Le takhṣīṣ par dalīl autonome · ʿAql, ḥiss, textes, khabar al-wāḥid, qiyās, mafhūm, fiʿl, taqrīr, ʿāda · L'inventaire complet
Deuxième espèce du mukhaṣṣiṣ : le dalīl autonome, qui n'a pas besoin du discours général pour subsister. Subkī en dresse l'inventaire en partant du plus incontesté : la perception (Bilqīs « a reçu de toute chose » — pas les cieux ni le royaume de Sulaymān) et la raison (le Créateur « de toute chose » ne se crée pas Lui-même) — al-Shāfiʿī refusait seulement de nommer cela takhṣīṣ, querelle de mots. Puis les textes entre eux : le Kitāb par le Kitāb, la Sunna par la Sunna et par le Kitāb, le Kitāb par la Sunna mutawātira — et la masʾala chaude : par le khabar al-wāḥid, admis par les quatre imāms contre la pratique ḥanafite, avec une position personnelle de Subkī (« ʿindī ʿaksuh ») qu'al-Zarkashī épingle : « personne ne l'a soutenue avant lui ». Suivent le qiyās (sept positions !), le mafhūm de concordance et d'opposition, l'acte et le taqrīr du Prophète ﷺ, l'ijmāʿ — délibérément omis du matn —, la coutume et le madhhab du Compagnon, qui, lui, ne particularise pas.
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« Deuxième espèce : le séparé. Le takhṣīṣ par la perception et par la raison est permis, n'en déplaise à des avis isolés. L'avis le plus correct admet la particularisation du Kitāb par le Kitāb, de la Sunna par la Sunna et par le Kitāb, du Kitāb par la [Sunna] mutawātira — et de même par le khabar al-wāḥid selon le jumhūr —, par le qiyās, par la faḥwā, et de même par le dalīl al-khiṭāb selon l'avis prépondérant, par l'acte du Prophète — sur lui la paix — contrairement à al-Karkhī, et par son approbation tacite selon l'avis le plus correct. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (al-mukhaṣṣiṣāt al-munfaṣila) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 188-193
Aucune masʾala de la Famille G ne mobilise autant de protagonistes. Côté admission large : les quatre imāms pour le takhṣīṣ du Kitāb par le khabar al-wāḥid — « il faut bien faire opérer le khāṣṣ, sinon on l'abolit » — même si la pratique ḥanafite le renie. Côté restrictions : ʿĪsā b. Abān (le ʿāmm jamais entamé ne cède qu'au qaṭʿī), al-Karkhī (il faut un takhṣīṣ munfaṣil préalable), le Qāḍī Abū Bakr (waqf). Sur le qiyās, l'Imām al-Rāzī se contredit entre les Maʿālim (refus) et le Maḥṣūl (admission) ; al-Ghazālī propose la voie des vérificateurs : peser cas par cas la force du ʿumūm contre celle du qiyās — « excellente doctrine », approuve Ibn Daqīq al-ʿĪd. Et c'est ici que Subkī ose un tafaqquh personnel : le ʿāmm déjà entamé par un qaṭʿī ne devrait plus, selon lui, céder aux āḥād — inversion exacte de ʿĪsā b. Abān, « que personne n'a soutenue », note al-Zarkashī : un exemple rare d'ijtihād uṣūlien dans un mukhtaṣar.
Traduction : « La masʾala compte quatre figures. Première : la particularisation du Kitāb par le Kitāb est permise — contrairement à certains Ẓāhirites. Notre preuve : elle a eu lieu. Allāh a dit : "Les répudiées attendront trois périodes" — général pour les enceintes et les autres — et cela a été particularisé par Sa parole : "Quant aux femmes enceintes, leur terme est qu'elles déposent leur grossesse." »
Al-Rāzī affirme que la ʿāda particularise, al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib le nient — contradiction apparente que Zarkashī dissout : ils ne parlent pas de la même chose.
« ʿĪsā b. Abān et Subkī tiennent des positions exactement inverses sur le takhṣīṣ du Kitāb par le khabar al-wāḥid : lequel exige un takhṣīṣ qaṭʿī préalable, lequel l'interdit après un tel takhṣīṣ — et sur quel raisonnement chacun s'appuie-t-il ? Pourquoi, par ailleurs, "lā mīrātha li-qātil" particularise-t-il le verset des héritages sans aucun khilāf, alors que c'est un khabar wāḥid ? »