Sur quoi porte exactement le « vrai » ou le « faux » ? · La relation, non ses termes · Une règle des rhétoriciens aux conséquences juridiques
Clôture du Bloc 1 : où, dans un énoncé, loge le vrai ou le faux ? Quand je dis « Zayd fils de ʿAmr est debout », et qu'on me répond « tu dis vrai » ou « tu mens », ce jugement porte sur le fait d'être debout — c'est-à-dire sur la relation (nisba) que l'énoncé contient — non sur la filiation « fils de ʿAmr », qui n'est qu'un terme. al-Subkī tire de cette règle, empruntée aux rhétoriciens (al-Sakkākī) et négligée des uṣūliyyūn, des conséquences juridiques concrètes : la portée d'un témoignage de procuration, la validité des mariages des mécréants, le sens du ḥadīth « le noble fils du noble ». Le père d'al-Subkī précise une distinction décisive : dans le discours des hommes, l'implication ne suffit pas (le témoin doit énoncer) ; dans la Parole de Dieu, on argumente aussi bien par correspondance que par implication.
Disponible sur ordinateur
« Le siège de la vérité et de la fausseté est la relation que [le rapport] contient, rien d'autre — tel "debout" dans "Zayd fils de ʿAmr est debout", non la filiation de Zayd. De là, Mālik et certains des nôtres ont dit : le témoignage portant qu'Untel fils d'Untel a donné procuration à Untel est un témoignage portant sur la procuration seulement ; mais l'avis [retenu dans] l'école est : sur la filiation par implication et sur la procuration à titre principal. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 1 §5 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 48-51
al-Zarkashī souligne que cette règle, « importante », a été négligée par les uṣūliyyūn et consignée par les rhétoriciens (al-Sakkākī) — c'est d'eux qu'al-Subkī l'a tirée. Son intérêt est qu'elle connecte la grammaire de l'énoncé au fiqh : puisque le vrai et le faux ne portent que sur la relation (le prédicat asséné), et non sur les termes qui servent seulement à désigner le sujet, un témoignage ne « prouve » à titre principal que ce sur quoi il statue. Le reste (la filiation mentionnée en passant) n'est établi que « par implication » (ḍimnan). De là découlent des règles concrètes de témoignage et d'argumentation scripturaire — et la fameuse différence entre la parole humaine et la Parole divine.
Le siège du vrai et du faux dans le rapport est la relation que le rapport contient, non l'un de ses deux termes. Dis « Zayd fils de ʿAmr est debout », puis « tu dis vrai » ou « tu mens » : le jugement se rapporte au fait d'être debout (le prédicat asséné), non à la filiation de Zayd (un terme, mentionné seulement pour identifier le sujet).
Rapporté par al-Buḫārī. Le démenti (« vous mentez ») semble porter sur le qualificatif de filiation (« fils de Dieu ») — c'est-à-dire sur l'un des deux termes, non sur la relation — ce qui ferait difficulté à la règle. De même al-Shāfiʿī argumente de la validité des mariages des mécréants par « et la femme de Pharaon dit… » (al-Qaṣaṣ) — où le mot « femme [de] » est un terme, non la relation prédiquée.
Il faut excepter le cas où la qualité du sujet est elle-même visée par le jugement, en sorte que l'objet du jugement soit, quant au sens, la configuration formée du sujet et de sa qualité. Exemple : « le noble, fils du noble, fils du noble : Yūsuf fils de Yaʿqūb fils d'Isḥāq fils d'Ibrāhīm » — ici le visé est celui qui réunit sa noblesse et celle de ses pères, non un « noble » à qui échoit par hasard la noblesse (comme « Zayd le savant est debout »). De même les qualités des définitions (« l'homme est un animal doué de parole ») : la qualité et le qualifié sont tous deux visés.
Dans « laysa ghayru », quatre flexions sont admises : la fatḥa et la ḍamma sur le rāʾ sans nunation (sur la sous-entente du nom), et avec nunation dans les deux cas. al-Subkī s'écarte de la formule d'autres auteurs (« lā ghayra ») : certains ont jugé celle-ci fautive, car « ghayru » ne se détache de l'annexion, sur le plan formel, que lorsqu'il est précédé de « laysa » en particulier.
« "Vous mentez : Dieu ne s'est pas donné d'enfant" : le démenti semble porter sur le terme "fils de Dieu", non sur la relation prédiquée — ce qui contredirait la règle. Quelle exception lève la difficulté, et en quoi le ḥadīth "le noble fils du noble : Yūsuf…" l'illustre-t-il ? »