L'inspiration n'est pas une ḥujja · « Qui n'est pas maʿṣūm ne peut se fier à ses pensées » · Et les dalāʾil que Subkī a laissés à la porte
Dernière preuve candidate examinée nommément par Subkī : l'ilhām — « le dépôt d'une chose dans la poitrine, qui apaise la poitrine, dont Allāh privilégie certains de Ses élus ». Est-il une ḥujja ? Non — « car celui qui n'est pas maʿṣūm (préservé) ne peut accorder confiance à ses pensées » — contrairement à certains Ṣūfiyya. Zarkashī déploie le débat : les uns (rapportés par Abū Zayd al-Dabūsī via Ibn al-Samʿānī) en font « une ḥujja au rang du waḥy » à coups de versets et de ḥadīths ; les Ahl al-Sunna répondent que la ḥujja doit pouvoir être exhibée — et que l'ilhām peut venir d'Allāh, du Shayṭān ou de la nafs, « sans marque décisive pour les départager ». Position médiane d'Ibn al-Samʿānī : nier l'ilhām en son principe est inadmissible — mais on l'éprouve à la balance du sharʿ. La carte se clôt sur la fāʾida du Tashnīf : Subkī a omis le sadd al-dharāʾiʿ des Mālikites — et, avec lui, la question sœur de la maṣlaḥa mursala, que nous remettons en perspective.
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« Masʾala : l'ilhām est le dépôt d'une chose dans la poitrine, par lequel la poitrine s'apaise, dont Allāh privilégie certains de Ses élus ; et il n'est pas une ḥujja — car celui qui n'est pas maʿṣūm ne peut accorder confiance à ses pensées — contrairement à certains Ṣūfiyya. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Istidlāl (al-ilhām, wa-fāʾidat sadd al-dharāʾiʿ) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 355-356
Curiosité signalée par Zarkashī : « mentionner l'ilhām dans ce chapitre, nos compagnons [shāfiʿītes] ne l'ont pas fait ; ce sont les Ḥanafites qui l'ont fait, dont Abū Zayd [al-Dabūsī] » — qu'Ibn al-Samʿānī cite dans al-Qawāṭiʿ : « l'ilhām est ce qui meut le cœur vers un savoir qui t'appelle à agir, sans istidlāl ni examen d'une ḥujja… et la majorité des savants y voit une chimère (khayāl) à laquelle il n'est permis d'œuvrer qu'au défaut de toutes les ḥujaj ». Subkī importe donc la masʾala — pour la trancher négativement. Symétriquement, il en omet une autre : « Fāʾida : le muṣannif a négligé le sadd al-dharāʾiʿ professé par les Mālikites — il l'a développé dans le Sharḥ al-Mukhtaṣar » (son commentaire du Mukhtaṣar d'Ibn al-Ḥājib). Bloquer les voies qui mènent au ḥarām — et son pendant positif, la maṣlaḥa mursala — appartient au même dossier des preuves disputées d'inspiration mālikite : cette carte en restitue la place.
Remarquez la construction : Subkī ne nie pas l'ilhām — il le définit avec révérence (« dont Allāh privilégie certains de Ses élus ») avant d'en refuser l'usage probatoire. Zarkashī glose même la langue : yathluju signifie « s'apaise » (yaṭmaʾinn), avec ḍamma ou fatḥa du lām selon les deux leçons rapportées par al-Jawharī.
Certains — Zarkashī rapporte la position extrême comme celle de « certains » — tiennent l'ilhām pour « une ḥujja au rang du waḥy entendu du Messager d'Allāh ﷺ ». Leurs preuves :
D'où leur thèse : l'ilhām est « un waḥy intérieur » (waḥy bāṭin) — dont serait privé celui qui désobéit et suit sa passion.
Traduction : « Ibn al-Samʿānī a dit : nier l'ilhām en son principe n'est pas admissible — il est concevable qu'Allāh le Très-Haut accorde cela à Son serviteur, par Sa bienveillance, à titre de karāma. Le vrai en cette affaire : tout ce qui se tient droit sur la loi du Prophète ﷺ, sans que rien dans le Livre ou la Sunna ne le repousse, est accepté ; ce qui n'est pas tel est rejeté — et relève des embellissements trompeurs de la nafs. »
Zarkashī note sobrement : « Fāʾida : le muṣannif a négligé (ahmala) le sadd al-dharāʾiʿ [professé] chez les Mālikites, et il l'a développé dans le Sharḥ al-Mukhtaṣar. » Repère doctrinal pour l'étudiant :
La maṣlaḥa mursala — « déliée », car ni attestée (muʿtabara) ni invalidée (mulghāt) par un texte particulier — est la preuve mālikite par excellence : légiférer sur le pur intérêt lorsque les textes se taisent. Le Kitāb al-Istidlāl du Jamʿ al-Jawāmiʿ ne lui consacre pas de masʾala propre — silence parallèle à celui sur les dharāʾiʿ, et tout aussi parlant :
« Le ḥadīth dit : "il est dans ma communauté des muḥaddathūn, et ʿUmar en est". Comment les Ahl al-Sunna peuvent-ils à la fois recevoir ce ḥadīth et refuser que l'ilhām soit une ḥujja ? Construisez la réponse à l'aide de la distinction d'al-Suhrawardī (profit propre / portée normative) et du critère d'Ibn al-Samʿānī. »