Ouverture du Bloc 5 · Qui est un Compagnon ? · Le Successeur, la prétention à la compagnie, et la probité d'office des Compagnons
Ouverture du Bloc 5, consacré aux figures et procédés de la transmission. al-Subkī définit le Compagnon (ṣaḥābī) : « celui qui s'est trouvé réuni, croyant, avec Muḥammad ﷺ, même s'il n'a pas transmis et même si la compagnie ne s'est pas prolongée ». Il préfère « réunion » (iijtimāʿ) à « a vu » (raʾā) — car des Compagnons aveugles (Ibn Umm Maktūm) ne l'ont pas vu, et l'on a vu le Prophète ﷺ en songe sans être Compagnon. Le Successeur (tābiʿī), lui, n'est pas établi par la simple rencontre d'un Compagnon : « la face de l'Élu ﷺ imprime une lumière sans pareille ». (2) Si un contemporain probe prétend à la compagnie, sa parole est acceptée. (3) Surtout : les Compagnons sont probes d'office — point besoin d'enquêter sur leur probité.
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« Le Compagnon est celui qui s'est trouvé réuni, croyant, avec Muḥammad ﷺ, même s'il n'a pas transmis et même si [la compagnie] ne s'est pas prolongée — à la différence du Successeur à l'égard du Compagnon ; on a dit : les deux [conditions] sont requises, on a dit : l'une des deux, on a dit : la campagne militaire ou une année. La plupart [tiennent] à la probité [d'office] des Compagnons ; on a dit : ils sont comme les autres ; on a dit : [probité] jusqu'au meurtre de ʿUthmān ; on a dit : sauf qui a combattu ʿAlī. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 5 §1-3 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 138-141
Toute chaîne de transmission remonte à un Compagnon : il est le maillon qui relie la communauté au Prophète ﷺ. Définir ce qu'est un Compagnon est donc fondateur. al-Subkī montre une finesse de logicien : « avoir vu » échoue (les Compagnons aveugles, la vision en songe), tandis que « s'être réuni en croyant » est exhaustif et réciproque. La distinction avec le Successeur est subtile et belle : la simple rencontre suffit pour le Compagnon — car « la face de l'Élu ﷺ imprime une lumière » que rien n'égale — mais pour le Successeur, on s'en remet à l'usage. Enfin, la probité d'office des Compagnons (la position de la majorité) a une raison structurelle, soulignée par Imām al-Ḥaramayn : ils sont les porteurs de la Loi ; les suspecter reviendrait à couper la Loi de sa source et à la confiner à la seule génération du Prophète ﷺ.
al-Subkī a changé le « a vu » (raʾā) d'Ibn al-Ḥājib :
On ne se contente pas, pour qu'une personne soit Successeur, de sa simple réunion avec un Compagnon, comme on s'en contente pour le Compagnon — car « la face de l'Élu ﷺ imprime, de sa vue ou de sa fréquentation, une lumière dont nul ne saurait offrir le pareil ». Le recours, pour définir le Successeur, est donc à l'usage (ʿurf).
Si un contemporain probe prétend à la compagnie, [sa prétention] est acceptée (conformément au Qāḍī) — car « le frein [religieux] du probe l'empêche du mensonge ». al-Subkī ne l'a rapporté que du Qāḍī, le propos d'Ibn al-Ḥājib impliquant que la question n'est pas transmise ; et [Ibn al-Ḥājib] y a suspendu son jugement, du point de vue où [le contemporain] revendique un rang pour lui-même, et est donc « suspect en cela, comme s'il disait : je suis probe ».
La majorité des anciens et des modernes : les Compagnons (qu'Allāh les agrée) sont probes d'office — point besoin d'enquêter sur leur probité —, en vertu de « Vous étiez la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes » (l'allocution visant ceux alors existants).
Les autres avis (tous faux selon al-Zarkashī, hormis celui de la majorité) :
« Pourquoi n'enquête-t-on pas sur la probité des Compagnons comme on le fait pour les autres transmetteurs ? Quel argument structurel d'Imām al-Ḥaramayn montre que les suspecter aurait une conséquence catastrophique pour la Loi elle-même ? »