بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Istidlāl N°5

قَوْلُ الصَّحَابِيِّ

Le madhhab du Compagnon est-il ḥujja ? · Jusqu'à onze positions recensées · L'exception du taʿabbudī, le taqlīd et Zayd dans les farāʾiḍ

Voici la masʾala la plus ramifiée du Livre : le qawl al-ṣaḥābī — l'avis d'un Compagnon, qui n'est ni un ḥadīth qu'il rapporte ni un ijmāʿ, mais son ijtihād propre. Sur un autre Compagnon, il n'est pas ḥujja, par accord (wifāqan). Sur les générations suivantes ? Le Jadīd d'al-Shāfiʿī dit non — mais le Shaykh al-Imām (le père de Subkī) relève une exception remarquable : le domaine taʿabbudī, où le qiyās n'a pas prise, car l'avis du Compagnon y trahit un enseignement reçu (tawqīf). Puis vient la question dérivée : à défaut d'être ḥujja, peut-on le taqlīd-er ? Deux qawl, « car la confiance en la connaissance de son madhhab a disparu : il n'a pas été consigné ». Zarkashī déploie alors l'éventail complet — jusqu'à onze positions, de « ḥujja au-dessus du qiyās » (Mālik, la plupart des Ḥanafites) jusqu'à « seuls les quatre califes » voire « les quatre sauf ʿAlī ». Et la carte se clôt sur le cas d'école : pourquoi al-Shāfiʿī suit-il Zayd b. Thābit dans les successions, lui qui nie la ḥujjiyya du qawl al-ṣaḥābī ?

مَسْأَلَةٌ: قَوْلُ الصَّحَابِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَلَى الصَّحَابِيِّ غَيْرُ حُجَّةٍ وِفَاقًا، وَكَذَا عَلَى غَيْرِهِ — قَالَ الشَّيْخُ الْإِمَامُ: إِلَّا فِي التَّعَبُّدِيِّ — وَفِي تَقْلِيدِهِ قَوْلَانِ، لِارْتِفَاعِ الثِّقَةِ بِمَذْهَبِهِ إِذْ لَمْ يُدَوَّنْ.

« Masʾala : l'avis du Compagnon — qu'Allāh l'agrée — n'est pas une ḥujja contre un [autre] Compagnon, par accord ; de même contre un autre [que les Compagnons] — le Shaykh al-Imām a dit : sauf dans le domaine taʿabbudī — et sur son taqlīd, deux qawl, car la confiance en [la connaissance de] son madhhab a disparu, puisqu'il n'a pas été consigné. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Istidlāl (qawl al-ṣaḥābī) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 352-355

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Pourquoi « madhhab » et non « riwāya »

Tout repose sur une distinction : quand un Compagnon rapporte du Prophète ﷺ, c'est un ḥadīth — Porte III. Quand il opine, c'est son ijtihād — et la question devient : cet ijtihād a-t-il une autorité particulière du fait de la ṣuḥba ? Zarkashī précise le périmètre : il s'agit du Compagnon mujtahid — « le ʿāmmī n'a pas de qawl, car il parle sans naẓar » (c'est pourquoi Subkī n'a pas eu besoin d'écrire « le Compagnon savant » comme certains Ḥanbalites). Sur un autre Compagnon mujtahid : pas ḥujja, par accord — encore que le Shaykh Abū Isḥāq, dans al-Lumaʿ, nuance ce « wifāq » : si on tient le qawl pour ḥujja, deux avis de Compagnons opposés sont deux dalīl en conflit, qu'on départage par le nombre ou par la présence d'un imām parmi eux. La force de la masʾala est là : elle oblige à séparer ḥujjiyya (autorité probante), taqlīd (suivi sans preuve), takhṣīṣ (peut-il restreindre un ʿāmm ?) et tarjīḥ (peut-il faire pencher la balance ?) — quatre questions que « l'auteur du Ḥāṣil, suivi d'al-Bayḍāwī » avait fâcheusement confondues, « tombant ainsi dans l'erreur ».

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Vocabulaire essentiel

قَوْلُ الصَّحَابِيِّ qawl al-ṣaḥābī
L'avis (madhhab, fatwā) issu de l'ijtihād d'un Compagnon — à distinguer de ce qu'il rapporte du Prophète ﷺ.
التَّعَبُّدِيّ al-taʿabbudī
Le domaine cultuel où le qiyās n'a pas prise : l'avis du Compagnon y est présumé reçu du Prophète ﷺ (tawqīf) — exception du Shaykh al-Imām.
تَقْلِيد taqlīd
Suivre l'avis d'autrui sans en exiger la preuve. Question distincte de la ḥujjiyya : un avis non probant peut, ou non, être suivi.
لَمْ يُدَوَّنْ lam yudawwan
« Non consigné » : les madhāhib des Compagnons n'ont pas été codifiés comme ceux des quatre imāms — d'où la perte de confiance dans leur restitution.
قِيَاسُ التَّقْرِيبِ qiyās al-taqrīb
Analogie « d'approximation » : huitième position (rapportée par al-Māwardī) — le qawl du Compagnon est ḥujja s'il s'y adjoint.
أَفْرَضُكُمْ زَيْدٌ afraḍukum Zayd
« Le plus savant d'entre vous en successions est Zayd » — ḥadīth par lequel on explique la fidélité d'al-Shāfiʿī au madhhab de Zayd dans les farāʾiḍ.
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Le cadre — sur qui, et à quelles conditions ?

Compagnon contre Compagnon : pas ḥujja, wifāqan
Le mujtahid suit son propre ijtihād ; le non-mujtahid taqlīd-e. La nuance d'Abū Isḥāq al-Shīrāzī sur le prétendu accord.
Cadre Wifāqan

Les distinctions liminaires

  • Entre Compagnons : le madhhab d'un Compagnon mujtahid n'oblige pas un autre Compagnon — qu'il soit mujtahid (il suit son propre naẓar) ou non (sa « charge » est le taqlīd, et l'avis d'un mujtahid n'est pas ḥujja par lui-même). Accord rapporté à la suite d'Ibn al-Ḥājib.
  • La réserve d'Abū Isḥāq (al-Lumaʿ) : si les Compagnons se divisent en deux avis, tout dépend de la ḥujjiyya : si l'on dit « pas ḥujja », nul ne peut taqlīd-er l'un d'eux, on revient au dalīl ; si l'on dit « ḥujja », ce sont deux dalīl en conflit — tarjīḥ par le nombre d'un côté, ou par la présence d'un imām.
  • Pourquoi pas « le Compagnon savant » : certains Ḥanbalites précisent « al-ʿālim » ; Subkī s'en dispense — « le ʿāmmī n'a pas de qawl », son dire ne procède d'aucun naẓar.
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Sur les autres générations — le Jadīd et l'exception du taʿabbudī

La thèse de Subkī père : tawqīf présumé
Le Jadīd : pas ḥujja. Mais dans le cultuel sans prise pour le qiyās — les six rakʿa de ʿAlī — l'avis trahit un enseignement reçu.
Exception Taʿabbudī

La règle et son exception

Sur la ḥujjiyya du qawl al-ṣaḥābī à l'égard des non-Compagnons : al-Shāfiʿī a deux qawl — de même Aḥmad — et « le Jadīd est qu'il n'est pas ḥujja ». Mais le Shaykh al-Imām [Taqī al-Dīn al-Subkī] soutient qu'al-Shāfiʿī a excepté de son Jadīd le domaine taʿabbudī, « où le qiyās n'a pas de champ ».

  • La pièce au dossier : dans Ikhtilāf al-ḥadīth, al-Shāfiʿī écrit au sujet de la transmission de ʿAlī — qu'Allāh l'agrée — « qu'il pria une nuit six rakʿa, avec dans chaque rakʿa six sajda » : « si cela était avéré de ʿAlī, je le dirais ; car il n'y a là aucun champ pour le qiyās : l'apparent est qu'il ne l'a transmis que par tawqīf ».
  • La logique de l'exception : dans le cultuel pur, un Compagnon n'a aucun moyen d'inventer la norme par raisonnement ; son avis est donc l'indice d'un enseignement prophétique reçu — il rejoint fonctionnellement la riwāya.
  • Le prolongement noté par les uṣūliyyīn : ce cas est compté parmi les ramifications du Qadīm — « l'apparent est qu'il est ḥujja, en Qadīm comme en Jadīd, car il produit un ẓann sans contradicteur » ; Zarkashī ajoute : Ibn al-Ṣabbāgh (al-Kāmil) et al-Rāzī (al-Maḥṣūl) l'ont affirmé.
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Le taqlīd du Compagnon — la question dérivée

Deux qawl, et la position d'Ibn al-Ṣalāḥ
Peut-on suivre un Compagnon sans preuve ? Le nœud : son madhhab n'a pas été consigné — contre quoi Subkī défend la possibilité du taqlīd avéré.
Taqlīd Tadwīn

Le débat en trois temps

  • Pour le mujtahid : si l'on permet au mujtahid de taqlīd-er un autre mujtahid, taqlīd-er un Compagnon est à plus forte raison admis ; sinon, trois qawl d'al-Shāfiʿī sur le taqlīd des Compagnons — interdit absolument (Jadīd), permis, permis si l'avis s'est répandu sans opposant (Qadīm).
  • Pour le ʿāmmī (le vrai propos de Subkī) : Imām al-Ḥaramayn rapporte que « les vérificateurs penchent pour l'empêchement » — non que les Compagnons vaudraient moins que les mujtahid ultérieurs (« ils sont plus considérables en rang ! »), mais parce que « leurs madhāhib n'offrent pas de fiabilité : ils n'ont pas été établis comme l'ont été les madhāhib des imāms suivis ». Ibn al-Ṣalāḥ (Kitāb al-Fatwā) tranche de même, étend l'empêchement aux Tābiʿīn et à quiconque n'a pas de madhhab consigné, et réserve le taqlīd aux quatre imāms — leurs madhāhib se sont répandus au point que l'absolu y est restreint et le général particularisé ; des autres, on n'a que des fatwās brutes, dont le complément s'est perdu.
  • L'arbitrage de Subkī : « d'autres ont dit : on les taqlīd-e, car ils ont atteint le rang d'ijtihād, et la ṣuḥba les élève encore — c'est, à mes yeux, le ṣaḥīḥ ; mais je dis : nul désaccord réel entre les deux camps — si le madhhab d'un Compagnon est avéré avec certitude, on le taqlīd-e d'un commun accord ; sinon non — non qu'il soit "intaqlīdable", mais parce que son madhhab n'est pas avéré comme il faut. » Zarkashī ajoute le maʾkhadh d'Ibn Burhān (al-Awsaṭ) : le taqlīd des Compagnons dépend aussi de la licéité de changer de madhhab, leurs fatwās ne pouvant être maîtrisées en toute circonstance.
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L'éventail complet — jusqu'à onze positions

Du « fawqa al-qiyās » de Mālik aux quatre califes sauf ʿAlī
Zarkashī récapitule : trois positions issues du matn, puis huit autres — par la qualité du qawl ou par la personne du Compagnon.
Recension 11 avis

La liste de Zarkashī

  • 1. Pas ḥujja absolument (le Jadīd).
  • 2. Pas ḥujja sauf dans le taʿabbudī (Shaykh al-Imām).
  • 3. Pas ḥujja mais apte au taqlīd.
  • 4. Ḥujja absolument, au-dessus du qiyās — le Qadīm, « et c'est l'avis de Mālik et de la plupart des Ḥanafites » ; deux Compagnons en désaccord = deux dalīl en conflit, départagés par un murajjiḥ.
  • 5. Ḥujja en-dessous du qiyās — d'où la sous-question : particularise-t-il le ʿāmm ? Deux qawl rapportés par al-Rāfiʿī (Aqḍiya) sans tarjīḥ ; Subkī distingue soigneusement cette masʾala de celle, déjà vue au takhṣīṣ, du madhhab du rapporteur (le ʿāmm n'est pas restreint par le madhhab du rāwī, fût-il Compagnon).
  • 6. Ḥujja s'il s'est répandu sans opposant — rapporté aussi du Qadīm ; mais Ibn al-Ṣabbāgh (al-ʿUdda) observe qu'al-Shāfiʿī argua en Jadīd du qawl de ʿUthmān dans la barāʾa des défauts… objection d'al-Ghazālī (le sukūt n'est pas un qawl), étonnement d'al-Hindī.
  • 7. Ḥujja s'il contredit le qiyās — car il n'a pu le contredire que sur la foi d'un texte reçu ; Ibn Burhān (al-Wajīz) y voit « la vérité claire, que les textes d'al-Shāfiʿī indiquent ».
  • 8. Ḥujja si s'y adjoint un qiyās al-taqrīb (rapporté par al-Māwardī comme qawl d'al-Shāfiʿī).
  • 9. Le qawl des deux Shaykh seulement — Abū Bakr et ʿUmar.
  • 10. Le qawl des quatre califes seulement.
  • 11. Les quatre califes sauf ʿAlī — tiré de la Risāla qadīma, où al-Shāfiʿī fait pencher la balance par Abū Bakr, ʿUmar ou ʿUthmān sans mentionner ʿAlī. Trois explications chez le Qaffāl : omission par concision (Ibn al-Qāṣṣ : « il l'a dit des trois par naṣṣ, je le dis de ʿAlī par takhrīj ») ; prudence face à l'accusation de tashayyuʿ (« explication inconsistante ») ; ou — version validée par le Qaffāl — parce que les trois premiers gouvernaient en consultant la masse des Compagnons : leur qawl équivaut à celui du plus grand nombre, tandis qu'à l'époque de ʿAlī les Compagnons s'étaient dispersés — « nulle diminution de sa force d'ijtihād, à Dieu ne plaise ».
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Le démêlage des questions confondues par l'auteur du Ḥāṣil et al-Bayḍāwī — ḥujjiyya et taqlīd sont deux masāʾil.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf

وَمَا ذَكَرَهُ فِي هَاتَيْنِ الْمَسْأَلَتَيْنِ — أَعْنِي الْحُجَّةَ وَالتَّقْلِيدَ — قَدْ صَرَّحَ بِهِ الْغَزَالِيُّ وَالرَّازِيُّ وَالْآمِدِيُّ وَغَيْرُهُمْ، وَأَفْرَدُوا لِكُلِّ حُكْمٍ مَسْأَلَةً، فَتَوَهَّمَ صَاحِبُ (الْحَاصِلِ) خِلَافَ ذَلِكَ وَخَلَطَ مَسْأَلَةً بِمَسْأَلَةٍ، وَتَابَعَهُ عَلَيْهِ الْبَيْضَاوِيُّ فَوَقَعَ فِي الْغَلَطِ.

Traduction : « Ce qu'il a exposé dans ces deux masāʾil — je veux dire la ḥujja et le taqlīd — al-Ghazālī, al-Rāzī, al-Āmidī et d'autres l'ont déclaré expressément, consacrant à chaque statut une masʾala distincte ; mais l'auteur du Ḥāṣil s'est figuré le contraire et a mêlé une masʾala à l'autre, et al-Bayḍāwī l'y a suivi — tombant ainsi dans l'erreur. »

Les leçons du commentaire

  • Discipline analytique : quatre questions à ne jamais confondre — la ḥujjiyya, le taqlīd, le takhṣīṣ du ʿāmm, le tarjīḥ. Chacune a ses propres qawl et ses propres attendus.
  • Hiérarchie des positions 4 et 5 : Subkī suspend les deux qawl du takhṣīṣ à la thèse « ḥujja dūna al-qiyās » — car si le qawl était au-dessus du qiyās, le takhṣīṣ irait de soi : al-Shāfiʿī et les imāms admettant le takhṣīṣ par le qiyās, ce qui lui est supérieur particularise a fortiori.
  • L'honnêteté doxographique : sur la position 6, Zarkashī enregistre l'objection d'al-Ghazālī et la défense d'al-Hindī — l'argument d'al-Shāfiʿī par le qawl répandu n'était peut-être pas une preuve « par ijmāʿ sukūtī » mais d'un autre ordre, « et c'est le vrai ».
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Zayd et les farāʾiḍ — « li-dalīl, lā taqlīdan »

Le cas d'école qui éprouve la doctrine
Al-Shāfiʿī suit Zayd b. Thābit dans les successions au point de suivre ses hésitations. Contradiction ? Réponse : deux murajjiḥ, pas un taqlīd.
Application Zayd

L'objection et la réponse

Le matn anticipe : « Quant à l'accord d'al-Shāfiʿī avec Zayd — qu'Allāh l'agrée — dans les farāʾiḍ, c'est pour un dalīl, non par taqlīd. » L'objection était forte : al-Shāfiʿī épouse le madhhab de Zayd jusqu'à ce que son propre qawl hésite là où la riwāya de Zayd hésite. N'est-ce pas du taqlīd ?

  • Premier murajjiḥ : la parole du Prophète ﷺ : « Afraḍukum Zayd » — le plus expert d'entre vous en successions est Zayd.
  • Second murajjiḥ (le Qaffāl) : de tout Compagnon ayant parlé des farāʾiḍ, on trouve quelque avis unanimement délaissé (mahjūr bi-l-ittifāq) — sauf Zayd : aucun de ses avis n'a été abandonné par accord. Or, comme pour deux ʿāmm dont l'un a été particularisé et l'autre non, celui qui est resté intact l'emporte.
  • L'objection d'al-Rāfiʿī : si al-Shāfiʿī suit Zayd pour un dalīl, c'est son ijtihād qui rencontre celui de Zayd ; sinon, cela reste du taqlīd. Réponse : il n'a adopté chaque solution que sur dalīl, mais il s'est conforté (istaʾnasa) par le madhhab de Zayd, appuyant parfois son qawl d'un qiyās khafī contre un qiyās jalī. « Au titre de l'istiʾnās, on dit : il a pris le madhhab de Zayd ; au titre de l'iḥtijāj, on dit : il ne l'a pas taqlīd-é. »
  • Pièces au dossier du « suivi » assumé : al-Shāfiʿī écrit dans al-Umm (combat des polythéistes) : « nous avons renoncé à le tuer en suivant Abū Bakr (ittibāʿan), non par qiyās » ; et dans al-Buwayṭī : le mutashābih ne s'interprète que par une sunna, un khabar des Compagnons ou de l'un d'eux, ou l'ijmāʿ des savants.
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À retenir

6 principes essentiels
La masʾala la plus ramifiée de la Porte VI, en six lignes.
  • Le qawl al-ṣaḥābī est son ijtihād, non sa riwāya — sur un autre Compagnon : pas ḥujja, wifāqan
  • Sur les autres générations : deux qawl d'al-Shāfiʿī ; le Jadīd : pas ḥujja — sauf, selon le Shaykh al-Imām, le taʿabbudī (les six rakʿa de ʿAlī : tawqīf présumé)
  • Ḥujjiyya ≠ taqlīd : deux masāʾil distinctes — confondues par le Ḥāṣil et al-Bayḍāwī ; le nœud du taqlīd : le madhhab du Compagnon n'a pas été consigné
  • L'arbitrage de Subkī : si le madhhab est avéré avec certitude, on le taqlīd-e d'un commun accord
  • L'éventail : jusqu'à onze positions — fawqa al-qiyās (Mālik, la plupart des Ḥanafites), dūnahu (d'où les deux qawl du takhṣīṣ), in intashara, in khālafa al-qiyās, qiyās al-taqrīb, les deux Shaykh, les quatre califes, les quatre sauf ʿAlī
  • Zayd dans les farāʾiḍ : li-dalīl lā taqlīdan — « afraḍukum Zayd » + l'argument du Qaffāl (aucun avis de Zayd unanimement délaissé)
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise.

Question

« Pourquoi l'exception du Shaykh al-Imām porte-t-elle précisément sur le domaine taʿabbudī ? Reconstituez le raisonnement à partir de l'exemple des six rakʿa de ʿAlī, puis expliquez en quoi cette exception rapproche le qawl al-ṣaḥābī de la riwāya — sans pourtant les confondre. »

🧠 Grille mnémotechnique

1
SUR UN ṢAḤĀBĪ
pas ḥujja
wifāqan
2
SUR AUTRUI
Jadīd : non
sauf taʿabbudī (tawqīf)
3
TAQLĪD
deux qawl
lam yudawwan → si avéré, oui
4
ÉVENTAIL
11 positions
personne du disant / qualité du qawl