Quand un transmetteur ajoute un détail · L'unité de la séance est-elle connue ? · Le silencieux plus exact, et l'ajout qui change la déclinaison
Un problème central de la critique du ḥadīth : un transmetteur probe ajoute, dans un rapport, un mot ou une phrase que d'autres, transmettant le même ḥadīth, n'ont pas mentionné. Cet ajout du probe (ziyādat al-thiqa) est-il accepté ? La réponse pivote sur une question : la séance d'audition était-elle unique ou multiple ? Si elle n'est pas connue comme unique, l'ajout est accepté (le Prophète ﷺ a pu dire le propos avec l'ajout dans une séance, sans lui dans une autre). Si la séance est unique, cinq avis s'affrontent — al-Subkī retient celui d'al-Samʿānī : refus si les autres présents n'auraient pas pu être inattentifs à un tel ajout, ou si les motifs de le transmettre auraient dû abonder. La carte couvre aussi le silencieux plus exact (§9), l'ajout transmis une fois et omis (§10), et l'ajout qui change la flexion du reste (§11).
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« L'ajout du probe est accepté s'il n'est pas établi que la séance est unique ; sinon, le troisième [avis] : la suspension ; le quatrième : si les autres, pareils à lui, ne sauraient d'ordinaire être inattentifs à un pareil [ajout], il n'est pas accepté ; l'avis retenu, conformément à al-Samʿānī : le refus si les autres ne sauraient être inattentifs, ou si les motifs de [le] transmettre auraient dû abonder. Si le silencieux est plus exact, ou s'il nie l'ajout d'une manière recevable, [les deux] se contredisent. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 2 §8-11 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 78-82
L'ajout du probe pose un dilemme : est-ce un surcroît de connaissance (celui qui a entendu plus mérite d'être suivi) ou une erreur (il a cru entendre ce que les autres n'ont pas entendu) ? Tout dépend du contexte d'audition. Si les séances sont multiples, nul conflit : le Prophète ﷺ a pu varier ses propos. Si la séance est unique, alors l'un des transmetteurs s'est forcément trompé — et la question devient : qui ? La règle d'al-Samʿānī, retenue par al-Subkī, est fine : on rejette l'ajout quand un groupe attentif n'aurait pas pu le manquer, ou quand l'importance du sujet rendait sa transmission inévitable (s'il était vrai, il aurait circulé). Le principe d'al-Abyārī éclaire le tout : « l'oubli de ce qui a eu lieu est plus probable que l'imagination de ce qui n'a pas eu lieu » — d'où la préférence générale pour celui qui affirme.
Tant que tous sont égaux en exactitude et que les silencieux ne nient pas, la divergence précédente vaut. Mais si le silencieux est plus exact (aḍbaṭ), ou s'il nie explicitement l'ajout d'une manière recevable → conflit (avis retenu par al-Rāzī).
« Pourquoi l'acceptation de l'ajout du probe dépend-elle d'abord de l'unité de la séance ? Qu'est-ce qui change radicalement selon que la séance fut unique ou multiple ? Et quel principe d'al-Abyārī fait pencher, en cas de conflit, vers celui qui affirme l'ajout ? »