La condition centrale du transmetteur · Une disposition enracinée (malaka) · Qui préserve des majeurs, des véniels d'infamie, de la passion et des bassesses
Voici la condition du transmetteur : la probité (al-ʿadāla). al-Subkī la définit comme une disposition acquise et enracinée (malaka) qui préserve de quatre choses : les péchés majeurs (kabāʾir), les péchés véniels d'infamie (ṣaghāʾir al-khissa, comme voler une bouchée), la passion de l'âme (hawā al-nafs), et les bassesses licites (al-radhāʾil al-mubāḥa, comme uriner sur la voie publique). Le critère unificateur, donné par al-Zarkashī : « tout ce avec quoi l'on n'est pas à l'abri de l'audace au mensonge fait rejeter la transmission ; sinon, non ». Chaque mot de la définition mérite un examen — pourquoi « malaka » plutôt que « état » ? pourquoi « véniels d'infamie » et non tous les véniels ? La restriction « passion de l'âme » est un apport propre du père d'al-Subkī.
Disponible sur ordinateur
« La condition requise du rapporteur est la probité (ʿadāla) : une disposition acquise (malaka) qui empêche de commettre les péchés majeurs et les péchés véniels d'infamie — comme le vol d'une bouchée —, [qui prémunit] de la passion de l'âme et des bassesses licites, comme uriner sur la voie publique. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, 4ᵉ partie §4 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 93-94
L'idée maîtresse est que la probité n'est pas un comportement ponctuel mais une disposition stable de l'âme (malaka). Muḥammad b. Yaḥyā l'explique : le probe est celui qui a tant habitué son âme à suivre la religion que la piété est devenue chez lui une seconde nature — d'où l'on se fie à sa parole ; le pervers, à l'inverse, a tant suivi sa passion que le frein religieux s'est affaibli. La probité est donc affaire d'enracinement, non d'épisodes isolés. Le critère pratique est purement fonctionnel : la transmission n'est rejetée que par ce qui rend possible « l'audace au mensonge ». C'est pourquoi tous les péchés véniels n'entachent pas — seuls ceux qui touchent la dignité (murūʾa) ou trahissent un mépris de la religion. L'apport du père d'al-Subkī (la maîtrise de la passion) ajoute une dimension : on peut éviter tous les péchés tant qu'on est « indemne de passion », et chuter dès qu'elle domine.
La ʿadāla : au sens lexical, la juste mesure et la droiture ; au sens légal, ce qu'a énoncé l'auteur. Le critère décisif : tout ce avec quoi l'on n'est pas à l'abri de l'audace au mensonge fait rejeter la transmission ; sinon, non.
La restriction « la passion de l'âme » relève de la jurisprudence du père d'al-Subkī (Taqī al-Dīn), qui dit : « il me faut, dans la ʿadāla, un trait qu'on n'a pas relevé — l'équanimité au moment où s'éveillent les visées, jusqu'à se rendre maître de soi contre le suivi de sa passion. »
Il faut aussi s'abstenir des bassesses licites : uriner dans la rue, manger sur le chemin, fréquenter les gens vils, et le semblable — ce qui dénote qu'on est indifférent à la moquerie des gens (atteinte à la murūʾa, bien que l'acte soit permis en soi).
« Pourquoi tous les péchés véniels n'entachent-ils pas la probité, et qu'est-ce qui distingue ceux qui l'entament (voler une bouchée) de ceux qui ne l'entament pas (un mensonge sans dommage) ? Et comment un même acte licite — manger dans la rue — peut-il entacher chez l'un et non chez un dévot ? »