Le rapport, cœur de la transmission · Ce qui admet le vrai et le faux · La grande division du discours qui ne demande pas
Ouverture du Bloc 1 — la théorie du khabar, fondement de tout le reste du livre : c'est par des rapports (akhbār) que la Sunna nous parvient. al-Subkī achève sa division du discours. On a vu (carte 17) le versant demande (ṭalab) ; voici le versant non-demande : ou bien le discours n'admet ni le vrai ni le faux — c'est la notification (tanbīh) et le performatif (inshāʾ) ; ou bien il les admet — c'est le rapport (khabar). al-Zarkashī détaille ce qui se range sous le tanbīh (souhait, espérance, serment, interpellation), discute la divergence entre uṣūliyyūn et rhétoriciens, et tranche la querelle de formulation soulevée par al-Ghazālī : faut-il dire « vérité/fausseté » (ṣidq/kadhab) ou « tenir-pour-vrai/tenir-pour-faux » (taṣdīq/takdhīb) ?
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« Sinon [s'il ne communique pas une demande par institution], alors ce qui n'admet ni la vérité ni la fausseté est notification (tanbīh) et performatif (inshāʾ) ; et ce qui les admet est le rapport (khabar). »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 1 (théorie du khabar) §1 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 37-39
Tout ce que nous savons de la Sunna nous parvient sous forme de rapports : « Untel a rapporté que le Prophète ﷺ a dit… ». La science de la transmission tient donc à une question préalable : qu'est-ce qu'un khabar, et qu'est-ce qui le distingue d'un énoncé qui n'est ni vrai ni faux ? al-Subkī répond par une division : le discours signifiant se partage en demande (carte 17) et non-demande ; et la non-demande se subdivise selon qu'elle est ou non susceptible de vérité et de fausseté. Ce critère — l'admission du vrai et du faux — sera la clef de tout : c'est lui qui permettra de classer les rapports en certainement vrais, certainement faux, et probables (cartes 19-26).
Si le discours ne communique pas une demande par institution (mais l'indique éventuellement par implication), deux cas :
Un groupe, dont al-Ghazālī, soutient que s'exprimer par « taṣdīq / takdhīb » (tenir-pour-vrai / tenir-pour-faux) vaut mieux que « ṣidq / kadhab » (vérité / fausseté). Motif : certains rapports n'admettent que la vérité — tel le rapport du Véridique (khabar al-ṣādiq) — et d'autres que la fausseté — comme « l'unité est la moitié de la dizaine ». Dire que le khabar « admet le vrai et le faux » semblerait donc inexact pour ces cas.
Traduction : « Car l'admission [des deux] se fait selon le concept (mafhūm), et le khabar l'est en tant qu'il est susceptible de cela ; or la détermination de l'une des deux possibilités dans certains cas particuliers, selon l'extérieur et en raison d'une particularité, ne fait pas sortir la quiddité du rapport de sa susceptibilité [aux deux] en tant que telle. »
« Le rapport du Véridique (le Prophète ﷺ) n'admet en fait que la vérité. Pourquoi cela ne contredit-il pas la définition du khabar comme "ce qui admet le vrai et le faux" ? Et pourquoi al-Subkī refuse-t-il la reformulation d'al-Ghazālī par "taṣdīq / takdhīb" ? »