Quand le faible se renforce · Les sept facteurs d'al-Shāfiʿī · C'est l'ensemble qui fait preuve, non le mursal seul
Approfondissement célèbre de la position d'al-Shāfiʿī sur le mursal (carte 47). Le mursal seul est rejeté ; mais si le mursal des grands Successeurs est renforcé par un élément faible apte à la préférence, alors « c'est l'ensemble qui fait preuve » — ni le mursal seul, ni l'adjoint seul. al-Zarkashī détaille les sept facteurs qui peuvent conforter un mursal : le propos d'un Compagnon, celui de la majorité des savants, une chaîne complète, un autre irsāl, une analogie, la diffusion, la pratique de l'époque. Le mécanisme est le même que celui du khabar al-wāḥid entouré d'indices (carte 28) : deux faibles assemblés produisent une conjecture prépondérante. al-Shāfiʿī précise toutefois que cette acceptation est recommandée, non obligatoire : devant un rapport à chaîne continue contraire, c'est ce dernier qui l'emporte.
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« Et si le mursal des grands Successeurs est renforcé par un [élément] faible apte à la préférence — tel le propos d'un Compagnon ou son acte, ou [le propos] de la majorité, ou [un appui] par une chaîne ou par un autre irsāl, ou par une analogie, ou par sa diffusion, ou par la pratique de l'époque —, c'est l'ensemble qui fait preuve, conformément à al-Shāfiʿī : non le mursal seul, ni l'[élément] adjoint. Mais s'il est isolé sans autre preuve, l'avis le plus apparent est l'abstention à cause de lui. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Sunna, Bloc 5 §7-8 · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 145-148
Cette masʾala est l'une des plus fines de la théorie du ḥadīth. Le Qāḍī objectait à al-Shāfiʿī : « le propos d'un Compagnon n'est pas une preuve ; le mursal non plus ; adjoindre le faible au faible n'engendre pas l'acceptation ». La réponse des vérificateurs est d'une grande justesse épistémique : al-Shāfiʿī ne tire argument ni du mursal seul, ni de l'adjoint seul, mais de leur convergence — car « de l'absence de preuve par le plus faible ne s'ensuit pas l'absence de preuve par le plus fort ». Deux indications faibles qui pointent vers le même fait renforcent mutuellement la conjecture, exactement comme les qarāʾin hissaient le khabar al-wāḥid à la certitude (carte 28). Mais al-Shāfiʿī reste prudent : dans la Risāla, il dit « je ne puis affirmer que la preuve s'établit par lui comme par le continu » — l'acceptation est recommandée, et le rapport à chaîne complète garde la priorité.
Le pivot d'al-Shāfiʿī : la suppression de l'intermédiaire entame la confiance ; mais dès que s'y joint ce qui « fait prévaloir la conjecture de la confiance », il l'accepte. Sept facteurs :
Le Qāḍī (et d'autres) : le propos du Compagnon ne fait pas preuve, comme [celui] d'un autre ; de même le propos de la majorité, et la venue en mursal ; et « l'adjonction du faible au faible n'impose pas l'acceptation ».
Précision : si l'adjoint est fort (un musnad pleinement probant), l'action repose alors sur lui seul. Et même : un musnad adjoint à un mursal entraîne un renforcement, au point que, face à un autre musnad contraire, le premier l'emporte — étant « musnad et mursal à la fois ».
Si le mursal est isolé (sans renfort) et qu'il n'y a aucune autre preuve, l'avis le plus apparent est l'abstention (inkifāf) à cause de lui — un moyen terme entre deux positions :
« Le Qāḍī objecte qu'"adjoindre le faible au faible n'engendre pas l'acceptation". Comment les vérificateurs défendent-ils la position d'al-Shāfiʿī, et à quel autre cas déjà étudié (théorie du khabar al-wāḥid) ce mécanisme est-il comparé ? »