Quels rapports sont certainement vrais ? · Khabar al-ṣādiq · khabar de la umma · le mutawātir · Littéral ou par le sens
Versant lumineux de la carte précédente : les rapports dont la véracité est certaine (al-maqṭūʿ bi-ṣidqihi). al-Subkī en distingue les types. D'abord le rapport du Véridique (khabar al-ṣādiq), à qui le mensonge ne peut absolument être imputé : le rapport de Dieu (par Sa science et Sa plénitude, transcendant toute imperfection) et le rapport du Messager ﷺ (préservé du mensonge par le miracle). Puis le rapport de la communauté entière (par le témoignage de Dieu et de Son Messager ﷺ en sa faveur). Enfin — et c'est le cœur de la suite — le mutawātir, le seul rapport, dit al-Ghazālī, dont la véracité se connaît par la seule transmission. al-Zarkashī distingue le mutawātir littéral (lafẓī) et par le sens (maʿnawī).
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« Ou bien [un rapport dont] la véracité est certaine : tel le rapport du Véridique (al-ṣādiq), une partie de ce qui est attribué à Muḥammad ﷺ, et le [rapport] massivement transmis (mutawātir), quant au sens ou quant à la lettre. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, 3ᵉ partie §5 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 56-58
Un rapport peut être certainement vrai pour deux raisons radicalement différentes. La première tient à la personne du rapporteur : Dieu, qui ne ment pas par Sa perfection ; le Prophète ﷺ, préservé (maʿṣūm) par le miracle qui atteste sa mission. Ici, c'est l'autorité de la source qui garantit. La seconde tient au nombre des rapporteurs : le mutawātir — une foule dont l'entente sur le mensonge est impossible. Ici, ce n'est pas la sainteté d'un transmetteur qui garantit, mais l'impossibilité statistique et psychologique d'une collusion massive. al-Ghazālī insiste : c'est le seul rapport dont la véracité naisse de la transmission elle-même ; tout autre a besoin d'une preuve externe. Cette carte introduit le mutawātir, dont la carte 25 donnera la définition technique.
Le khabar al-ṣādiq est celui à qui le mensonge ne peut absolument être imputé, pour deux motifs :
Traduction : « Il n'est, parmi les rapports, rien dont la véracité se connaisse par le seul fait de la transmission, sinon le mutawātir ; tout le reste ne se connaît véridique que par une preuve, autre que le rapport lui-même, qui l'indique. » Et l'auteur du Muʿtamad rapporte d'al-Naẓẓām qu'il exige un indice contextuel (qarīna) pour que le rapport isolé procure la connaissance — « ce qui est singulier ».
« Le rapport de Dieu, celui du Prophète ﷺ et le mutawātir sont tous "certainement vrais" — mais la racine de leur certitude n'est pas la même. Distinguez la certitude fondée sur la personne du rapporteur de celle fondée sur le nombre. Pourquoi al-Ghazālī réserve-t-il au seul mutawātir la véracité connue "par la transmission seule" ? »