Une notion première peut-elle se définir ? · Définir le khabar par son opposé (l'inshāʾ) · La relation extérieure et la relation rationnelle
Le khabar est-il une notion si première qu'elle échappe à toute définition — comme la « connaissance », l'« existence » et le « néant » ? al-Rāzī le pense : chacun sait ce qu'est un rapport, on ne peut le définir. al-Subkī tient le contraire : il se définit. Et l'une des voies les plus fécondes consiste à le définir par son opposé : le performatif (inshāʾ) est ce dont le signifié advient dans l'extérieur par le discours même (« j'ai vendu », « j'ai répudié ») ; le khabar est son contraire — ce qui possède un référent extérieur auquel il correspond comme vrai ou faux. al-Zarkashī affine : la relation (nisba) du performatif naît avec l'expression ; celle du rapport préexiste, et l'expression ne fait qu'en informer. D'où la formule : « les performatifs sont suivis de leur signifié, les rapports suivent leurs signifiés ».
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« Un groupe a refusé de le définir, comme [on refuse de définir] la connaissance, l'existence et le néant. On dit aussi : le performatif est ce dont le signifié advient dans l'extérieur par le discours [même] ; et le rapport en est le contraire, à savoir ce qui a un extérieur [auquel il correspond comme] vérité ou fausseté. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 1 §2 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 39-42
Certaines notions sont si fondamentales qu'on ne dispose de rien de plus clair pour les définir : on les dit ḍarūriyya (connues par nécessité). al-Rāzī range le khabar parmi elles — « chacun sait qu'il existe ». Mais le « correct », pour al-Subkī, est qu'il se définit. La masʾala illustre une stratégie classique de définition : quand une notion résiste à la définition directe (« ce qui admet le vrai et le faux »), on la cerne par contraste avec son opposée. Comme le performatif (inshāʾ) est plus aisé à saisir — son signifié naît avec lui —, on définit le rapport comme « son contraire ». Toute la finesse portera alors sur la nature de la relation (nisba) : préexiste-t-elle à l'expression, ou naît-elle avec elle ?
Et les tenants de la définition divergent : les uns disent « ce qui admet le vrai et le faux » (carte 18) ; les autres le définissent par son opposé.
On n'entend pas par « suivre » une dépendance dans l'existence — sinon cela ne vaudrait qu'au passé (le présent est concomitant, le futur postérieur). On entend que le rapport dépend de l'établissement de son objet en son temps, qu'il soit passé, présent ou futur.
On objecte : le rapport sur le futur (« Zayd se lèvera ») n'a, au moment où on l'énonce, aucun extérieur vrai ou faux ; et quand l'objet advient, le rapport n'existe plus. Or « s'ils étaient ramenés, ils reviendraient à ce qui leur fut défendu : ce sont vraiment des menteurs » (al-Anʿām) montre qu'un rapport sur le futur est qualifié de vrai et faux.
« "Zayd se lèvera" : au moment où je l'énonce, le lever n'existe pas encore ; quand il survient, mon énoncé n'est plus. Comment ce rapport peut-il alors être qualifié de vrai ou de faux ? Quelle correction d'al-Qarāfī, reprise par Ibn al-Ḥājib, sauve la définition ? »