Ouverture du jarḥ wa-l-taʿdīl · Deux informations, deux régimes · La nature de « j'atteste » et des formules de contrat
Ouverture du Bloc 4 — la récusation et l'accréditation (al-jarḥ wa-l-taʿdīl), la science de l'évaluation des transmetteurs. Avant d'évaluer, il faut distinguer. (1) Transmission (riwāya) et témoignage (shahāda) : tous deux sont des informations (akhbār), mais selon al-Māziri (cité par al-Qarāfī), si l'objet est général, sans litige, c'est une riwāya ; s'il est propre à un individu avec litige possible, c'est une shahāda — d'où les exigences supplémentaires du témoignage (nombre, liberté, masculinité) par précaution. (2) « J'atteste » (ashhadu) : un performatif comprenant une information. (3) Les formules de contrat (« j'ai vendu ») : des performatifs, contre Abū Ḥanīfa.
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« L'information portant sur [quelque chose de] général, sans litige porté [devant un juge], est une transmission (riwāya) ; son contraire est un témoignage (shahāda). "J'atteste" est un performatif qui comporte l'information, non une pure information ni un pur performatif, selon l'avis retenu. Et les formules des contrats, comme "j'ai vendu", sont des performatifs — contrairement à Abū Ḥanīfa. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 4 §1-3 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 124-128
La question paraît théorique, mais elle commande tout le régime de preuve. al-Qarāfī raconte avoir « cherché longtemps » la distinction avant de la trouver chez al-Māziri : ce sont deux informations, mais l'objet du témoignage est un droit déterminé sur un individu, porté en justice — d'où une suspicion (rancunes, inimitiés) qui justifie des garanties (nombre, etc.). La transmission, elle, porte sur une norme générale ; on lui objecte qu'elle engage tous les mukallaf jusqu'au Jour de la Résurrection, donc qu'elle mériterait encore plus de précaution. La réponse de ʿIzz al-Dīn est psychologique et sociale : on craint davantage de mentir sur le Prophète ﷺ ; un seul peut détenir un ḥadīth dont la perte priverait toute la communauté ; et les inimitiés qui poussent au faux témoignage n'ont pas d'équivalent dans la transmission prophétique.
al-Qarāfī : « je suis resté un temps à chercher la distinction, jusqu'à la trouver chez al-Māziri ». Ce sont deux informations (khabarān), mais :
La pertinence du nombre dans le témoignage est une précaution : l'établissement de droits déterminés comporte une suspicion absente de l'établissement d'une norme générale.
« biʿtu » (j'ai vendu), « ishtaraytu » (j'ai acheté) : restent-elles informatives ou deviennent-elles performatives ? Le Maḥṣūl : lexicalement instituées pour l'information ; la dispute porte sur leur emploi pour instaurer des jugements neufs. Le plus proche : performatives (al-Hindī, al-Aṣfahānī : à la majorité).
« Le témoignage exige des garanties (deux témoins, etc.) que la transmission n'exige pas — pourtant la transmission engage tous les croyants jusqu'à la fin des temps. Comment ʿIzz al-Dīn justifie-t-il que la précaution soit malgré tout plus stricte pour le témoignage que pour la riwāya ? »