Le discours qui réclame · Demander la quiddité, obtenir l'acte, obtenir l'abstention · Pourquoi « par institution » et non « par essence »
Dernière marche du préambule linguistique : al-Subkī partage le discours signifiant selon qu'il communique ou non une demande (ṭalab) par institution. S'il communique une demande, trois cas : demander à énoncer la quiddité d'une chose = interrogation (istifhām) ; obtenir un acte = ordre (amr) ; obtenir l'abstention d'un acte = défense (nahy). al-Zarkashī montre la finesse du choix lexical d'al-Subkī : il dit « par institution » (bi-l-waḍʿ) et non « par essence » (le Minhāǧ), pour écarter ce qui communique une demande seulement par implication (« je te demande de m'énoncer la réalité de l'homme » n'est pas une interrogation). Et il épuise les deux divisions — ordre / défense — en se fondant sur le principe que l'abstention est un acte (al-kaff fiʿl), déjà rencontré dans la définition de la Sunna.
Disponible sur ordinateur
« S'il [le composé] communique par institution une demande (ṭalab) : la demande d'énoncer la quiddité est interrogation (istifhām) ; obtenir [cette quiddité], ou obtenir l'abstention d'elle, est ordre (amr) et défense (nahy) — fût-ce de la part d'un solliciteur (multamis) ou d'un quémandeur (sāʾil). »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, préambule linguistique §5 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 35-37
Le discours signifiant se divise d'abord selon qu'il réclame quelque chose (ṭalab) ou non. Cette carte traite le versant « réclamation » ; la carte suivante (n°18) traitera le versant « non-réclamation », qui se subdivise lui-même en notification (tanbīh), performatif (inšāʾ) et énoncé (khabar) — porte d'entrée vers toute la théorie du khabar. Comprendre ici comment al-Subkī épuise les types de demande (interrogation / ordre / défense) prépare donc directement la grande division qui structure les blocs suivants. Le fil rouge : c'est toujours par des choix de mots millimétrés qu'al-Subkī rend sa division exhaustive sans recouvrement (ḥāṣir).
Si le composé communique une demande pour elle-même :
al-Subkī ajoute « ou l'obtention de l'abstention » à la formule du Minhāǧ (« et pour l'obtention d'une chose »). Raison de logicien :
On pourrait objecter : le propos d'al-Subkī porte sur le composé (murakkab), or la forme de l'ordre (« iḍrib », frappe !) est un terme simple (mufrada) — une partie de son énoncé ne renvoie pas à une partie de son sens.
La forme de l'ordre recèle un pronom latent (ḍamīr mustakinn) tenu pour exprimé. Preuve : on peut l'insister, le mettre au duel et au pluriel — « lève-toi, toi » (qum anta), « levez-vous tous deux » (qūmā), « levez-vous » (qūmū). Le sujet est donc bien présent, et l'ordre est de fait une attribution (rattachement d'une demande à un requis), c'est-à-dire un discours composé au sens de la définition.
« al-Subkī aurait pu se contenter de dire que la demande vise "l'obtention d'une chose". Pourquoi distingue-t-il expressément "obtenir l'acte" et "obtenir l'abstention" ? Que se passerait-il, pour l'exhaustivité de la division, dans chacune des deux formulations qu'il rejette ? »