Quand les genres de preuves se rencontrent · L'ijmāʿ sur le naṣṣ · Les deux mutawātir à égalité · Le tarjīḥ des définitions · Clôture du Kitāb VI
Dernière carte de la Porte VII. Après avoir pesé les akhbār entre eux et les qiyās-s entre eux, Subkī affronte les collisions entre genres : ijmāʿ contre naṣṣ — l'ijmāʿ l'emporte, « car le naskh est conjuré à son égard » ; ijmāʿ contre ijmāʿ — celui des Compagnons prime, celui qui inclut les ʿawāmm prime, celui dont la génération s'est éteinte prime ; Kitāb contre Sunna mutawātira — égalité, selon l'avis le plus correct, « car tout vient d'Allāh ». Un appendice original suit : le tarjīḥ des ḥudūd (définitions), du plus connu sur le plus obscur. Puis la phrase qui clôt et ouvre à la fois : « al-murajjiḥāt lā tanḥaṣir, wa-mathāruhā ghalabat al-ẓann » — les facteurs de prééminence sont innombrables, et leur source commune est la prépondérance de la présomption. Le Kitāb VII (al-Ijtihād) peut commencer : Zarkashī le dit expressément, l'ijtihād suppose la maîtrise des preuves et du taʿādul wa-l-tarājīḥ.
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« L'ijmāʿ [prime] le naṣṣ ; l'ijmāʿ des Compagnons [prime] les autres ; l'ijmāʿ de tous [prime] celui que contredisent les gens du commun ; celui dont la génération s'est éteinte, et celui qui n'a pas été précédé d'une divergence, [priment] les deux autres. Et l'avis le plus correct est l'égalité des deux mutawātir — du Livre ou de la Sunna ; troisième avis : la Sunna, à cause de Sa parole : "afin que tu exposes clairement". [...] Et les facteurs de prééminence ne se laissent pas dénombrer : leur source est la prépondérance de la présomption — beaucoup ont déjà été traités, nous ne les répétons pas. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Taʿādul wa-l-tarājīḥ (al-tarjīḥ bayna al-adilla wa-khātimat al-kitāb) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 371-372 et 375
Le Kitāb VI s'achève sur un aveu méthodologique majeur : la liste des murajjiḥāt — pourtant la plus longue du Jamʿ al-Jawāmiʿ — est inachevable par principe. « Leur source est la prépondérance du ẓann » : tout ce qui rend un dalīl plus probable que son rival est un murajjiḥ légitime, et Subkī renvoie pour le reste aux chapitres antérieurs — les mafāhīm, la ḥaqīqa (sharʿī, puis ʿurfī, puis lughawī), le conflit qawl/fiʿl du Kitāb al-Sunna, le fāʾ dans le discours du Législateur ou du rāwī faqīh, les degrés du munāsib. La cartographie entière du livre converge donc ici. Et Zarkashī, ouvrant le Kitāb VII, explicite la logique d'ensemble de l'œuvre : « l'ijtihād a été placé après tout le reste, car il dépend de la connaissance des preuves et de la connaissance du taʿādul wa-l-tarājīḥ ». La Porte VII n'était pas un appendice : elle est la dernière marche avant le portrait du mujtahid.
Un verset et une sunna mutawātira, de même rang dans la dalāla — condition de la masʾala — se contredisent :
Traduction : « Ces masāʾil portent sur la prééminence de certains ijmāʿ-s sur d'autres. [Le muṣannif] a d'abord établi que l'on fait primer l'ijmāʿ sur le naṣṣ — qu'il s'agisse du Livre ou d'une Sunna mutawātira — parce que le naskh est conjuré à son égard. »
Traduction : « Le Livre de l'ijtihād n'a été placé qu'après tout le reste, parce que l'ijtihād dépend de la connaissance des preuves et de la connaissance du taʿādul wa-l-tarājīḥ. »
« Ayant achevé les voies du tarjīḥ dans les preuves, il clôt par le tarjīḥ dans les définitions » — explique Zarkashī. Les ḥudūd sont soit rationnelles (définitions des quiddités — hors sujet), soit samʿiyya : reçues de la Révélation, donc transmises, donc susceptibles de force et de faiblesse — donc de tarjīḥ. Deux registres :
La dernière phrase du Kitāb VI n'est pas une formule de politesse : elle énonce le principe générateur de tout le chapitre. Puisque le tarjīḥ ne fait que suivre la prépondérance du ẓann, tout ce qui accroît la probabilité d'un dalīl est un murajjiḥ — la liste est ouverte par nature. Et Subkī économise les redites : « beaucoup a déjà été traité, nous ne le répétons pas ». Zarkashī déplie les renvois :
« Ibn al-Ḥājib et al-Hindī soutiennent que le tarjīḥ entre deux ijmāʿ-s n'est concevable qu'entre deux ẓannī, jamais entre deux qaṭʿī. Zarkashī répond que leur position est "mamnūʿ". Reconstituez sa distinction entre le taʿāruḍ fī nafs al-amr et le ẓann al-taʿāruḍ, et montrez en quoi elle sauve la masʾala de Subkī. Puis expliquez pourquoi la phrase finale — mathāruhā ghalabat al-ẓann — résume tout le Kitāb VI. »