوَى. وَكَرَامَاتُ الْأَوْلِيَاءِ حَقٌّ.

« Le Seigneur — exalté soit-Il — a envoyé Ses messagers avec les miracles éclatants. Il a réservé à Muḥammad ﷺ d'être le sceau des prophètes, l'envoyé à toute la création, celui qui est privilégié sur tous les mondes ; après lui [viennent] les prophètes, puis les anges — paix sur eux. La muʿjiza est un fait qui rompt la coutume, joint au taḥaddī, sans qu'il y ait de riposte ; et le taḥaddī, c'est la revendication [de la prophétie]. Et les karāmāt des saints sont une vérité. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Khātima (nubuwwāt) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 418-421 et 429-431

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Pourquoi la nubuwwa dans un traité d'uṣūl al-fiqh ?

Tout l'édifice des uṣūl al-fiqh repose sur l'autorité de la révélation : Livre, Sunna, ijmāʿ, qiyās n'ont de valeur que si la prophétie est établie. C'est pourquoi Subkī, refermant son livre sur l'ijtihād, insère ce credo : ce que le mujtahid manipule n'est contraignant que parce qu'un Prophète véridique l'a transmis. Zarkashī rapporte ici le taḥqīq : l'argument de Dieu sur Ses créatures est double — un argument caché (Sa science et Sa sagesse) et un argument manifeste, qui ne s'établit que par les messagers : ﴾ لِئَلَّا يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَى اللَّهِ حُجَّةٌ بَعْدَ الرُّسُلِ ﴿. D'où la réfutation des Barāhima, qui prétendaient la raison suffisante : il existe des situations où la raison seule ne tranche rien — il faut alors la révélation pour lever le litige. La preuve de la véracité du messager, c'est précisément la muʿjiza : un acte que Dieu seul peut produire, survenant exactement selon la revendication du prophète, tient lieu de parole divine : « Mon serviteur dit vrai. »

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Vocabulaire essentiel

مُعْجِزَة muʿjiza
« Ce qui rend incapable ». Fait rompant la coutume, joint à la revendication de prophétie, que nul ne peut contrer. Elle « rend manifeste » l'incapacité des contradicteurs.
تَحَدٍّ taḥaddī
Le « défi » : pour Subkī, c'est la daʿwā — la revendication de la prophétie, à laquelle le miracle doit être joint, sans la précéder ni la suivre [de manière déconnectée].
كَرَامَة karāma
Prodige accordé à un walī (saint). Réelle et possible — mais jamais accompagnée d'une revendication de prophétie : c'est ce qui la distingue de la muʿjiza.
إِرْهَاص irhāṣ
« Pose des fondations » (du rahṣ, première assise d'un mur). Signe extraordinaire qui précède la mission d'un prophète et l'annonce — comme la lumière au front de ʿAbd Allāh, père du Prophète ﷺ.
خَاتَمُ النَّبِيِّينَ khātam al-nabiyyīn
« Sceau des prophètes » : aucun prophète après Muḥammad ﷺ — par le Coran, le ḥadīth « lā nabiyya baʿdī » et l'ijmāʿ.
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L'envoi des messagers — fondement de toute la sharīʿa

أَرْسَلَ الرَّبُّ تَعَالَى رُسُلَهُ
La biʿtha des prophètes est connue par le tawātur des miracles ; sans messagers, l'argument manifeste de Dieu sur Ses créatures ne serait pas établi.
Fondement Risāla

Ce qu'il est obligatoire de croire

Fait partie de ce qu'il faut croire : l'envoi des prophètes — paix et bénédictions sur eux —, connu par le tawātur de l'apparition des miracles manifestes et des signes éclatants entre leurs mains. Zarkashī ajoute le raisonnement : si Dieu n'avait pas envoyé de messagers, Son argument manifeste ne serait pas dressé contre Ses créatures — d'où ﴾ لِئَلَّا يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَى اللَّهِ حُجَّةٌ بَعْدَ الرُّسُلِ ﴿ (al-Nisāʾ, 165).

  • Conséquence uṣūlienne : la raison seule n'institue aucun ḥukm — si elle suffisait, l'argument de Dieu n'aurait pas attendu l'envoi des messagers. C'est le rappel de la position ashʿarite vue dès la première Porte (al-ḥukm avant la révélation).
  • Les négateurs de la prophétie : des groupes de philosophes — qui nient les présupposés mêmes de la mission (un Dieu libre et agissant, la science des particuliers, la descente de l'ange et de la révélation) — et les Barāhima.
  • L'objection des Barāhima : « Ce que le prophète apporte est ou bien beau — alors la raison s'en charge et le prophète est inutile — ou bien laid — alors on ne l'accepte pas. » Réponse : il survient des cas où la raison ne juge rien ; il faut alors une instance qui tranche le litige — la révélation.
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Les privilèges de Muḥammad ﷺ — sceau, universalité, primauté

خَاتَمُ النَّبِيِّينَ · الْمَبْعُوثُ إِلَى الْخَلْقِ أَجْمَعِينَ · الْمُفَضَّلُ
Trois privilèges du Prophète ﷺ, puis la hiérarchie : après lui les prophètes, et les prophètes au-dessus des saints.
Khaṣāʾiṣ Tafḍīl

Trois privilèges

  • Sceau des prophètes : ﴾ وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ ﴿ (al-Aḥzāb, 40), le ḥadīth des deux Ṣaḥīḥ « lā nabiyya baʿdī » et l'ijmāʿ. Zarkashī signale que la thèse de certains philosophes — la prophétie serait acquise par l'effort — est une énormité qui fait sortir de la religion ; il rappelle l'affaire d'Ibn Ḥibbān, accusé pour une formule malheureuse (« la prophétie, c'est science et œuvre ») et exilé à Samarcande.
  • Envoyé à toute la création : ﴾ وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا كَافَّةً لِلنَّاسِ ﴿ et « buʿithtu ilā kulli aḥmara wa-aswad ». Pour les jinns : ijmāʿ (rapporté par al-Rāzī) — ils l'ont écouté et ont reçu de lui les lois. Pour les anges : divergence — al-Bayhaqī et al-Ḥalīmī penchent pour la non-inclusion, tandis qu'al-Rāzī (tafsīr d'al-Furqān) les inclut dans ﴾ لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا ﴿.
  • Privilégié sur tous les mondes : « Anā sayyidu waladi Ādam wa-lā fakhr » ; al-Rāzī rapporte l'ijmāʿ sur ce point — la primauté du Prophète ﷺ est exclue du débat anges/humains (voir carte 14).

Après lui : les prophètes — et les prophètes au-dessus des saints

  • Le Prophète ﷺ surpasse chacun des prophètes et leur ensemble. Al-Ṭūfī rapporte le mot d'Ibn ʿAbd al-Salām : « il est plus éminent que chacun d'eux, car plus éminent que leur totalité » — formule qui lui valut l'hostilité de contemporains, mais Dieu le préserva.
  • Le ḥadīth interdisant la mufāḍala entre prophètes est interprété par al-Bayhaqī (Dalāʾil al-nubuwwa) : il vise la dispute avec les gens du Livre, où la comparaison glisse au dénigrement ; chercher à connaître les choses telles qu'elles sont n'est pas interdit (avis d'al-Ḥalīmī).
  • Les prophètes sont les meilleurs des hommes après lui ﷺ — sans divergence. La thèse attribuée à certains soufis (le walī supérieur au nabī) est réfutée par le père de l'auteur, Taqī al-Dīn al-Subkī : tout prophète est nécessairement walī, et il possède en plus de la part de walāya une perfection supplémentaire ; qui regarde les perfections propres des prophètes voit les saints « au degré inférieur, fussent-ils dans le bien ».
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Zarkashī décompose la définition de la muʿjiza mot à mot : chaque clause exclut un cas voisin — dont la karāma et l'irhāṣ.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — taḥaddī, karāma, irhāṣ

وَقَوْلُهُ: «مَقْرُونٌ بِالتَّحَدِّي» أَيْ دَعْوَى النُّبُوَّةِ، أَيْ يُشْتَرَطُ أَنْ لَا تَتَقَدَّمَ الْمُعْجِزَةُ عَلَى دَعْوَاهُ وَلَا تَتَأَخَّرَ، لِتَخْرُجَ الْكَرَامَاتُ، لِأَنَّهَا لَا تَكُونُ مَعَ التَّحَدِّي، وَيَخْرُجَ الْإِرْهَاصُ، وَهُوَ الْعَلَامَةُ الدَّالَّةُ عَلَى بَعْثَةِ النَّبِيِّ ﷺ قَبْلَ الْبِعْثَةِ، كَالنُّورِ الَّذِي ظَهَرَ مِنْ جَبِينِ عَبْدِ اللَّهِ أَبِي النَّبِيِّ ﷺ.

Traduction : « Sa parole "joint au taḥaddī", c'est-à-dire à la revendication de la prophétie : on exige que le miracle ne précède pas sa revendication ni ne la suive — afin d'exclure les karāmāt, car elles ne s'accompagnent pas de taḥaddī, et d'exclure l'irhāṣ, qui est le signe indiquant la mission du Prophète ﷺ avant la mission, comme la lumière apparue au front de ʿAbd Allāh, père du Prophète ﷺ. »

Trois apports majeurs du commentaire

  • « Amr » (un fait) plutôt que « fiʿl » (un acte) : le mot englobe la parole, l'acte et l'anéantissement — car le miracle peut consister à faire disparaître (qu'une montagne s'évanouisse sur défi) ou à suspendre un effet (le feu qui ne brûle pas). « Khāriq li-l-ʿāda » exclut l'ordinaire (le lever quotidien du soleil) : sinon tout menteur s'autoproclamerait prophète et le vrai serait indiscernable du faux.
  • « Sans riposte » (ʿadam al-muʿāraḍa) : il ne s'agit pas de l'absence de toute prétention de riposte, mais de l'absence de riposte valable — c'est ce qui exclut la magie et l'illusionnisme (siḥr, shaʿbadha), qui peuvent être contrés. Al-Āmidī discute si la riposte doit être du même genre que le miracle : le Qāḍī [al-Bāqillānī] ne l'exige pas, et c'est le vrai selon Āmidī.
  • Le prodige « démenti par lui-même » (al-khāriq al-mukadhdhib) : si le prétendant anime un mort ou fait parler un objet qui déclare « il ment, fuyez-le », ce prodige ne prouve pas sa véracité — avis d'Abū Isḥāq al-Shīrāzī et d'Imām al-Ḥaramayn. Al-Abyārī distingue deux figures : l'objet qui parle pour le démentir (unanimement non probant) et le mort ressuscité qui le dément (discuté ; le choix : non probant). La raison de fond, selon le Ṣāḥib al-Ṣaḥāʾif : le miracle est créé pour confirmer — un contenu qui dément contredit sa raison d'être.
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Karāmāt al-awliyāʾ — les prodiges des saints sont vrais

وَكَرَامَاتُ الْأَوْلِيَاءِ حَقٌّ
Possibles en raison, attestées par le texte : les gens de la Caverne, Maryam. Les Muʿtazilites les nient ; le débat interne porte sur leur étendue.
Karāma Ahl al-ḥaqq

Possibilité et occurrence

  • Possibilité rationnelle : en supposer l'existence n'entraîne aucun impossible — donc rien ne s'y oppose en raison.
  • Occurrence attestée : l'histoire des gens de la Caverne, qui ne furent pas prophètes par ijmāʿ ; et les prodiges de Maryam — la nourriture auprès d'elle dans le miḥrāb — rapportés en masse (mutawātira).
  • Une parole forte : Abū Turāb al-Nakhshabī — « qui n'y croit pas a mécru » ; Zarkashī tempère : il visait sans doute le takfīr des innovateurs. Les négateurs sont les Muʿtazilites ; certains rapportent qu'ils n'ont nié que la rupture de la coutume, en réinterprétant les prodiges de Maryam comme irhāṣ de la prophétie de ʿĪsā.
  • Après les Compagnons : l'occurrence des prodiges chez les ṣaḥāba, les tābiʿūn et leurs successeurs est notoire (istafāḍa) — recueils d'Abū Nuʿaym (Ḥilya), d'Ibn al-Jawzī (Ṣafwa), de l'Ājurrī.

Maryam — prophétesse ou ṣiddīqa ?

Le statut de Maryam est le nœud du dossier. Pour le jumhūr, elle n'est pas prophétesse : ﴾ وَأُمُّهُ صِدِّيقَةٌ ﴿ — si elle avait été prophétesse, le Coran n'aurait pas délaissé le titre le plus élevé pour un titre moindre, la nubuwwa étant supérieure à la ṣiddīqiyya par ijmāʿ. Al-Nawawī a même revendiqué l'ijmāʿ sur la négation — mais Zarkashī corrige : al-Qurṭubī attribue la nubuwwa de Maryam « au jumhūr » [des exégètes], en arguant que les anges lui ont parlé par waḥy. L'origine de la méprise : Imām al-Ḥaramayn (Irshād) a revendiqué l'ijmāʿ pour les gens de la Caverne, puis dit « et de même Maryam » — Nawawī a cru à un ijmāʿ. La position dépend en réalité de la définition : si le nabī est « celui qui reçoit une révélation », la thèse se défend ; si l'on exige la révélation d'une loi (définition d'al-Ḥalīmī), Maryam n'est pas prophétesse — et ses prodiges sont des karāmāt (ou, pour les Muʿtazilites, un irhāṣ pour ʿĪsā).

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Jusqu'où va la karāma ? — la limite d'al-Qushayrī et la réponse du jumhūr

Le débat sur l'étendue des prodiges
Le saint peut-il recevoir l'équivalent des miracles des prophètes (ressusciter un mort, changer le bâton en serpent) ? Trois positions.
Étendue Khilāf

Trois positions

  • Le jumhūr — généralisation : tout ce qui peut être miracle d'un prophète peut survenir comme karāma d'un saint ; la distinction tient seulement à l'absence de revendication de prophétie. C'est l'avis d'Abū Naṣr (fils d'al-Qushayrī, dans al-Murshid), d'Imām al-Ḥaramayn (Irshād) et d'al-Nawawī (Sharḥ Muslim) : « la limiter à l'exaucement d'une invocation est une erreur et un déni du sensible ; la vérité est qu'elle peut aller jusqu'au changement des essences. »
  • La restriction — al-Ustādh Abū Isḥāq, puis al-Qushayrī : ce qui fut miracle propre d'un prophète (ressusciter les morts, changer le bâton en serpent, fendre la mer) ne peut être karāma : la karāma plafonne à l'exaucement, à l'eau trouvée au désert — « pas un homme sans parents, pas un inanimé changé en bête » (Risāla). C'est ce que vise le matn par « naḥw » (« et ce qui y ressemble »). Zarkashī relève que Subkī a cru y voir une simple précision du jawāz général — en réalité c'est un madhhab faible, contredit par le jumhūr et critiqué jusque par le propre fils d'al-Qushayrī.
  • La voie médiane d'Ibn Baṭṭāl : distinguer les époques — du vivant des prophètes, le prodige du saint conforte la mission (ainsi Khubayb mangeant du raisin à La Mecque, enchaîné) ; après l'enracinement de l'islam, plus de raison d'être pour les grands prodiges, sinon l'exaucement et l'assistance — pour ne pas troubler les esprits faibles.
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À retenir

5 principes essentiels
L'armature du dossier nubuwwa-muʿjiza, à fixer avant les samʿiyyāt.
  • L'envoi des messagers est connu par le tawātur des miracles ; sans lui, l'argument manifeste de Dieu ne serait pas dressé — réfutation des Barāhima
  • Le Prophète ﷺ cumule trois privilèges : sceau des prophètes, envoyé à toute la création (jinns par ijmāʿ ; anges discutés), privilégié sur tous les mondes (ijmāʿ)
  • La muʿjiza : fait rompant la coutume + taḥaddī (= daʿwā) + absence de riposte valable — ni antérieure ni postérieure à la revendication
  • Chaque clause exclut un cas : l'ordinaire, la magie (riposte possible), la karāma (pas de taḥaddī), l'irhāṣ (avant la mission), le prodige auto-démenti (non probant)
  • Les karāmāt des saints sont vraies (gens de la Caverne, Maryam) ; leur étendue est discutée — le jumhūr les admet jusqu'au changement des essences, contre la restriction d'al-Qushayrī
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question pour vérifier la maîtrise de la définition de la muʿjiza.

Question

« Les prodiges de Maryam — la nourriture du miḥrāb — rompent la coutume et nul n'a pu les contrer. Pourquoi ne sont-ils pas une muʿjiza ? Et pourquoi les Muʿtazilites, qui nient les karāmāt, ont-ils dû les requalifier en irhāṣ — et de quoi exactement ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
RISĀLA
tawātur des miracles
ḥujja ẓāhira par les rusul
2
MUʿJIZA
khāriq + taḥaddī
+ ʿadam al-muʿāraḍa
3
KARĀMA
sans taḥaddī
Maryam · ahl al-Kahf
4
IRHĀṢ
avant la biʿtha
la lumière de ʿAbd Allāh