La fin du credo ashʿarite de la khātima · Noms divins, istithnāʾ, istidrāj, l'âme, l'atome · Dernières masāʾil avant le taṣawwuf
Après les anges et les Compagnons (carte 14), le credo de la khātima s'achève par une rafale de masāʾil serrées qui scellent la ʿaqīda ashʿarite du Jamʿ al-Jawāmiʿ. D'abord trois questions où la piété affleure sous la technique : les noms d'Allah sont-ils tawqīfiyya (limités à ce que la révélation autorise) ? Le croyant peut-il dire « je suis croyant, si Allah le veut » sans que cela soit un doute ? Les jouissances accordées au kāfir sont-elles des bienfaits ou un istidrāj ? Puis la question vertigineuse de l'âme : qui est ce « moi » (anā) que chacun désigne ? Le corps, un accident, un souffle subtil, une substance immatérielle comme le veulent les philosophes ? Enfin la « physique du kalām » : le jawhar fard (l'atome indivisible), les accidents qui ne durent pas deux instants, le lieu, le vide, le temps — autant de thèses dont al-Zarkashī rappelle inlassablement la finalité : établir que le monde est créé et que tout, à chaque instant, dépend de son Créateur.
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« Et [nous professons] que les noms d'Allah sont tawqīfiyya [fixés par la révélation] ; que l'homme dit : "je suis croyant, si Allah le veut", par crainte d'une mauvaise fin et non par doute sur le présent ; que les jouissances du kāfir sont un istidrāj ; que ce que désigne "moi" est la structure corporelle déterminée ; que la substance indivisible — la partie qui ne se divise plus — est établie ; et qu'il n'y a pas de ḥāl, c'est-à-dire pas d'intermédiaire entre l'existant et le néant. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Khātima (dernières masāʾil du kalām) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 446-461
Le Jamʿ al-Jawāmiʿ ne s'arrête pas au taqlīd et à l'iftāʾ : Subkī adjoint au Livre de l'ijtihād un credo complet, puis une khātima de taṣawwuf. Ce n'est pas un caprice d'architecte. L'uṣūl al-fiqh repose tout entier sur des prémisses de kalām — un Législateur unique, un discours divin, un monde créé où Ses jugements s'appliquent — et l'usage classique voulait qu'un compendium des « deux uṣūl » (uṣūl al-dīn et uṣūl al-fiqh) rappelle l'essentiel de la ʿaqīda. Les masāʾil de cette carte paraissent disparates — noms divins, foi, âme, atome, temps — mais Zarkashī en révèle le fil : chacune est une muqaddima du ḥudūth al-ʿālam (la création du monde) et du tawḥīd. Si l'atome existe et que les accidents ne durent pas deux instants, alors le monde ne subsiste pas un seul instant par lui-même : « Ô hommes, c'est vous les pauvres envers Allah » (Fāṭir, 15). La physique du kalām est une école de pauvreté ontologique — et c'est par elle que l'on entre dans le taṣawwuf de la carte 16.
Zarkashī s'étonne du refus d'Abū Ḥanīfa : la pratique est authentiquement rapportée d'Ibn Masʿūd — « le shaykh de son shaykh » — et al-Māturīdī, ḥanafite, l'admet. Surtout, tous conviennent que l'istithnāʾ n'exprime aucun doute sur le credo présent.
Zarkashī tranche : le khilāf est lafẓī. Qui nie les bienfaits ne nie pas les jouissances — il refuse seulement de nommer « bienfait » ce qui s'achève en perdition ; qui les affirme ne conteste pas l'issue — il nomme la forme. Tout revient à définir la niʿma : simple jouissance, ou jouissance avec salut final ? Le premier sens est le plus fort, car Allah a nommé Ses dons aux deux groupes « niʿma » et « ālāʾ ».
Ce que chacun désigne en disant « moi » (anā), c'est — selon beaucoup de mutakallimīn, et c'est l'avis du « jumhūr des créatures » selon al-Rāzī dans al-Maṭālib — la structure corporelle déterminée (al-haykal al-makhṣūṣ) : interrogé sur ce qu'est l'homme, tout être sensé montre cette constitution ; c'est à elle que s'adressent le khiṭāb, la récompense, le châtiment, l'éloge et le blâme. L'usage du Qurʾān le confirme : « Nous avons créé l'homme d'un extrait d'argile » — et c'est le corps qui est créé d'argile.
Traduction : « Les tenants de la substance simple ont divergé. On a dit : une substance intelligible, non spatiale, séparée de la matière mais non de ses attaches — c'est la position des maîtres des philosophes... Et l'apparence du propos d'al-Ashʿarī est que [l'âme] est un corps subtil : c'est l'avis le plus manifeste chez les imams, et les ḥadīths l'attestent. » Al-Rāzī rapporte d'al-Ghazālī (et c'est le choix d'al-Bayḍāwī dans al-Ṭawāliʿ, l'avis de « la plupart des vérificateurs parmi les ṣūfīs », d'al-Ḥalīmī et d'al-Rāghib) : une substance séparée, ni spatiale ni inhérente à un substrat.
Les gens de la vérité tiennent que le corps est composé de parties indivisibles — en acte comme en imagination — nommées jawāhir mufrada. La plupart des philosophes, al-Naẓẓām et al-Kindī l'ont nié : tout corps serait divisible à l'infini. Réfutation : il s'ensuivrait que les parties d'un grain de moutarde égalent celles d'une montagne (les deux étant infinies) — absurde. L'erreur vient du wahm (l'imagination) qui juge l'insensible d'après le sensible. Fakhr al-Dīn al-Rāzī penche pour le waqf, qu'al-Muqtaraḥ déclare « le choix » — mais le matn tranche : thābit.
« Zarkashī adresse à Subkī une objection de cohérence : comment peut-il affirmer que "anā" désigne le haykal makhṣūṣ, alors qu'il a choisi ailleurs l'imsāk (la suspension du jugement) au sujet de la rūḥ ? Reproduisez la réponse de Subkī — et expliquez pourquoi Zarkashī la juge discutable. »