Avant le sharʿ : pas de ḥukm — Après : manāfiʿ → licéité, maḍārr → interdiction · La khātima : les cinq grandes qawāʿid du fiqh
Clôture du Kitāb al-Istidlāl — et de la Porte VI. Subkī commence par un renvoi : « le statut des choses utiles et nuisibles avant le sharʿ a déjà passé » — au début du traité, dans les Muqaddimāt : pas de ḥukm avant la venue du sharʿ, l'affaire est suspendue jusqu'à lui ; ne demeure que la barāʾa aṣliyya, l'absence originelle de charge. La question vivante est : et après ? Le Ṣaḥīḥ : « le principe des nuisibles est l'interdiction, et des utiles la licéité » — par le verset de la faveur ﴾خَلَقَ لَكُمْ مَا فِي الْأَرْضِ جَمِيعًا﴿ et le ḥadīth « lā ḍarara wa-lā ḍirāra ». Avec une réserve du Shaykh al-Imām, le père de Subkī : sauf nos biens — « vos sangs et vos biens vous sont sacrés ». Puis vient la khātima : les cinq qawāʿid sur lesquelles, selon le Qāḍī Ḥusayn, « le fiqh est bâti » — le yaqīn que le doute n'ébranle pas, le ḍarar qu'on élimine, la mashaqqa qui appelle la facilité, la ʿāda érigée en arbitre, et les actes qui valent par leurs intentions. Le pont est jeté vers les qawāʿid fiqhiyya — et vers la Porte VII (al-Taʿādul wa-l-tarājīḥ).
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« Masʾala : le statut des utilités et des nuisances avant le sharʿ a déjà passé ; après lui, le Ṣaḥīḥ est que le principe des nuisances est l'interdiction, et des utilités la licéité — le Shaykh al-Imām a dit : sauf nos biens. Khātima : le Qāḍī Ḥusayn a dit : le fiqh est bâti sur ceci — la certitude n'est pas levée par le doute, le préjudice s'élimine, la difficulté appelle la facilité, et la coutume est érigée en arbitre. On a dit : et les affaires [valent] par leurs intentions. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Istidlāl (al-manāfiʿ wa-l-maḍārr, khātima) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 351 et 356-358
La khātima n'est pas un appendice décoratif. Après avoir trié les preuves disputées une à une, Subkī montre le soubassement qui les porte : « c'est en vertu de la qāʿida [du yaqīn] que l'istiṣḥāb est une ḥujja », note Zarkashī — la première règle du Qāḍī Ḥusayn n'est autre que la carte 3 condensée en maxime ; et la quatrième (al-ʿāda muḥakkama) répond à la troisième définition de l'istiḥsān (carte 6). Zarkashī précise la terminologie : ces énoncés qui « ne sont pas propres à un chapitre du fiqh » se nomment qawāʿid ; ceux qui régissent un seul chapitre, ḍawābiṭ. Faut-il vraiment tout ramener à cinq règles ? « Si l'on entend un rattachement de détail clair et net, c'est de la forcerie (taʿassuf) — elles dépassent alors les deux cents » ; mais en gros, oui — et le Shaykh ʿIzz al-Dīn [Ibn ʿAbd al-Salām] « les a toutes ramenées à la considération des maṣāliḥ et à l'écartement des mafāsid ; et pressé davantage, il eût dit : je ramène tout à la considération des maṣāliḥ, car écarter les mafāsid en fait partie ».
« Le statut des manāfiʿ et maḍārr avant le sharʿ a déjà passé, au début du Livre, à son propos : il n'y a pas de ḥukm avant le sharʿ ; l'affaire est suspendue jusqu'à sa venue » (Zarkashī). Contre les Muʿtazila de Baṣra (licéité rationnelle de l'utile) et d'autres (interdiction rationnelle), les Ashʿarites tiennent que le ḥukm est un khiṭāb — un discours divin : avant la révélation, il n'existe simplement pas.
Le père de Subkī raffine : la majorité énonce en absolu que « le principe des manāfiʿ est l'ibāḥa » — « mais tu peux dire : les biens (amwāl) font partie des manāfiʿ, et l'apparent est que leur principe à eux est le taḥrīm », par la parole du Prophète ﷺ : « vos sangs et vos biens vous sont sacrés » (inna dimāʾakum wa-amwālakum ʿalaykum ḥarām). Ce ḥadīth est « plus particulier (akhaṣṣ) que les preuves générales de l'ibāḥa : il prime donc sur elles » — quoique « principe survenu sur un principe antérieur » : le māl, en tant que manfaʿa, relevait de l'ibāḥa ; en tant que propriété d'autrui, il relève de la sacralité. D'où, en fiqh : nul usage du bien d'autrui sans cause légitime — la règle gouverne ghaṣb, ḍamān, buyūʿ.
Traduction : « Le Qāḍī Ḥusayn a soutenu que le fiqh est bâti sur ces quatre qawāʿid ; certains ont soutenu qu'il en a négligé une cinquième : les affaires valent par leurs intentions… Et le Shaykh ʿIzz al-Dīn [Ibn ʿAbd al-Salām] les a toutes ramenées à la considération des maṣāliḥ et à l'écartement des mafāsid. »
Son aṣl : le ḥadīth de celui qui croit avoir rompu ses ablutions en prière — « qu'il ne sorte pas avant d'entendre un son ou de trouver une odeur ». Trois familles d'exemples données par Zarkashī :
« Peut-être est-elle la condition même du fiqh : le but des aḥkām est de procurer les utilités et repousser les nuisances. » Zarkashī la déploie sur les cinq ḍarūriyyāt : le shirk — nuisance dans le dīn — écarté par le combat des agresseurs ; le vol, l'usurpation, la destruction — nuisances dans le māl — écartées par le qaṭʿ, le ḍamān et la cinquantaine de formes du ḥajr ; la zinā — nuisance dans le nasl — écartée par le ḥadd, la ʿidda, le liʿān ; le meurtre — nuisance dans la nafs — écarté par le qiṣāṣ, la diya, la licéité de la mayta pour le contraint ; l'ivresse — nuisance dans le ʿaql — écartée par l'interdiction de l'enivrant et le ḥadd. Sous-règles incluses : « le ḍarar ne s'élimine pas par le ḍarar » (pas d'obligation de réparer pour le copropriétaire, qiṣāṣ dû par le contraint au meurtre) et « les ḍarūrāt rendent licites les interdits — à condition de ne pas leur être inférieures » (la mayta du famélique).
Zarkashī en donne un panorama-fleuve : cinq prières seulement (dix-sept rakʿa réparties sur les heures libres), jamʿ et qaṣr du voyageur, suspension par les excuses (ḥayḍ, enfance, folie), wuḍūʾ limité à quatre membres et au ḥadath, tayammum, masḥ sur les khuff, l'or pardonné des impuretés difficiles, zakāt à seuils et conditions allégées, jeûne borné au jour avec fidya et qaḍāʾ élargis, ḥajj conditionné à l'istiṭāʿa avec nâʾib et taḥallul, jihād à charge collective, lois des contrats (khiyār, iqāla, salam, rahn, ḍamān, ʿāriyya…), du nikāḥ, des jināyāt — « tout cela est une facilité que la difficulté du reste a appelée ». Et les Aʾimma ajoutent : « la ḥāja (besoin) peut tenir lieu de mashaqqa » en certains chapitres.
Le Qāḍī Ḥusayn la fondait sur « ce que les musulmans voient comme bon est bon auprès d'Allāh » — mais les muḥaddithīn y voient un mawqūf sur Ibn Masʿūd ; « le meilleur appui » : le ḥadīth de Hind — « prends de son bien ce qui te suffit, toi et ton fils, bi-l-maʿrūf » — et le verset ﴿خُذِ الْعَفْوَ وَأْمُرْ بِالْعُرْفِ﴾. Fonctions recensées par Zarkashī : déterminer les seuils (petitesse et grandeur, abondance de l'eau et de son altération, longueur du faṣl dans le sahw, ce qui « se compte » comme couvrant, comme parfum pour le muḥrim, mahr al-mithl, kafāʾa) ; déterminer les actes non bornés par le texte (qabḍ, iḥyāʾ al-mawāt, ḥirz du vol, ce qui vaut acceptation d'hospitalité) ; déterminer la portée des mots (serments, waqf, waṣāyā, dirham et ṣāʿ, monnaies « courantes ») — « d'où la validité de la muʿāṭāh en ce que les gens comptent pour vente, selon le choix de la fatwā ».
Son dalīl : « innamā al-aʿmāl bi-l-niyyāt ». Ses offices : seule la niyya sépare les ʿibādāt des ʿādāt et hiérarchise leurs degrés ; les mubāḥāt ne se distinguent des maʿāṣī que par l'intention ; ce qui se distingue par soi-même (īmān, adhān, dhikr, qirāʾa) n'exige pas la niyya de taqarrub — le simple qaṣd suffit, « pour exclure le distrait, qui n'agit pas véritablement ». Et la note finale du Tashnīf : si le Qāḍī Ḥusayn l'a omise, c'est peut-être qu'elle se laisse reconduire à la ʿāda — « le lavage non intentionné ne se nomme pas, dans l'usage, ghusl ni qurba ».
Le Kitāb al-Istidlāl s'achève : définition et formes logiques (carte 1), istiqrāʾ (2), istiṣḥāb (3), sharʿ man qablanā (4), qawl al-ṣaḥābī (5), istiḥsān (6), ilhām et preuves omises (7), manāfiʿ/maḍārr et qawāʿid (8). Le tri est fait : ce qui se ramène aux preuves reconnues est reçu ; ce qui prétend à l'autonomie sans rattachement est écarté — « man istaḥsana fa-qad sharraʿa ».
Et Zarkashī annonce la suite en architecte : « Lorsque fut achevé le propos sur les preuves consensuelles et disputées — et que la connaissance des preuves en elles-mêmes ne dispense pas, dans l'istidlāl, de conditions, à savoir la manière d'arguer par elles lors du conflit — il consacra le Livre [suivant] à cela, et le plaça après les preuves, car ce sont là des attributs des preuves : leur rang vient donc après elles. » Le Kitāb al-Taʿādul wa-l-tarājīḥ — l'équilibre des preuves et les facteurs de prépondérance — sera la Porte VII.
« Le Shaykh al-Imām excepte les amwāl du principe de licéité des manāfiʿ, par le ḥadīth "vos sangs et vos biens vous sont sacrés". Reconstituez son raisonnement en termes de ʿāmm et de khāṣṣ, puis expliquez sa propre nuance : pourquoi dit-il que la sacralité des biens est "un principe survenu sur un principe antérieur" — et qu'est-ce que cela change pour le bien sans propriétaire (l'eau d'un fleuve, le gibier) ? »