Un seul transmetteur suffit-il ? · al-Jubbāʾī : deux, ou un appui · Et la fausse attribution à ʿAbd al-Jabbār
Faut-il plus d'un transmetteur pour qu'un rapport solitaire soit recevable ? La doctrine dominante dit non : un seul probe suffit. Mais al-Jubbāʾī (muʿtazilite) exige deux transmetteurs — ou, à défaut, un appui (iʿtiḍād) : un sens scripturaire apparent, la pratique de Compagnons, un effort interprétatif, ou une large diffusion. al-Zarkashī rectifie deux attributions : (1) ceux qui prêtent à al-Jubbāʾī l'exigence d'un nombre absolu se trompent (sa position admet l'appui) ; (2) l'avis « quatre transmetteurs pour la fornication » qu'al-Subkī attribue à ʿAbd al-Jabbār n'est pas de lui — il ne faisait que le rapporter d'al-Jubbāʾī. Au passage, les fameux exemples des Compagnons (Dhū al-Yadayn, al-Mughīra, Abū Mūsā) sont expliqués : leur prudence tenait à des raisons particulières, non à une règle de nombre.
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« al-Jubbāʾī : il faut deux [transmetteurs] ou un appui (iʿtiḍād) ; ʿAbd al-Jabbār : il faut quatre dans [le rapport portant sur] la fornication (zinā). »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 2 §5 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 74-75
La position d'al-Jubbāʾī (et plus encore « quatre pour la fornication ») repose sur une analogie entre transmission et témoignage : puisque le témoignage exige deux ou quatre témoins, le rapport devrait en faire autant. Cette analogie est précisément ce que la doctrine dominante refuse (voir la carte 22, bloc 1, sur la distinction riwāya / shahāda) : la transmission porte sur une règle générale et durable, le témoignage sur un droit particulier et litigieux — les régimes de preuve diffèrent. La carte montre aussi un beau travail de philologie savante : al-Zarkashī démêle les chaînes d'attribution (qui a vraiment dit quoi), et corrige al-Subkī lui-même, qui avait suivi le Maḥṣūl en prêtant à ʿAbd al-Jabbār un avis qu'il ne faisait que rapporter.
al-Jubbāʾī exige deux transmetteurs ; à défaut, le rapport doit s'appuyer (iʿtiḍād) sur l'un des éléments suivants :
On argumente pour l'exigence du nombre par trois précédents :
Ce qu'al-Subkī rapporte de ʿAbd al-Jabbār (« quatre dans la fornication ») suit le Maḥṣūl ; mais ʿAbd al-Jabbār ne l'a pas dit : il l'a seulement rapporté d'al-Jubbāʾī, comme l'indique Abū al-Ḥusayn (Muʿtamad), en précisant qu'il l'avait analogué au témoignage [de fornication, qui exige quatre témoins].
Le Mustaṣfā, en rapportant cet avis, implique une généralisation à tout rapport, non à la fornication en particulier : « al-Jubbāʾī exige le nombre pour l'acceptation du rapport, et certains disent : il faut quatre, par emprunt au témoignage de fornication ».
« L'exigence d'un nombre de transmetteurs (deux, ou quatre pour la fornication) repose sur une analogie avec le témoignage. Pourquoi la doctrine dominante refuse-t-elle cette analogie ? Quelle distinction, vue dans le Bloc 1, sépare la transmission (riwāya) du témoignage (shahāda) ? »