Ouverture de la 4ᵉ partie · Ce qu'on n'exige PAS du transmetteur · Non-juriste, laxiste hors du ḥadīth, prolifique peu connu
Ouverture de la 4ᵉ partie — les conditions du transmetteur. Avant de poser la condition centrale (la probité, carte 38), al-Subkī écarte trois exigences indûment ajoutées. (1) On n'exige pas que le rapporteur soit juriste (faqīh) — contre certains Ḥanafites qui le requièrent quand le ḥadīth contredit l'analogie. (2) On accepte le rapporteur laxiste en dehors du ḥadīth (négligent dans ses propos ordinaires mais scrupuleux dans la transmission prophétique). (3) On accepte le prolifique en transmissions même s'il fréquentait peu les traditionnistes — dès lors qu'il était matériellement possible d'acquérir cette quantité de rapports en ce laps de temps. Trois manières de rappeler que le critère décisif n'est ni l'érudition juridique, ni la mondanité savante, mais la fiabilité de la transmission elle-même.
Disponible sur ordinateur
« [Est recevable] celui qui n'est pas juriste — contrairement aux Ḥanafites s'agissant de ce qui contredit l'analogie ; le laxiste en dehors du ḥadīth — on a dit cependant : il est rejeté absolument ; et le prolifique, même si sa fréquentation des traditionnistes fut rare, dès lors qu'il était possible d'acquérir cette quantité [de rapports] en ce laps de temps. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, 4ᵉ partie §1-3 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 91-92
Avant de dire ce qu'est un bon transmetteur, al-Subkī dit ce qu'il n'a pas besoin d'être. Trois faux prérequis : la science juridique, la régularité parfaite hors du ḥadīth, la notoriété parmi les muḥaddithūn. Aucun ne touche au cœur de la transmission : la fidélité du rapporteur à ce qu'il a entendu. Le bédouin d'un seul ḥadīth a été cru par les Compagnons ; un homme négligent dans la conversation peut être d'une rigueur extrême dès qu'il s'agit du Prophète ﷺ. La seule réserve concerne le cas du prolifique invraisemblable : si quelqu'un transmet plus de rapports qu'il n'aurait pu physiquement en entendre dans le temps imparti, le soupçon se porte sur l'ensemble de ses transmissions — non par défaut d'érudition, mais par impossibilité matérielle.
On accepte le rapport de qui n'est pas faqīh ; les Ḥanafites le contestent quand le ḥadīth contredit l'analogie. Mais ce n'est que l'avis de certains Ḥanafites — l'auteur du Badīʿ ne le rapporte que de Faḫr al-Islām al-Bazdawī, « en des termes qu'on ne suit pas ».
Il n'est pas requis du rapporteur d'être prolifique ni réputé pour fréquenter les traditionnistes : les Compagnons ont accepté le ḥadīth d'un bédouin qui n'avait transmis qu'un seul ḥadīth.
« On accepte le prolifique même peu mêlé aux traditionnistes — mais à une condition. Laquelle, et que se passe-t-il si elle n'est pas remplie ? Pourquoi le soupçon porte-t-il alors sur l'ensemble de ses transmissions, et non sur tel rapport en particulier ? »