La loi des prophètes antérieurs · Avant la nubuwwa : waqf — Après : al-manʿ · L'inclination d'al-Shāfiʿī et le Kitāb al-Aṭʿima
Première masʾala de la Famille B — les sources discutées. La loi révélée aux prophètes antérieurs (sharʿ man qablanā) oblige-t-elle notre umma tant qu'elle n'est pas abrogée ? Subkī aborde la question par son versant le plus concret : le Prophète ﷺ lui-même était-il soumis à une sharīʿa antérieure ? Deux recherches (baḥthān), dit Zarkashī : avant la nubuwwa — où s'affrontent ceux qui affirment (sur la loi de Nūḥ, d'Ibrāhīm, de Mūsā, de ʿĪsā, ou « ce qui est avéré être une loi » sans spécification) et ceux qui nient — et après la nubuwwa. Le choix de Subkī : avant la nubuwwa, le waqf (suspension), « taʾṣīlan wa-tafrīʿan » ; après la nubuwwa, al-manʿ — il n'était pas soumis à la loi d'un autre. Mais une voix dissidente pèse lourd : al-Shāfiʿī lui-même inclinait vers la thèse adverse et « en a fait un fondement dans le Kitāb al-Aṭʿima », suivi par la plupart de ses compagnons.
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« Masʾala : ils ont divergé : l'Élu ﷺ était-il soumis, avant la nubuwwa, à une loi ? Et ceux qui l'affirment ont divergé : la loi de Nūḥ, dit-on, ou d'Ibrāhīm, ou de Mūsā, ou de ʿĪsā — sur eux la prière et la paix — ou ce qui est avéré être une loi : plusieurs avis. L'avis choisi est la suspension (waqf), dans le principe comme dans les applications ; et après la nubuwwa : la négation (al-manʿ). »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Istidlāl (sharʿ man qablanā) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 350-351
Imām al-Ḥaramayn relativise la première recherche : savoir quelle loi suivait le Prophète ﷺ avant sa mission « revient à ce qui relève des chroniques » (mā yajrī majrā al-tawārīkh) — une question d'histoire, non de norme. Mais la seconde recherche, elle, est pleinement normative : si le Prophète ﷺ, après sa mission, était tenu par les lois antérieures non abrogées, alors ces lois sont une source du fiqh — et le faqīh peut arguer d'un verset rapportant la loi de Mūsā. C'est tout l'enjeu de la formule d'Ibn al-Ḥājib : il y serait soumis « en tant que concordant, non en tant que suiveur » (muwāfiq lā mutābiʿ) — la norme vaudrait par la révélation qui nous la rapporte, non par l'autorité de la sharīʿa antérieure. Zarkashī note enfin la limite du débat : il ne concerne que les furūʿ où les sharāʾiʿ divergent ; ce sur quoi elles s'accordent — le tawḥīd — « nul doute qu'il était acquis à tous avant la nubuwwa ».
Le Qāḍī [al-Bāqillānī] argumentait : s'il avait suivi une religion, l'usage aurait exigé qu'on le mentionne — on l'en aurait entretenu de son vivant et après. Imām al-Ḥaramayn retourne l'argument : s'il n'avait suivi aucune religion, cela aurait été plus extraordinaire encore (abdaʿ) et plus éloigné de l'habituel — donc cela aussi aurait été transmis ! « Les deux arguments s'équilibrent » (taʿāraḍa al-amrān). La voie juste : reconnaître que « le cours habituel a été rompu pour notre maître l'Envoyé d'Allāh ﷺ » en plusieurs choses — dont le détournement de l'attention des gens, avant la mission, à l'égard de l'examen de sa religion. Le silence des sources ne prouve donc rien dans aucun sens : waqf.
La question est « le pendant » de la précédente : après la mission, était-il ﷺ soumis aux lois antérieures non abrogées ? Le débat n'existe qu'avec ceux qui ne l'ont pas déjà nié avant la nubuwwa — qui le nie avant le nie après, à plus forte raison (bi-ṭarīq awlā).
Traduction : « Un groupe a dit : il était assujetti à ce qui n'a pas été abrogé de la loi de ceux d'avant lui — en tant que concordant, non suiveur — et Ibn al-Ḥājib l'a choisi. Imām al-Ḥaramayn a dit : al-Shāfiʿī — qu'Allāh l'agrée — avait une inclination vers cela, il a bâti sur lui un fondement parmi ses fondements dans le Livre des Aliments, et la plupart de ses compagnons l'ont suivi. »
« Le Qāḍī al-Bāqillānī argue : "s'il avait suivi une religion avant la nubuwwa, on l'aurait transmis". Imām al-Ḥaramayn répond par un argument symétrique qui aboutit au waqf. Reconstituez ce retournement, puis expliquez la formule d'Ibn al-Ḥājib "muwāfiq lā mutābiʿ" : que préserve-t-elle exactement, et que concède-t-elle ? »