Trois questions de chaîne et de texte · L'isolé d'un isolé · isnād/irsāl, waqf/rafʿ · couper un ḥadīth
Trois masāʾil pratiques de la transmission. (1) Le rapport isolé d'un isolé (ḥadīth al-fard) — un seul transmet d'un seul, à chaque maillon — est accepté par la plupart, en vertu des preuves sur l'obligation d'agir selon le khabar al-wāḥid. (2) La divergence des rapporteurs : l'un chaîne (isnād) le ḥadīth tandis que d'autres le laissent interrompu (irsāl) ; ou l'un l'arrête au Compagnon (waqf) et d'autres l'élèvent au Prophète ﷺ (rafʿ) — cas traité « comme l'ajout » (carte 33). (3) L'abrègement du rapport (iḫtiṣār) : couper une partie d'un ḥadīth et n'en transmettre que le reste est licite selon la plupart — sauf si le jugement s'y rattache.
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« Et si un seul s'isole [à transmettre] d'après un seul, [le rapport] est accepté selon la plupart. Et si [un rapporteur] établit la chaîne tandis que [d'autres] le transmettent en interrompu, ou [si l'un] l'arrête [au Compagnon] et [d'autres] l'élèvent [au Prophète], c'est comme [pour] l'ajout. L'omission d'une partie du rapport est licite selon la plupart, sauf si le jugement s'y rattache. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 2 §12-14 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 82-85
Ces trois questions touchent à la fabrique concrète du ḥadīth. Le fard rappelle qu'un isnād entièrement solitaire reste recevable — sinon une grande part de la Sunna s'effondrerait. La divergence des rapporteurs applique au plan de la chaîne la logique de l'« ajout » (carte 33) : chaîner et élever sont des surcroîts par rapport à interrompre et arrêter — donc, sur l'avis correct, on retient le rapport le plus complet. Enfin l'abrègement touche au travail éditorial du traditionniste : les grands imāms ont découpé le long ḥadīth de Jābir sur le pèlerinage selon les chapitres de fiqh. La limite est claire : on ne peut couper une portion dont dépend le sens du jugement (une exception, une condition, une restriction) sans trahir l'intention prophétique.
Si un seul transmet d'après un seul, [le rapport] est accepté (la plupart) — en vertu des preuves sur l'obligation d'agir selon le khabar al-wāḥid.
Si l'un chaîne (isnād) tandis que d'autres interrompent (irsāl), ou si l'un arrête (waqf) et d'autres élèvent (rafʿ) → c'est « comme l'ajout » (carte 33). Sur l'avis correct, on retient la parole de qui chaîne et qui élève, car le rafʿ et l'isnād sont un surcroît par rapport à qui ne l'a pas transmis.
Il est licite d'omettre une partie du ḥadīth et d'en transmettre le reste (la plupart) si la portion est indépendante (mustaqill) — car les deux parties sont alors comme deux rapports. Ainsi les imāms du ḥadīth ont réparti le long ḥadīth de Jābir sur le pèlerinage du Prophète ﷺ selon les chapitres.
« Les imāms ont pu découper le long ḥadīth de Jābir sur le pèlerinage et en transmettre des morceaux séparés. Pourquoi serait-il en revanche interdit de transmettre "le blé ne se vend contre le blé" en omettant "que strictement à égalité" ? Quelle est la ligne de partage entre abrègement licite et illicite ? »