Qu'est-ce qu'un discours ? · Isnād · mufīd · maqṣūd li-ḏātihi · Une définition à quatre restrictions, et pourquoi chaque mot compte
Après le composé, al-Subkī définit le discours (al-kalām) lui-même — la matière dont le khabar sera une espèce. Sa définition est un modèle de précision uṣūlī : « ce qui, parmi les mots, comporte une attribution signifiante visée pour elle-même ». Chaque terme exclut un cas : « parmi les mots » (min al-kalim) écarte le mot isolé ; « attribution » (isnād) écarte les rapports d'annexion et de qualification ; « signifiante » (mufīd) écarte « le ciel est au-dessus de la terre » ; « visée » (maqṣūd) écarte le discours du dormant ou du perroquet ; « pour elle-même » (li-ḏātihi) écarte la protase et la proposition relative. Al-Zarkashī ajoute trois avertissements : la définition d'Ibn Mālik n'est pas sans difficulté ; les juristes appliquent « kalām » au mot isolé (d'où l'invalidation de la prière) ; et les grammairiens, contre les logiciens, restreignent le discours à « deux noms ou un nom et un verbe ».
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« Le discours (al-kalām) est ce qui, parmi les mots (kalim), comporte une attribution (isnād) signifiante (mufīd), visée pour elle-même (maqṣūd li-ḏātihi). »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, préambule linguistique §3 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 28-32
La méthode classique du ḥadd (la définition essentielle) consiste à poser un genre puis des différences qui retranchent tout ce qui n'appartient pas au défini. Ici, le genre est « ce qui, parmi les mots, comporte une attribution » ; les trois différences (mufīd, maqṣūd, li-ḏātihi) éliminent successivement les faux candidats. La beauté pédagogique de la masʾala est qu'à chaque mot de la définition correspond un contre-exemple précis qu'il sert à exclure. Comprendre la définition, c'est donc comprendre ce que chaque restriction chasse. al-Subkī améliore au passage les formules antérieures (le Mufaṣṣal de Zamakhsharī, le Mukhtaṣar d'Ibn al-Ḥājib) en disant « parmi les mots » plutôt que « deux mots ».
Dire « min al-kalim » (parmi les mots) plutôt que « deux mots » présente deux avantages :
Cette définition est celle d'Ibn Mālik dans le Tashīl, « et elle n'est pas exempte de difficulté ». On peut contester qu'on ne nomme pas « le ciel est au-dessus de la terre » un discours : car c'est un énoncé (khabar) — la preuve étant qu'on peut lui répondre « tu dis vrai » ou « tu mens » — et tout énoncé est une espèce de discours. De plus, le mot « visée » serait superflu : la seule mention de l'isnād dispense déjà du cas du dormant, et la proposition relative est déjà posée comme « énonciative ». D'où le mot d'Ibn Mālik dans le Šarḥ al-Kāfiya : « se borner à "signifiant" (mufīd) suffit ».
Traduction : « Quant à la convention des juristes, [le mot "kalām"] s'applique au mot isolé, au minimum de deux lettres ou d'une lettre signifiante, et c'est pourquoi ils ont invalidé la prière par lui. » Là où les grammairiens exigent une composition attributive, les juristes considèrent qu'une seule parole, même brève, rompt la prière. C'est l'illustration concrète que le terme « kalām » a un sens technique variable selon la discipline.
Les grammairiens : le discours ne se compose que de deux noms, ou d'un nom et un verbe (il faut un sujet, qui ne peut être qu'un nom, et un prédicat, nom ou verbe). Les logiciens objectent par la proposition conditionnelle. On objecte aussi par le vocatif (« ô Zayd ! »), composé d'un nom et d'une particule ; réponse : le vocatif renferme un verbe sous-entendu. Contre-objection : s'il y avait verbe, il serait susceptible de vrai et de faux — réfutée par le fait que le verbe sous-entendu peut être performatif (inšāʾ), non énonciatif, comme les formules des contrats.
« Ibn Mālik dit dans le Šarḥ al-Kāfiya que "se borner à mufīd suffit". Pourquoi estime-t-il que les mots maqṣūd et li-ḏātihi seraient superflus ? Et al-Zarkashī conteste un autre point de la définition : lequel, et avec quel argument tiré du khabar ? »